Brief du soir, dimanche 23 août

Édition du soir, dimanche 23 août, 18:33.

Texte et voix de synthèse générés par l’IA. Comment ce texte est produit

Une édition des archives. Dernière édition

1Énergie & Commerce

Carney impose des droits équivalents à ceux de Trump après l'échec des discussions

Suite de l’édition de ce matin.

Mark Carney a suspendu les discussions commerciales avec Washington après que les négociateurs américains ont ajouté, tardivement, des exigences sur les règles culturelles canadiennes, les quotas de streaming, les subventions et l’emballage bilingue. Donald Trump a ensuite laissé entrer en vigueur des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars d’exportations canadiennes, dont le whisky, les meubles, le ciment, les vêtements et le contreplaqué, sans exemption pour les biens conformes à l’accord commercial AEUMC.

« Nous ne pouvons pas accepter ce qu’ils ont offert, et nous ne donnerons pas ce qu’ils ont demandé. »

Mark Carney

Ottawa a répondu par des droits équivalents à partir du 8 septembre, visant environ 20 milliards de dollars canadiens de biens américains dans l’acier, les produits laitiers, l’électroménager, les machines agricoles, les pâtes et papiers et les composants électroniques. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a menacé d’une nouvelle salve si le Canada passait à l’acte, tandis que d’anciens négociateurs ont averti que d’autres pays pourraient désormais rouvrir leurs propres accords avec Washington après avoir vu jusqu’où ces discussions étaient allées.

Le différend est important parce qu’il met à mal le vieux postulat selon lequel la base de production nord-américaine resterait protégée même pendant les querelles politiques. Voitures, minerais, bois d’œuvre, alimentation et culture se retrouvent désormais dans le même panier de négociation, ce qui signifie que les fabricants doivent intégrer dans leurs prix non seulement le métal et la main-d’œuvre, mais aussi l’humeur présidentielle.

D’après : Reuters, New Statesman, Bloomberg Business, Al Jazeera Online, Franceinfo, Financial Times News

2Conflits

Téhéran menace les routes pétrolières tandis que Washington élargit les sanctions

Suite de l’édition de ce matin.

Donald Trump a annoncé une nouvelle offensive économique contre l’Iran, affirmant que Téhéran avait laissé passer sa chance de conclure un accord et ferait désormais face à une pression accrue sur les circuits commerciaux, le transport maritime, les flux monétaires et les financements de tiers. Les États-Unis ont présenté cette mesure comme un moyen de priver l’Iran de fonds pour ses opérations régionales et ses activités nucléaires, tandis que des responsables iraniens l’ont qualifiée de coercition économique et de diversion face aux problèmes américains de dette et de taux d’intérêt.

Mohsen Rezaï, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a fait monter les enchères en avertissant les États voisins de ne pas se joindre à la campagne de Washington. Il a déclaré que l’Iran chercherait d’abord à discuter avec les gouvernements régionaux, mais il a aussi menacé les routes pétrolières et les infrastructures commerciales s’ils contribuaient à faire appliquer les sanctions.

« Si les pays entourant l’Iran rejoignent les Américains dans leur guerre économique, pas une goutte de pétrole ne quittera le golfe Persique ni le détroit d’Ormuz, et nous viserons aussi d’autres routes d’exportation pétrolière depuis le golfe Persique. »

Mohsen Rezaï

La pression crée déjà des lignes de fracture dans le commerce régional. Les Émirats arabes unis ont suspendu les échanges commerciaux et les transactions financières avec l’Iran, tandis que la Chine, qui achète environ 90 % du brut iranien à prix réduit, a rejeté les sanctions unilatérales. Le détroit d’Ormuz assurait un cinquième du transit pétrolier mondial avant la guerre ; les menaces qui pèsent sur lui peuvent donc faire varier les prix bien avant que les navires cessent de circuler.

Cette manche est moins une annonce de sanctions qu’un test pour savoir qui peut effrayer davantage les voisins de l’Iran : Washington avec les banques, ou Téhéran avec les barils.

