
La Turquie arrête des centaines de militants, journalistes et figures de gauche avant le sommet de l'OTAN à Ankara
Des raids policiers à travers la Turquie ont conduit à l'arrestation de plus de 200 personnes, dont des journalistes et des militants des droits humains, alors qu'Ankara impose une interdiction stricte des manifestations avant le sommet de l'OTAN des 7 et 8 juillet.
Vagues d'arrestations à travers le pays
Les autorités turques ont arrêté plus de 200 personnes ces dernières semaines, dont au moins 103 placées en détention provisoire, selon plusieurs rapports. Les opérations, qui se sont intensifiées dimanche, ont ciblé des groupes de gauche et socialistes, des syndicats, des journalistes et des universitaires. L'agence de presse d'État Anadolu a indiqué que 39 suspects avaient été arrêtés lors de raids dans huit provinces, ciblant la branche jeunesse de l'organisation de gauche interdite THKP/C-DEV YOL. Une opération distincte dans la province de Kocaeli a permis d'appréhender 28 personnes soupçonnées de liens avec l'État islamique et des groupes militants de gauche ; la police a saisi des munitions et des documents numériques interdits.
Journalistes et avocats parmi les détenus
Parmi les personnes placées en garde à vue figurent Buse Sotuglu, rédactrice en chef du journal en ligne T24, et Ceren Erdogdu, journaliste pour Oda TV. Toutes deux ont été arrêtées à leur domicile, selon leurs employeurs. Ezgi Önalan, présidente de la branche stambouliote de l'Association des avocats contemporains (CHD), a également été détenue, et plusieurs de ses clients ont été arrêtés simultanément. L'avocat Erman Ozturk, représentant Sotuglu, a déclaré à l'AFP que les raids semblaient conçus pour réduire l'opposition au silence.
Les opérations de police semblent tenter d'intimider les démocrates, les gauchistes et la presse.
Interdiction des manifestations et affrontements dans les rues
Une interdiction de tous les rassemblements publics, marches et manifestations est en vigueur à Ankara depuis le 28 juin. Malgré cette interdiction, le Parti communiste de Turquie (TKP) a organisé une manifestation contre l'OTAN dans la capitale dimanche. Les forces de l'ordre anti-émeutes ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, et plus de 100 personnes ont été arrêtées, selon le TKP. Une manifestation parallèle à Istanbul s'est déroulée sans incident.
L'opposition et les organisations de droits humains condamnent la répression
Le principal chef de l'opposition, Özgür Özel, a qualifié les arrestations de « honteuses » et a prédit que les détenus seraient libérés une fois le sommet terminé.
Ce sont des arrestations préventives, une détention préventive. Tout le monde sait que ces personnes n'ont commis aucun crime. Tout le monde sait qu'elles seront libérées dès que Donald Trump partira.
L'Association des avocats contemporains a qualifié les arrestations massives de « politiques » et a exigé la fin des opérations « destinées à donner à l'OTAN une image idyllique ». Reporters sans frontières a condamné ces mesures comme arbitraires, tandis que l'Association des journalistes turcs (TGC) et la CHD ont appelé à la libération immédiate des journalistes détenus, affirmant que les arrestations violent la liberté de la presse et visent à intimider l'opposition.
Contexte du sommet
Plus de 30 chefs d'État et de gouvernement des 32 pays membres de l'OTAN sont attendus à Ankara les 7 et 8 juillet, dont le président américain Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz. Le gouvernement affirme que les raids s'inscrivent dans le cadre d'enquêtes antiterroristes, mais les critiques estiment que l'objectif réel est d'empêcher toute dissidence lors de ce rassemblement très médiatisé.
- Ankara impose une interdiction stricte de tous les rassemblements publics, marches et manifestations.
- Plus de 200 personnes soupçonnées de liens avec l'État islamique et des groupes d'extrême gauche sont arrêtées à Ankara.
- Des raids policiers dans plusieurs provinces arrêtent des dizaines de journalistes, militants et figures de gauche. Une manifestation anti-OTAN à Ankara dispersée au gaz lacrymogène, plus de 100 arrestations.
- Le sommet de l'OTAN commence à Ankara, en présence de plus de 30 dirigeants, dont le président américain Donald Trump.


