
L'Iran entame six jours de funérailles pour Khamenei, tué lors d'une frappe américano-israélienne, le régime affiche sa force
Quatre mois après la mort d'Ali Khamenei dans une frappe aérienne américano-israélienne, l'Iran a lancé une semaine de cérémonies funéraires d'État dans cinq villes, attirant des millions de personnes et des dignitaires étrangers, dans le cadre d'un cessez-le-feu fragile.
Le parcours des funérailles
Le corps a été transporté à la Grande Mosalla de Téhéran vendredi 3 juillet. La mise à disposition du public pour lui rendre hommage est prévue samedi et dimanche, suivie d'une grande procession à travers la capitale lundi. Le cercueil se rendra ensuite à Qom mardi, le centre religieux chiite, avant d'être transporté dans les villes saintes irakiennes de Nadjaf et Kerbala mercredi. L'inhumation est prévue jeudi 9 juillet dans la ville natale de Khamenei, Machhad, près du sanctuaire de l'imam Reza.
- Corps transporté à la Grande Mosalla de Téhéran
- Début de l'hommage public (samedi)
- Hommage public continue (dimanche)
- Grande procession funéraire à travers Téhéran
- Cérémonies à Qom
- Processions à Nadjaf et Kerbala, Irak
- Inhumation à Machhad
Une démonstration de force du régime
Les cérémonies sont conçues pour afficher la stabilité après des mois de guerre et de troubles intérieurs. Le maire par intérim de Téhéran, Alireza Zakani, a déclaré que l'événement serait « le plus grand rassemblement de l'histoire de la capitale ». Le président du Parlement et négociateur en chef, Mohammed Bagher Ghalibaf, a appelé les Iraniens à y assister en masse pour « venger » la mort de Khamenei. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a prévenu que toute erreur de calcul militaire pendant la période de deuil déclencherait une réponse « à jamais inscrite dans leur histoire de la honte ».
Lignes de faille politiques et sociales
Khamenei a gouverné pendant 37 ans avec une autorité absolue, microgérant les affaires de l'État. Sa mort le 28 février, premier jour de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, a plongé le pays dans plus de cinq semaines de conflit jusqu'à un fragile cessez-le-feu début avril. Des dizaines de généraux et d'hommes politiques ont également été tués. Les funérailles ont été reportées de quatre mois, le temps que les autorités évaluent si un tel événement de masse pouvait être sécurisé. De nombreux Iraniens restent indifférents ou hostiles ; plus tôt cette année, des milliers de personnes sont mortes dans des manifestations contre les difficultés économiques et la ligne autoritaire du régime.
Contrairement à l'ayatollah Ruhollah Khomeini, qui a été au pouvoir les dix premières années après la révolution de 1979, l'ayatollah Khamenei a été à la tête de l'État pendant 37 ans et a dirigé le pays avec une microgestion prononcée, intervenant dans presque tous les domaines politiques et étatiques.
Participation internationale
Parmi les dignitaires étrangers figuraient l'ancien président russe Dmitri Medvedev, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif et le président irakien Nizar Amidi. Des représentants de la Chine, de la Biélorussie et du Turkménistan sont également arrivés, ainsi que des délégués de centres islamiques en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Danemark et en Autriche. Aucun État de l'UE n'a été invité, selon des responsables iraniens. La famille du défunt chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, était également présente. Le chef des Gardiens de la révolution, Ahmad Wahidi, a fait sa première apparition publique depuis le début de la guerre, rendant hommage devant le cercueil.
Dispositif de sécurité
Les autorités ont déployé plus de 65 000 agents de sécurité dans les grandes villes et 200 000 dans les provinces. Une vaste zone du centre de Téhéran a été fermée à la circulation, et l'espace aérien au-dessus de la capitale a été partiellement fermé à partir de vendredi, avec une fermeture totale prévue lundi. Ces mesures reflètent à la fois l'ampleur des foules attendues (estimées entre 15 et 20 millions rien qu'à Téhéran) et le risque de troubles ou d'attaques extérieures.