D’après : ANSA.it, Il Sole 24 ORE, il Giornale.it, Adnkronos, AGI, Tgcom24

3Gouvernement

Zelenskyy rejette les élections en guerre tandis que ses alliés cherchent un bouclier aérien

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Volodymyr Zelensky a rejeté les appels à organiser des élections pendant la guerre, répondant à la demande de l’ancien ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov en faveur d’un mécanisme de vote légal et sûr. La loi martiale interdit les élections, le mandat normal de Zelensky a expiré en mai 2024, et des instituts de sondage ukrainiens ont constaté que 57 % des citoyens ne veulent un scrutin qu’après la fin de la guerre, contre 15 % qui en souhaitent un avant l’arrêt des combats.

« Je pense que si nous voulons détruire le pays, alors nous pouvons nous diriger vers des élections pendant ce genre de guerre. »

Volodymyr Zelensky

Le débat survient alors que l’Ukraine affronte un hiver plus rude. Zelensky a déclaré que la Russie possède 600 à 630 missiles balistiques à grande vitesse et tente d’en produire plus de 100 par mois, tandis que le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, s’est rendu à Kharkiv après avoir promis une nouvelle aide humanitaire de 50 millions d’euros et discuté de la demande ukrainienne de 300 missiles Patriot.

Kyiv a également commencé à tester une solution européenne de communications par satellite tout en continuant d’utiliser le système Starlink de SpaceX. Zelensky a déclaré que la Russie et la Chine construisent leur propre équivalent et pourraient l’achever d’ici décembre 2026, ce qui rappelle que la résilience sur le champ de bataille dépend désormais autant des réseaux orbitaux que des stocks d’artillerie.

Le différend électoral déterminera la manière dont l’Ukraine met en balance la légitimité démocratique et la survie, et il n’existe pas de bureau de vote bien rangé dans l’ombre d’un missile.

D’après : L'Opinion, Le Monde.fr, Courrier international, France 24, Rai news, lastampa.it

4Migration

L'Italie refuse les transferts d'asile tandis que Ceuta sature

Suite de l’édition de ce matin.

L’Italie a refusé d’accepter les transferts de migrants en provenance d’Allemagne au titre des nouvelles règles de l’Union européenne en matière d’asile, qui rendent le premier pays d’entrée irrégulière responsable de l’examen des demandes. Matteo Salvini a justifié le refus de Rome par la présence de navires de sauvetage allemands en Méditerranée, tandis que des parlementaires allemands ont averti que le différend pourrait conduire les pays à rétablir les contrôles aux frontières quelques semaines seulement après l’entrée en vigueur du système réformé.

« L’Allemagne n’a pas le droit de nous renvoyer ne serait-ce qu’un seul immigré clandestin tant que des navires d’ONG allemandes opèrent en Méditerranée pour faire débarquer en Italie et en Europe des milliers d’immigrés clandestins. »

Matteo Salvini
Transferts d'asile Italie-Allemagne depuis 2023personnes
  • Demandes allemandes35 000
  • Acceptées par l'Italie15

Les chiffres montrent pourquoi Berlin est en colère et Rome campée sur ses positions. L’Italie a rejeté environ 80 000 demandes de transfert émanant de partenaires européens depuis 2023, tout en n’acceptant que 15 personnes venues d’Allemagne malgré quelque 35 000 demandes allemandes ; cette année, elle a accepté trois personnes en provenance de l’ensemble des États partenaires et aucune d’Allemagne.

L’Espagne fait face à un autre foyer de tension à Ceuta, où Alberto Núñez Feijóo a exhorté le gouvernement à envisager un confinement sanitaire après le signalement de cas de tuberculose, de gale, de varicelle et de plus de 450 cas de gastro-entérite parmi les migrants restés bloqués après le franchissement de la frontière le 30 juillet. Les autorités locales affirment qu’environ 10 000 personnes demeurent sans abri, tandis que Madrid prévoit des auditions parlementaires et 25 millions d’euros de financement d’urgence pour l’enclave.

Le compromis migratoire de l’Europe repose sur des procédures partagées, mais le premier test de résistance est déjà devenu une lutte pour savoir qui se retrouve avec le dossier entre les mains.

