Brief du soir, mardi 15 septembre

Édition du soir, mardi 15 septembre, 18:33.

Texte et voix de synthèse générés par l’IA. Comment ce texte est produit

Une édition des archives. Dernière édition

1Conflits

L’OTAN ouvre le feu alors que les incidents baltes saturent le flanc oriental

Suite de l’édition de ce matin.

Des Eurofighters italiens sous commandement de l’OTAN ont abattu un aéronef sans pilote au-dessus du centre de la Lituanie après qu’il eut franchi la frontière depuis la Biélorussie et volé pendant environ 30 minutes vers le corridor Vilnius-Kaunas. La Lituanie a envoyé des alertes sur les téléphones, activé son plan catastrophe Shield et dépêché des équipes de récupération vers des champs de débris près de Kaišiadorys, où les responsables ont indiqué que l’engin pourrait avoir transporté des explosifs. Le Danemark, de son côté, a convoqué l’ambassadeur de Russie après qu’une frégate russe a tiré deux fusées éclairantes près d’un hélicoptère militaire danois qui photographiait le navire dans les eaux internationales au large de Gedser.

La Première ministre Mette Frederiksen a présenté l’incident danois comme un test des nerfs alliés, tandis que Moscou a imputé à l’équipage de l’hélicoptère des manœuvres dangereuses et exigé que Copenhague empêche toute répétition. C’est important, car les deux gouvernements ont décrit les mêmes minutes en mer comme une surveillance de routine, une provocation ou une intimidation, une grammaire baltique familière avec une marge d’erreur plus faible qu’à l’accoutumée.

« Les actions russes visent à intimider et à diviser. Elles ne réussiront pas. Nous ne vacillerons pas. »

Mette Frederiksen

La Pologne a ajouté une autre pièce au schéma après que des spécialistes militaires ont sécurisé un drone russe de type Gerbera qui avait dérivé jusqu’à une plage de la Baltique, puis fait décoller en urgence des chasseurs pendant la nuit alors que des frappes russes touchaient l’ouest de l’Ukraine près de la frontière polonaise. Donald Tusk a averti que les semaines à venir pourraient apporter davantage d’actions russes affectant le territoire polonais, et les appareils polonais n’ont levé l’alerte qu’après qu’aucune violation de l’espace aérien n’a été détectée. Une guerre de drones qui ne cesse de déborder les frontières mesure désormais la crédibilité de l’alliance en minutes, non en communiqués.

D’après : ANSA.it, Al Jazeera Online, France 24, La Libre.be, Le Soir, RFI

2Élections

Les juges bloquent la refonte postale avant l’arrivée des bulletins de mi-mandat

Suite de l’édition de ce matin.

La Cour suprême des États-Unis a rejeté la demande d’urgence du ministère de la Justice visant à imposer de nouvelles restrictions au vote par correspondance avant les élections de mi-mandat de novembre, laissant en vigueur l’injonction d’un juge fédéral de Boston. L’ordonnance d’un paragraphe indiquait que le gouvernement avait peu de chances de l’emporter sur le fond, tandis que le juge Brett Kavanaugh a ajouté que les responsables des États et des collectivités locales ne disposaient pas d’assez de temps pour mettre en place le système avant la fin du vote. Les juges Samuel Alito et Clarence Thomas ont exprimé publiquement leur désaccord.

Les règles bloquées auraient obligé les États à téléverser les listes de destinataires électeurs, à les vérifier au regard des fichiers fédéraux de l’immigration et de la sécurité sociale, et à utiliser des enveloppes approuvées portant des codes-barres de suivi spéciaux. Les employés des postes auraient pu refuser les bulletins non conformes, transformant un service de distribution routinier en rôle de gardien au moment même où le vote anticipé avait commencé dans plusieurs États. Les opposants soutenaient que le service postal n’avait ni l’autorité constitutionnelle ni la capacité pratique de contrôler l’éligibilité des bulletins.

Le secrétaire d’État de Washington, Steve Hobbs, a déclaré que les bureaux électoraux pouvaient désormais poursuivre leurs préparatifs sans réécrire les procédures au dernier moment. L’administration a affirmé que les règles empêcheraient la fraude, bien que le dossier cité dans le contentieux fasse état d’une fraude au vote par correspondance rarissime, un rapport de Brookings de 2025 recensant quatre cas pour dix millions de bulletins.

« L’équipe électorale de Washington est déjà à pied d’œuvre pour garantir une élection sûre, sécurisée et exacte. Désormais, ce travail se poursuit sans qu’il soit nécessaire de modifier nos processus pour satisfaire à des exigences irréalistes. »

Steve Hobbs

L’ordonnance déterminera si le vote de mi-mandat suivra les calendriers des États ou les échéances présidentielles, et cette fois, la Cour a choisi le calendrier.

