La Fed relève ses taux et teste l’appétit des marchés pour la douleur
Suite de l’édition d’hier soir.
La Réserve fédérale a relevé son taux directeur de 25 points de base, à 3,75 %–4,00 %, sa première hausse depuis juillet 2023 et un net revirement après trois baisses à la fin de l’an dernier. Les responsables ont agi après que l’inflation sous-jacente des dépenses de consommation personnelle est passée de 2,9 % en juillet 2025 à 3,3 % en juillet 2026, tandis que la Fed d’Atlanta estimait la croissance du troisième trimestre à 5,1 % en rythme annualisé. Le message était délicat pour les emprunteurs : l’économie semblait assez solide pour supporter une monnaie plus chère, et les prix assez tenaces pour l’exiger.
- Prévoient au moins une nouvelle hausse en 202616
- Aucune nouvelle hausse ou aucune projection2
Les marchés ont réagi rapidement. L’indice du dollar est monté à 100,33, son plus haut niveau depuis la fin juillet, tandis que l’euro reculait à 1,1456 dollar et que le yen glissait à 156,20 pour un dollar. Les opérateurs sur contrats à terme ont intégré une probabilité de 90 % d’une nouvelle hausse d’un quart de point avant la fin de l’année, globalement conforme aux propres projections de la Fed. Tai Hui, de J.P. Morgan Asset Management, a relié cette pression aux chocs mondiaux et aux tensions sur le marché pétrolier.
« Il n’y a pas de signes immédiats d’un reflux de l’inflation, surtout compte tenu de l’impasse au Moyen-Orient. Cela signifie que la Fed pourrait devoir continuer à resserrer sa politique afin d’atteindre son objectif. »
Donald Trump a critiqué la décision après avoir appelé à des taux de 1 % ou moins, mais Kevin Warsh a maintenu la ligne de la banque centrale et raccourci le format de sa conférence de presse. Il a interdit les questions de suivi, réduit la longueur des réponses et laissé les marchés interpréter le mouvement sans trop les prendre par la main. La monnaie chère porte désormais un coût politique autant qu’économique, et la Fed a choisi de payer le premier acompte d’avance.
D’après : Reuters