D’après : Spiegel Online, Frankfurter Allgemeine, newsORF.at, N-tv, SRF News, Handelsblatt

5Affaires

Volkswagen envisage 50 000 suppressions tandis que les syndicats résistent

Nouveau

Oliver Blume a appelé les salariés de Volkswagen à faire bloc derrière ce qu’il a présenté comme le plus vaste plan de transformation de l’histoire du groupe. La marge opérationnelle du constructeur automobile ressort à 3,8 %, très loin de l’objectif à long terme de 9 % affiché par la direction, et les dirigeants examinent des réductions de frais généraux qui pourraient théoriquement toucher environ 50 000 emplois dans le monde.

« Les semaines à venir sont celles qui comptent : tout le monde doit tirer dans le même sens. Nous avons mis en place le plus vaste plan de transformation de l’histoire du groupe Volkswagen. »

Oliver Blume
Rentabilité opérationnelle des ventes de Volkswagen%
  • Actuel3,8
  • Objectif9

Volkswagen affirme subir un désavantage d’environ 20 % en matière de coûts fixes par rapport à ses concurrents, les coûts de personnel représentant la moitié des frais généraux. La direction rencontrera les salariés lors de réunions extraordinaires à Wolfsburg, Emden et Zwickau, tandis qu’elle passe en revue des sites dont Emden, Hanovre, Zwickau et Neckarsulm.

Les syndicats ne croient pas à cet objectif. Christine Benner, d’IG Metall, a qualifié d’irréaliste l’objectif de marge de 9 % dans les conditions géopolitiques actuelles, tandis qu’un débat plus large sur la semaine de 35 heures dans l’industrie allemande est revenu sur la table. En Saxe, Michael Kretschmer a jugé cette norme dépassée, mais des responsables syndicaux ont averti qu’un allongement de la durée contractuelle du travail réduirait les besoins en personnel et aggraverait les suppressions d’emplois.

Le problème de Volkswagen n’est pas un mauvais trimestre, mais une vieille machine industrielle qui tente de financer logiciels et batteries, et de faire face à une concurrence moins chère, avec une marge qui paie à peine l’avenir.

D’après : Reuters, Norddeutscher Rundfunk, Deutsche Welle, De Morgen, Focus, Stirile ProTV

6Numérique

Des pirates arrêtent un générateur britannique tandis que le risque cyber se propage

Nouveau

Une cyberattaque liée à l’Iran a contraint un petit producteur d’électricité britannique à se mettre à l’arrêt pendant quatre jours fin juillet, premier cas recensé où des pirates affiliés au régime iranien ont mis hors service une installation énergétique britannique. Les responsables ont tu le nom et l’emplacement de la centrale, indiqué que sa production était négligeable et souligné qu’aucune coupure pour les ménages ni perturbation du réseau national n’avait suivi.

L’incident s’est inscrit dans une série plus large de tentatives contre des infrastructures à l’étranger. Les attaquants ont frappé plus de 30 services locaux de l’eau dans le Minnesota les 26 et 27 juillet, provoquant des inondations locales et des chutes de pression, avant que l’activité ne s’étende à des installations de distribution d’eau dans 12 États américains ; les autorités des États-Unis ont ensuite mis en garde contre des tentatives d’exploitation visant des automates programmables Siemens utilisés par les services publics.

La pression cyber suit la logique de l’affrontement militaire autour de l’Iran. Le Corps des gardiens de la révolution islamique avait averti que les bases servant à des opérations contre l’Iran seraient considérées comme des cibles après que la Grande-Bretagne a autorisé des avions américains à mener des sorties défensives depuis des bases britanniques, tandis que des intrusions soupçonnées d’être iraniennes ont également été détectées en Allemagne, en Pologne, en Finlande, en Belgique et en Albanie.

Les agences britanniques se disent déjà très sollicitées. Le National Cyber Security Centre a déclaré avoir repoussé plus de 200 cyberattaques visant des infrastructures nationales critiques au cours de la période achevée en mai, et les responsables ont informé les dirigeants du secteur de l’énergie après l’incident de la centrale en juillet. L’installation était petite, mais la leçon est grande : dans une guerre régionale, la frappe transfrontalière la moins chère peut arriver par un panneau de commande.

D’après : ANSA.it, ZEIT ONLINE, newsORF.at, Deutsche Welle, de Volkskrant, wnp.pl

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