
L'Insee abaisse sa prévision de croissance du PIB français 2026 à 0,4 % alors que les voisins européens distancent l'économie nationale
La France fait face à un ralentissement de sa croissance après que l'Insee a abaissé sa prévision de PIB 2026 à 0,4 %, citant une demande intérieure faible, des canicules estivales et un déclin de l'investissement.
L'Insee réduit la prévision de PIB français
Le 10 septembre 2026, l'Insee, l'agence nationale de statistiques française, a abaissé sa prévision de croissance économique 2026 pour la France à 0,4 %, contre une estimation précédente de 0,7 %. La révision, publiée dans un rapport trimestriel intitulé « Vigilance orange sur la croissance », marque un ralentissement par rapport à l'expansion de 0,9 % enregistrée en 2025. Si elle se confirme, la croissance annuelle de 0,4 % représenterait la performance la plus faible de l'économie française depuis 2012, hors années de pandémie de Covid. La projection actualisée se situe sous l'objectif du gouvernement français de 0,7 %, les projections macroéconomiques officielles devant être actualisées le 11 septembre 2026. Ce déclassement fait suite à une contraction de 0,2 % du produit intérieur brut au premier trimestre 2026 et à une stagnation à 0,0 % au deuxième trimestre.
Contrairement à ses voisins, l'économie française est à l'arrêt. Contrairement au reste de l'Europe, l'activité s'est affaiblie cet hiver et est restée atone au printemps. C'est une surprise que nous n'avions pas anticipée.
Divergence avec les voisins européens
Les projections de l'Insee pointent vers une reprise modeste au second semestre 2026, avec une croissance trimestrielle estimée à 0,1 % au troisième trimestre et 0,2 % au quatrième trimestre. Malgré cette stabilisation prévue, la croissance annuelle française devrait rester en retrait par rapport à ses voisins, progressant à un tiers du rythme de la zone euro élargie et du Royaume-Uni. L'activité économique dans les pays voisins a maintenu une dynamique positive au premier semestre. L'Allemagne a enregistré une croissance de 0,4 % au premier trimestre et de 0,3 % au deuxième, tandis que l'Italie a progressé de 0,3 % et 0,2 % sur les mêmes périodes. L'Espagne a connu une expansion de 0,6 % au premier trimestre et de 0,7 % au deuxième, et le Royaume-Uni a enregistré des taux de 0,6 % et 0,4 %.
- Espagne
- 0.6 %
- Royaume-Uni
- 0.6 %
- Allemagne
- 0.4 %
- Italie
- 0.3 %
- France
- -0.2 %
On ne peut pas se cacher derrière des chocs pour expliquer la faiblesse de notre croissance car on ne les retrouve pas dans les autres pays européens.
Demande intérieure et déclin de l'investissement
L'institut statistique a attribué cette divergence à des faiblesses dans toutes les composantes de la demande intérieure. Le pouvoir d'achat des ménages devrait reculer de 0,4 % sur l'ensemble de l'année 2026, en raison de la baisse de l'emploi salarié et de la faible progression des salaires réels. La consommation des ménages, traditionnellement un moteur clé de l'activité économique française, devrait augmenter de 0,3 % sur l'année après des performances atones en 2024 et 2025. L'inflation des prix à la consommation, mesurée à 2,4 % en août 2026, devrait remonter à 2,9 % d'ici la fin de l'année. L'investissement des ménages et des entreprises devrait se contracter en 2026, avec un recul de 1,3 % pour les ménages et une baisse de 0,3 % pour les entreprises, en raison de coûts d'investissement plus élevés et d'anticipations de demande atone.
- T1 2026
- -0.2 %
- T2 2026
- 0 %
- T3 2026
- 0.1 %
- T4 2026
- 0.2 %
Canicules et perturbations commerciales
Des perturbations externes et sectorielles ont également contribué à la révision des perspectives. Les canicules estivales devraient réduire la croissance annuelle de 0,1 point de pourcentage en 2026, principalement via la baisse de la production agricole. Le secteur des travaux publics et de la construction a connu un fort ralentissement de son activité, lié en partie à la baisse des dépenses publiques locales pendant le cycle des élections municipales françaises. Par ailleurs, l'activité économique plus large a été freinée par la fermeture du détroit d'Ormuz en mars 2026, un goulet d'étranglement maritime par lequel transite environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Les conditions budgétaires resserrées, dues à la détérioration des finances publiques, ont encore limité le soutien budgétaire à l'économie.


