
La Gironde entame sa reconstruction après l'incendie qui a brûlé 42 000 hectares : tourisme, aides et risque de résurgence
Deux semaines après qu'un incendie a brûlé 42 000 hectares et forcé 220 000 personnes à évacuer, le secteur touristique de la Gironde rouvre lentement, avec des taux d'occupation bien en dessous de la normale et des élus locaux réclamant un « plan Marshall » pour les communautés dévastées.
Le tourisme peine à redémarrer
Après la déclaration de l'incendie comme étant fixé le 1er août, les entreprises et les résidents reviennent. Dans un camping à Arès, seules 50 des 400 emplacements sont occupés.
Quand nous avons appris que c'était possible, nous avons pris la voiture tout de suite, en nous assurant que c'était sûr.
La saisonnière Margot Naud, de retour après 10 jours de chômage partiel, a déclaré que reprendre le travail aide vraiment économiquement, car la plupart du personnel sont des étudiants. Mais certains sites ont été détruits : dans un établissement, 22 des 60 hébergements ont brûlé. Le propriétaire Alexandre Richard espère rouvrir au printemps prochain.
C'est un coup dur pour mon personnel, pour tout le monde, mais nous allons essayer de nous relever.
Taux d'occupation et dégâts économiques
Les autorités touristiques rapportent que 74 % des séjours en Gironde et 75 % dans les Landes ont été maintenus malgré les incendies. Les taux d'occupation actuels varient de 30 à 40 % dans les zones les plus touchées à 75 % dans le Médoc, bien en dessous des 90–100 % habituels pour début août.
La saison n'est pas finie ! Si vous n'avez pas annulé vos vacances, venez ; si vous cherchez une destination, venez.
Le secteur génère 3,8 milliards d'euros par an en Gironde, dont 1,32 milliard rien qu'en juillet et août, et soutient 40 000 emplois. Seuls 4 % du territoire girondin et 9 de ses 150 campings ont été directement touchés.
Renforts administratifs et aides
Au Porge, où 183 maisons ont été détruites et la moitié de la commune a brûlé, la mairie est passée d'une douzaine d'employés à environ 40, avec des volontaires venus de toute la France.
Nous commençons à 8h30 et nous restons tant qu'il y a du travail à faire.
Un sous-préfet de la Somme a écourté ses vacances pour aider. Le maire Martial Zaninetti a appelé à un « plan Marshall » pour les victimes, qualifiant les dégâts de « monstrueux, catastrophiques ». La préfète a annoncé cette semaine un arrêté ministériel reconnaissant l'événement comme une catastrophe naturelle, assouplissant les procédures administratives pour l'abattage des arbres endommagés et fournissant une aide financière pour l'extraction et le broyage du bois.
Lutte contre l'incendie et risque de résurgence
Bien que l'incendie soit fixé, les pompiers continuent de traiter les points chauds et la menace de « feux zombies » dans les sols riches en tourbe.
Le feu peut couver, ramper et rester silencieux.
Le capitaine Nicolas Braz a signalé de petites reprises de feu dans la nuit de samedi à dimanche. Des pompiers ukrainiens ont rejoint l'effort, avec 70 personnels aidant à éteindre les points chauds restants.
Ils sont en guerre chez eux, ils viennent chez nous, c'est formidable. Cela redonne du sens aux valeurs de fraternité et d'humanité.
Perspectives
La préfecture et les acteurs forestiers se sont réunis pour planifier la « forêt de demain », en discutant du renouvellement, des réglementations de protection contre l'incendie et du rôle de l'agriculture irriguée ou des fermes solaires. Une réunion plus large est prévue en septembre. Pendant ce temps, les résidents de la presqu'île du Cap Ferret reviennent soulagés.
Tout le monde est content d'être de retour à la maison après plus d'une semaine d'errance.
Le gérant de location de vélos Kevin Duval a noté l'impact économique : « Ce sont les deux pires semaines possibles de la saison estivale. » Alors que la région se reconstruit, l'objectif immédiat est de sauver le reste du mois d'août.
- Début de l'incendie à Saumos, au nord du bassin d'Arcachon
- Début des évacuations massives ; 220 000 personnes finalement déplacées en Gironde
- Incendie déclaré fixé après avoir brûlé 42 000 hectares et 240 km de lisière de feu
- La préfète annonce un arrêté ministériel reconnaissant une catastrophe naturelle
- Les entreprises touristiques rouvrent ; les taux d'occupation restent bien en dessous des normes saisonnières

