Les Houthis s’emparent de la côte et forcent les négociants pétroliers à repricer le risque
Suite de l’édition d’hier soir.
Les forces houthies se sont emparées de l’île de Mayun, également connue sous le nom de Perim, après avoir pris Mokha, Dhubab et une partie de la côte occidentale du Yémen, ce qui donne au mouvement des positions aux abords du détroit de Bab el-Mandeb, large de 28 kilomètres. L’aviation saoudienne a frappé l’aéroport de Mokha après cette avancée, tandis que des responsables houthis ont déclaré que la navigation commerciale pouvait se poursuivre, à l’exception des navires liés à l’Arabie saoudite. Des unités loyales au gouvernement yéménite se sont retirées de l’île et de positions côtières, et un représentant du gouvernement a déclaré à l’AFP que le dernier corridor côtier occidental avait été perdu.
Le basculement militaire a ébranlé les marchés de l’énergie, car l’Arabie saoudite comptait déjà sur l’oléoduc Est-Ouest pour acheminer du brut vers Yanbu et contourner les troubles près du détroit d’Ormuz. Des frappes de drones ont endommagé l’oléoduc de 1 200 kilomètres, qui peut transporter 7 millions de barils par jour, et Riyad a suspendu les opérations pendant que les équipes inspectaient les stations de pompage et évaluaient les incendies. Le Brent a grimpé à 108,68 dollars, et la pression combinée sur les routes maritimes et les oléoducs a posé aux traders un problème d’arithmétique simple mais redoutable.
- Transit d’avant-guerre par le détroit d’Ormuz15
- Capacité de l’oléoduc saoudien Est-Ouest7
- Transit de brut par Bab el-Mandeb3
Le chercheur de Chatham House Farea al-Muslimi a soutenu que les récentes avancées modifiaient la carte régionale des leviers d’influence, et pas seulement la ligne de front.
« Désormais, l’Iran, directement et par l’intermédiaire de mandataires, contrôle deux des points d’étranglement les plus stratégiques du Moyen-Orient et du monde, contrôlant plus de 35 % du commerce mondial du carburant et du pétrole. »
La retenue dont l’Arabie saoudite a fait preuve envers l’Irak, après que Bagdad a demandé du temps pour enquêter sur l’origine des drones, a laissé un peu de marge à la diplomatie. La difficulté, c’est que les Houthis tiennent désormais des positions que les analystes jugent coûteuses à reprendre. Les goulets d’étranglement restent rarement une affaire locale une fois que les assureurs, les raffineurs et les marines commencent à faire les comptes.
D’après : Ouest France, Le Figaro.fr, rts.ch, Mediapart, 20minutes, RFI
Pour aller plus loin
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