3Climat

L’EPA abroge les limites carbone et ouvre un plus grand bras de fer judiciaire

Suite de l’édition de ce matin.

L’Agence de protection de l’environnement a abrogé les limites fédérales d’émissions de carbone applicables aux centrales électriques au charbon et au gaz lors d’une réunion du G20 sur l’énergie à Houston, démantelant des normes de l’ère Biden qui imposaient aux centrales au charbon existantes et aux nouvelles installations au gaz de réduire leurs émissions ou de fermer d’ici 2039. L’ancienne règle visait à éviter 1 milliard de tonnes métriques d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2047, alors que la production d’électricité représente près d’un quart des émissions américaines de gaz à effet de serre. L’administrateur de l’EPA, Lee Zeldin, a présenté ce recul comme un moyen de rendre l’électricité moins chère pour les ménages, les usines et les centres de données.

« L’époque où Biden et Obama s’employaient à détruire le gaz naturel et le charbon est révolue. »

Lee Zeldin

L’agence a également proposé de révoquer son pouvoir de réglementer les gaz à effet de serre émis par les centrales électriques au titre de l’article 111 de la loi sur la qualité de l’air, le Clean Air Act. Cette mesure fait suite à la décision antérieure de l’administration de remettre en cause le constat de mise en danger de 2009 et vise à empêcher de futurs présidents de rétablir, par décret, des plafonds de carbone pour le secteur électrique. L’EPA a estimé à plus de 310 milliards de dollars les économies pour les consommateurs grâce à l’abrogation de la règle de 2024, et à 370 milliards supplémentaires celles liées au retrait de l’autorité réglementaire, tandis que son propre communiqué indiquait que la combustion du charbon pour produire de l’électricité pourrait être multipliée par plus de dix.

Les organisations environnementales ont promis des recours immédiats et soutenu que l’abrogation ignore à la fois la science du climat et les dégâts locaux de la pollution de l’air. Carrie Jenks, du programme de droit de l’environnement et de l’énergie de la faculté de droit de Harvard, a déclaré que l’administration cherchait à obtenir une décision judiciaire définitive contre toute réglementation future.

« Ils frappent aussi fort que possible pour tenter d’empêcher toute administration de réglementer l’une des plus grandes sources d’émissions des États-Unis. »

Carrie Jenks

L’abrogation transforme une règle sur les centrales électriques en pari constitutionnel sur la latitude dont dispose encore un président américain pour mener une politique climatique sans le Congrès.

D’après : Reuters, Gizmodo, Le Monde.fr, Handelsblatt, RTVE.es, 20minutes

4IA & Tech

Les critiques de l’IA s’unissent, Gates finance l’accès et Trump balaie le risque

Suite de l’édition de ce matin.

Bernie Sanders et Steve Bannon se sont retrouvés sur une même scène à Washington pour réclamer des limites fédérales à l’intelligence artificielle, un attelage qui paraîtrait plus étrange si la cible n’était pas le pouvoir de la Silicon Valley. Leur coalition comptait des responsables syndicaux et évangéliques, et Sanders a soutenu une législation suspendant le développement de modèles capables d’ébranler le gouvernement jusqu’à la création d’un régulateur dédié. Bannon a attaqué les efforts du Sénat visant à neutraliser les règles des États sur l’IA, accusant les grandes entreprises technologiques d’échapper à la surveillance.

« Le peuple américain ne sera pas réduit au rang de suppliant devant ces oligarques de la tech. »

Steve Bannon

L’offensive politique est venue s’ajouter à des avertissements plus retentissants de l’industrie. Dario Amodei, d’Anthropic, a appelé à un ralentissement coordonné et a averti que des agents autonomes pourraient prendre le contrôle des infrastructures d’internet d’ici 6 à 12 mois, tandis que Sam Altman et Elon Musk ont soutenu l’appel à modérer le rythme. Donald Trump a balayé les craintes d’extinction et l’opposition aux centres de données en les qualifiant de canular lors d’un échange en haut-parleur avec Jensen Huang, de Nvidia, affirmant que les garde-fous actuels suffisent.

La Fondation Gates a choisi une autre voie, promettant au moins 1 milliard de dollars sur deux ans pour élargir l’accès à l’IA dans les régions à faible revenu, dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et des infrastructures numériques. Bill Gates a assorti cette promesse d’un avertissement : les gouvernements manquent d’expertise sur les risques, et le secteur privé ne peut pas s’autoréguler.

Répartition de l’engagement IA de la Fondation Gates% d’un engagement d’au moins 1 Md $
  • Santé40
  • Éducation40
  • Agriculture10
  • Fondations numériques10

La fracture porte désormais moins sur la question de savoir si l’IA change la société que sur celle de savoir à qui revient le droit de ralentir, d’orienter ou de tirer profit de ce changement.

