Carney rejette les pressions de Trump alors que Bruxelles courtise le Canada
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Ursula von der Leyen a offert au Canada une place nouvelle aux côtés de l’Union européenne, plutôt qu’en son sein, en proposant un statut d’associé lors de son discours sur l’état de l’Union européenne à Strasbourg. Le plan construirait un espace commun de sécurité économique autour de l’énergie propre, de l’intelligence artificielle, des minerais critiques, de la politique arctique et de la défense, même si les traités de l’UE ne définissent pas encore une telle catégorie pour un État non européen. Mark Carney était assis dans l’hémicycle et a reçu le genre d’ovation habituellement réservé aux candidats à l’élargissement, non aux premiers ministres du G7 cherchant une couverture contre Washington.
Donald Trump a réagi comme si Bruxelles avait tenté de remorquer le Canada à travers l’Atlantique. Il a menacé l’Europe de lourds droits de douane s’il jugeait la proposition hostile aux intérêts américains, un avertissement particulièrement appuyé pour une économie canadienne qui envoie encore environ 70 % de ses exportations vers les États-Unis. Mark Carney a répondu au Parlement européen en insistant sur le fait qu’Ottawa choisirait ses partenaires sans permission venue de l’étranger.
« Personne ne va dicter notre culture ni avec qui nous pouvons conclure des accords à l’international. »
Le prochain test se déplace à Montréal, où les délégations tenteront, les 29 et 30 octobre, de transformer une grande étiquette en texte juridique. Les responsables de l’UE doivent encore convaincre les gouvernements des États membres que le statut d’associé ne deviendra pas une porte dérobée vers le marché unique, tandis que le Canada doit montrer que la diversification signifie davantage que des discours dans une Strasbourg à l’accent français. Le prix n’est pas l’adhésion, mais l’optionnalité, et Ottawa vient de faire sonner l’optionnalité comme un actif de sécurité nationale.
D’après : Reuters, Le Parisien, Deutsche Welle, The New York Times, ZEIT ONLINE, LesEchos.fr