L’Europe jauge ses stocks tandis que le diesel alimente l’inflation
Suite de l’édition de ce matin.
Les États-Unis ont pressé l’Europe de libérer ses réserves stratégiques de diesel après que les prix moyens du diesel dans le bloc ont atteint 2,24 € le litre, et Donald Trump a maintenu ouverte la menace de restrictions à l’exportation sur les cargaisons américaines de diesel. La France a proposé un prélèvement coordonné de 50 millions de barils de diesel par les États de l’UE et de 50 millions de barils de brut par les membres de l’Agence internationale de l’énergie, tandis que Bruxelles avertissait que des interdictions unilatérales nuiraient à la confiance de part et d’autre de l’Atlantique.
« Une interdiction ne serait bénéfique pour personne. Elle minerait notre confiance dans les États-Unis comme partenaire fiable. »
- Réserves de diesel de l’UE50
- Réserves de brut de l’AIE50
La pénurie de carburant est survenue alors qu’Eurostat faisait état d’une inflation de 3,8 % dans la zone euro en septembre, contre 3,2 % en août et au-dessus des prévisions. Les prix de l’énergie ont augmenté de 18,8 % sur un an, l’inflation sous-jacente est montée à 2,5 %, et les marchés ont intégré la possibilité d’une nouvelle hausse de la Banque centrale européenne après deux relèvements d’un quart de point qui avaient déjà porté le taux de référence à 2,50 %. Aux États-Unis, les créations d’emplois de septembre n’ont progressé que de 29 000 et les mois précédents ont été révisés à la baisse, atténuant les attentes d’un relèvement de la Réserve fédérale en octobre, même si les rendements des bons du Trésor sont restés élevés.
Les gouvernements peuvent plafonner les prix, puiser dans les réservoirs et sermonner les traders, mais le carburant cher se trouve désormais au carrefour inconfortable du risque de guerre, de la politique de l’inflation et de la patience des ménages.
D’après : AP NEWS, Reuters, ANSA.it, The Wall Street Journal, N-tv, The Irish Times
Pour aller plus loin
- Le G7 s'accorde pour libérer 100 millions de barils de réserves de carburant, les États-Unis renonçant à menacer d'interdire les exportations
- L'inflation dans la zone euro atteint 3,8 % en septembre, portée par la hausse des prix de l'énergie
- L'emploi américain ralentit à 29 000 créations en septembre, le chômage monte à 4,2 %