Les feux de forêt poussent la France et l’Espagne dans la politique des évacuations
Suite de l’édition de ce matin.
La France et l’Espagne ont ordonné à des centaines de milliers de personnes de quitter leur domicile alors que les incendies se propageaient à travers la Gironde, les Landes, la banlieue ouest de Bordeaux et le centre de l’Espagne. L’incendie de Gironde a brûlé environ 32 700 hectares depuis mercredi et détruit près de 140 habitations ; samedi, son front se trouvait à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Bordeaux. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a indiqué que près de 98 000 hectares avaient brûlé en France cette année, un record historique. L’Espagne a signalé d’importants incendies autour de Madrid et d’Ávila, avec des fumées et des ordres d’urgence atteignant des communautés qui n’avaient pas auparavant considéré les incendies comme une menace urbaine.
- Sud-ouest de la France (Gironde et Landes)197 000
- Espagne (Madrid et Ávila)70 000
Paris a envoyé des soldats, des avions et 1,5 million de masques dans la région touchée, et la France a activé le Mécanisme de protection civile de l’UE afin d’obtenir des avions et des hélicoptères de Croatie, du Portugal, de République tchèque et de Slovaquie. Un A400M adapté au largage de retardant est venu s’ajouter à 18 autres avions et hélicoptères engagés dans le Sud-Ouest. Deux pompiers sont morts en France et des dizaines ont été blessés, tandis que l’Espagne a activé des procédures nationales d’urgence après que des brasiers distincts ont fusionné en un vaste front à l’ouest de Madrid. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré aux habitants que les ordres d’évacuation devaient être suivis, non débattus.
« Notre priorité est claire : protéger les vies humaines. »
Le Système européen d’information sur les feux de forêt situait l’Espagne près de 50 000 hectares brûlés début juillet, avant le départ des incendies de Madrid et d’Ávila, tandis que le total de l’UE dépassait 167 000 hectares à la mi-juillet. Les incendies ont aussi imposé des arbitrages bien au-delà de la ligne de feu. Les organisateurs du Tour de France ont ramené la dernière étape vers Paris de 133 à 89 kilomètres après le redéploiement des forces de sécurité vers le sud-ouest, et les autorités ferroviaires ont exhorté les voyageurs à se tenir à l’écart des zones touchées. L’argument politique se déplace désormais de la réponse vers la prévention, car forêts, banlieues, économies touristiques et adaptation climatique se sont heurtées sur une seule carte en feu.
D’après : Franceinfo, SudOuest.fr, Le Soir, Ouest France, BFMTV