
Les États-Unis et le Canada s'efforcent de résoudre les différends sur l'automobile et les produits laitiers avant l'échéance des droits de douane de 50%
Des responsables canadiens et américains se réunissent quotidiennement à Washington pour négocier des concessions sur les droits de douane automobiles, les règles laitières et les interdictions d'alcool avant l'échéance de mercredi pour des droits de 50% sur 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes.
Négociations avant l'échéance des droits de douane
Les négociateurs canadiens Janice Charette et Dominic LeBlanc sont restés à Washington pour mener des discussions quotidiennes avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, et le représentant adjoint au Commerce, Jeff Goettman. Vendredi, LeBlanc a informé un comité consultatif que les deux parties étaient encore loin d'un projet d'accord, bien que les discussions se soient poursuivies lors d'une réunion virtuelle dimanche. Les pourparlers visent à éviter des droits de douane de 50% qui doivent entrer en vigueur mercredi sur environ 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes. Le président des États-Unis, Donald Trump, a invoqué l'article 338 du Tariff Act de 1930 pour autoriser ces droits, à la suite d'une décision de la Cour suprême des États-Unis plus tôt en 2026 qui avait invalidé les pouvoirs tarifaires d'urgence. Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré à St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador, qu'il s'entretiendrait directement avec Trump avant l'échéance.
Nous négocions, les négociations sont très intenses et délicates.
- Donald Trump refuse la prolongation de 16 ans de l'AEUMC, soumettant l'accord à des examens annuels
- Dominic LeBlanc fait état d'aucun projet d'accord ; Jamieson Greer expose les conditions juridiques pour éviter les droits de douane
- Les responsables commerciaux canadiens et américains tiennent une session de négociation virtuelle pendant le week-end
- Mark Carney annonce son intention de parler avec Trump alors que LeBlanc rencontre Greer à Washington
- Date d'entrée en vigueur prévue pour les droits de douane américains de 50% en vertu de l'article 338
Formules tarifaires pour les véhicules et litiges sur le contenu régional
Les droits de douane à l'importation automobile représentent un point central de discorde entre les deux délégations. Les négociateurs américains ont proposé de réduire le tarif de 25% de l'article 232 sur les véhicules canadiens à 15% après déductions de contenu de valeur, tandis que le Canada a plaidé pour un taux de 10% ou des exemptions élargies. Un désaccord principal porte sur les calculs de déduction : Washington insiste pour ne déduire que le contenu spécifique aux États-Unis, alors qu'Ottawa souhaite inclure tout le contenu nord-américain, y compris les pièces fabriquées au Canada et au Mexique. Des représentants de l'industrie automobile ont déclaré que les déductions régionales pourraient abaisser les droits de douane effectifs à un chiffre. Actuellement, les importations de véhicules en provenance du Japon, de la Corée du Sud et de l'Union européenne entrent aux États-Unis avec un droit de douane de 15% sans contraintes de pièces régionales, tandis que la plupart des véhicules britanniques sont soumis à un droit de 10%.
- Canada (Article 232 actuel)
- 25 %
- Canada (Réduction proposée)
- 15 %
- Japon, UE, Corée du Sud
- 15 %
- Royaume-Uni (plupart des véhicules)
- 10 %
Quotas agricoles et interdictions provinciales d'alcool
L'administration Trump a présenté plusieurs demandes de longue date concernant les barrières non tarifaires et les pratiques commerciales. Jamieson Greer a indiqué que tout accord doit aborder le système de gestion de l'offre du Canada pour les produits laitiers, la volaille et les œufs, où les droits de douane hors quota dépassent 200%. Washington a également contesté les règles d'approvisionnement « Achetez canadien » en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique qui privilégient l'acier, l'aluminium et le bois nationaux pour les marchés publics. De plus, les négociateurs américains ont demandé la levée des interdictions provinciales sur le vin, la bière et les spiritueux américains, que les provinces canadiennes ont promulguées en 2025. Le Premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a déclaré que l'alcool américain ne reviendra pas dans les rayons des magasins sans un accord commercial ou la suppression des droits de douane.
Toute résolution potentielle doit inclure tous ces éléments, ou une voie à suivre pour eux.
Exposition de l'industrie et incertitude sur l'accord commercial
Les droits de douane de 50% prévus couvrent des produits tels que le vin, les meubles, les produits laitiers, le ciment, les vêtements, les cannes à pêche et les équipements de hockey. Les marchandises ciblées représentent 5,2% des 383 milliards de dollars de produits que les États-Unis ont importés du Canada en 2025. Contrairement aux mesures commerciales précédentes, les droits de douane de l'article 338 s'appliqueraient même aux marchandises éligibles au statut préférentiel dans le cadre de l'Accord États-Unis-Mexique-Canada. Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, a noté que 85% des exportations canadiennes avaient évité les droits de douane jusqu'à présent. Les secteurs sous pression comprennent les produits du bois canadiens et les viticulteurs de l'Ouest, qui sont déjà confrontés à des incendies de forêt. Les négociations ont lieu après que Trump a refusé en juillet 2026 de prolonger l'AEUMC pour 16 ans, laissant l'accord soumis à des examens annuels.
Notre travail n'est pas encore terminé.
