L’OTAN courtise Trump tandis que la Turquie police la contestation
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Les dirigeants de l’OTAN se rendent à Ankara avec un spectateur en tête. Donald Trump a tourné l’alliance en dérision, la jugeant faible, a poussé les alliés vers un objectif de dépenses de défense de 5 % du PIB et a laissé des responsables américains suggérer que le soutien des États-Unis pourrait dépendre de qui paie le plus. Mark Rutte a raccourci la session principale du Conseil à deux ou trois heures, un petit acte de chorégraphie de sommet destiné à réduire le risque d’un éclat public. Les alliés européens, de leur côté, prévoient de mettre en avant des contrats et des dépenses accrues, dont une hausse annoncée de 20 % en 2025, à 450 milliards d’euros.
« Je n’ai jamais été convaincu par l’OTAN. J’ai toujours su que c’était un tigre de papier, et Poutine le sait aussi. »
- UE 20252,15
- Prévision UE 20262,5
- Objectif OTAN 20355
La Turquie a fourni le décor, et un avertissement. Les autorités ont arrêté plus de 200 militants, journalistes, avocats et figures de gauche avant le sommet, dont au moins 103 ont été placés en détention provisoire, tandis qu’Ankara a imposé une interdiction des rassemblements publics à partir du 28 juin. La police antiémeute a fait usage de gaz lacrymogène contre une manifestation anti-OTAN dimanche, et les médias gouvernementaux ont présenté les raids comme des opérations antiterroristes.
« Les opérations policières semblent chercher à intimider les démocrates, les militants de gauche et la presse. »
Recep Tayyip Erdoğan veut aussi obtenir des contrats d’armement lors de cette réunion, notamment des avancées sur les moteurs d’avion et les Eurofighters, ce qui transforme un sommet de sécurité en place de marché. L’alliance peut dépenser davantage et paraître tout de même fragile si son hôte emprisonne ses critiques et si son membre indispensable doute du club, alors Ankara mesurera non seulement les budgets, mais aussi les nerfs.
D’après : Reuters, Adnkronos, RFI, BFMTV, Al Jazeera Online, The Guardian