D’après : ANSA.it, Digi24, Notícias ao Minuto, BBC, The Verge, The Next Web

5Énergie & Commerce

Les gouvernements cherchent un répit sur les carburants alors que le choc pétrolier étrangle les consommateurs

Suite de l’édition de ce matin.

L’Allemagne et la Pologne se sont rapprochées d’une intervention directe sur les carburants alors que les perturbations au Moyen-Orient faisaient grimper le pétrole et les prix à la pompe. Friedrich Merz a promis une proposition allemande « très bientôt », après que le Super E10 a atteint en moyenne 2,273 € le litre et que le diesel est monté à 2,404 €, juste en dessous de son pic d’avril. À Varsovie, le gouvernement de Donald Tusk a approuvé une taxe exceptionnelle de 60 % sur les revenus excédentaires des entreprises du secteur des carburants, espérant en tirer environ 4 milliards de PLN pour financer des subventions dans le cadre du programme Baisse des prix des carburants.

« Je suis d’avis que nous devons agir. »

Friedrich Merz

Les politiques diffèrent, mais la pression est la même. Les sociaux-démocrates allemands veulent un plafonnement des prix et un prélèvement sur les bénéfices exceptionnels, tandis que les chrétiens-démocrates préfèrent des versements ciblés que le fisc allemand pourrait avoir du mal à effectuer, car il ne dispose des coordonnées bancaires que de 19 % des contribuables. Le projet de loi polonais se heurte à un président qui a déjà contesté une mesure similaire au motif d’une taxation rétroactive, alors même que l’essence à la pompe approche 8 PLN le litre et que le diesel se rapproche de 9 PLN.

Le même choc pétrolier a atteint les banques centrales. Les perturbations du transport maritime autour du détroit d’Ormuz et de la mer Rouge ont retiré environ 5 millions de barils par jour des marchés, poussé le Brent au-dessus de 107 dollars avant qu’il ne reflue, et contribué à pousser la Banque centrale européenne à relever son taux de dépôt à 2,50 %. Les emprunteurs ont ressenti les effets de second tour lorsque l’Euribor à 12 mois a grimpé au-dessus de 3,1 %, ajoutant environ 80 € par mois à un prêt immobilier moyen à taux variable.

La politique européenne des carburants est devenue une facture à partager entre trois acteurs : automobilistes, Trésors publics et emprunteurs, sans que personne ne se porte volontaire pour payer en dernier.

D’après : Süddeutsche Zeitung, DIE WELT, RP Online, Frankfurter Allgemeine, Wirtschafts Woche, tagesschau.de

6Sécurité

L’enquête met en cause les dirigeants de l’hôpital de Chester pour les alertes Letby manquées

Nouveau

La juge Kathryn Thirlwall a publié un rapport en trois volumes de plus de 1 100 pages sur la manière dont l’hôpital Countess of Chester n’est pas parvenu à mettre fin aux agissements de Lucy Letby, l’infirmière néonatale reconnue coupable du meurtre de sept bébés et de la tentative de meurtre de sept autres. L’enquête a entendu plus de 130 témoins et examiné 400 déclarations, puis a conclu que les dirigeants auraient pu empêcher plusieurs décès et décompensations s’ils avaient appliqué les procédures ordinaires de protection.

« Des erreurs ont été commises par des infirmières, des médecins et des responsables. Il y a également eu, à tous les niveaux, un échec complet à déclencher des procédures de protection à quelque moment que ce soit. »

Kathryn Thirlwall

La chronologie est d’autant plus brutale qu’elle est administrative. L’hôpital a négligé trois décès de nouveau-nés en deux semaines en juin 2015, a traité l’examen ultérieur d’un incident grave comme une formalité, et n’a pas fait le lien entre un test d’insuline anormal et des décompensations antérieures. Thirlwall a estimé que retirer Letby du service après la mort du bébé I en octobre 2015 aurait empêché les décès ultérieurs des bébés O et P.

Le rapport a formulé 14 recommandations à l’intention des trusts du NHS, notamment la surveillance à distance des berceaux néonatals, des caméras de vidéosurveillance pour les réfrigérateurs à médicaments dans l’attente de contrôles d’accès numériques, des obligations de protection renforcées pour les conseils d’administration, et une obligation individuelle de transparence pour les cadres supérieurs. Letby purge 15 peines de réclusion à perpétuité incompressibles et continue de clamer son innocence, tandis que l’hôpital a présenté ses excuses et déclaré être désormais placé sous une nouvelle direction.

La force de l’enquête tient à son constat sans fard : le mal n’avait pas besoin d’une dissimulation sophistiquée lorsque la déférence, la hiérarchie et la paperasse avaient déjà ouvert les portes.

D’après : AP NEWS, Reuters, The Independent, SAPO, BBC, Al Jazeera Online

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