
Le ministre flamand Ben Weyts réprimande un collaborateur pour une tribune fictive sur un homosexuel musulman
Le ministre flamand du Budget Ben Weyts a adressé un blâme officiel à un collaborateur de cabinet de 26 ans qui avait soumis une fausse tribune sous le pseudonyme de Mohammed El Idrissi pour tester les biais des médias, tout en rejetant les demandes de licenciement de l'opposition.
La soumission fabriquée
Fin septembre 2026, un membre du cabinet du ministre flamand du Budget et des Finances Ben Weyts, âgé de 26 ans, a soumis une tribune à au moins cinq rédactions en Flandre. Le texte portait le titre « Gay et musulman : oui, je suis le pire cauchemar de l'extrême droite ». L'auteur avait créé le pseudonyme Mohammed El Idrissi, se décrivant comme un homosexuel musulman de 29 ans vivant à Borgerhout, à Anvers, en couple avec un homme depuis cinq ans. La soumission répondait à un harcèlement de rue survenu fin septembre visant le créateur de contenu flamand Jonatan Medart et son compagnon. L'auteur fictif soutenait que les commentaires publics ciblent systématiquement les musulmans dès qu'un harcèlement homophobe se produit, opposant son acceptation à Borgerhout au village natal de la famille de son compagnon dans la Campine anversoise. Il affirmait aussi se rendre à sa mosquée locale en crop top et pantalon moulant.
Attaques politiques et accueil dans les rédactions
La tribune adressait des critiques politiques au président du Vlaams Belang Tom Van Grieken et au député N-VA Theo Francken. L'auteur accusait ces deux responsables politiques d'exploiter les incidents homophobes pour présenter les musulmans comme une menace existentielle pour les valeurs occidentales, attaquant de fait un membre éminent du parti qui l'employait. Si l'expéditeur a soumis le texte via un compte de courriel chiffré sous son pseudonyme, au moins une rédaction a rejeté la tribune après qu'il eut refusé un entretien téléphonique de vérification en prétextant être à l'étranger. Le portail d'information progressiste DeWereldMorgen a publié la soumission et l'a laissée en ligne pendant environ douze heures avant de la retirer après des vérifications éditoriales.
Enquête et explication du collaborateur
Le 1er octobre 2026, l'hebdomadaire d'investigation Knack a révélé que l'auteur n'existait pas et a remonté la soumission jusqu'à un collaborateur d'un ministre N-VA. L'auteur avait laissé son vrai nom dans les métadonnées du fichier Word envoyé. Des articles ultérieurs de Het Nieuwsblad ont confirmé que l'auteur était un employé de cabinet blanc travaillant directement pour Weyts. Interrogé par Knack, le collaborateur a décrit l'initiative comme un test privé mené en dehors de ses fonctions professionnelles. Il a déclaré que son objectif était de démontrer que les voix conservatrices ont plus de difficulté à obtenir une place dans les pages d'opinion flamandes que les musulmans queer, affirmant avoir volontairement inclus des exagérations pour que des éditeurs attentifs puissent détecter la fabrication.
- Un membre du cabinet envoie une tribune fabriquée sous le pseudonyme Mohammed El Idrissi à cinq rédactions.
- Knack révèle que l'auteur de la tribune publiée est un collaborateur d'un ministre N-VA.
- Ben Weyts adresse un blâme officiel au collaborateur dans son dossier personnel tout en rejetant les appels au licenciement.
Sanction disciplinaire et réactions politiques
Le ministre Weyts a confirmé la supercherie le 5 octobre 2026 et a adressé un blâme officiel au collaborateur, plaçant la sanction directement dans son dossier personnel. Weyts a déclaré que l'action était stupide mais a refusé les appels à licencier le collaborateur.
La personne concernée a 26 ans et réalise qu'elle a commis une énorme bourde, mais je ne la jette pas sous le bus pour une seule erreur stupide, même si elle a porté atteinte à mon cabinet et à moi-même.
Le parti d'opposition Groen a jugé la réponse du ministre insuffisante. La cheffe de groupe parlementaire Mieke Schauvliege a invoqué le code déontologique régissant le personnel des cabinets, qui permet le licenciement lorsque des actes compromettent le gouvernement.
C'est littéralement une fausse information, diffusée par quelqu'un qui travaille au cabinet d'un vice-ministre-président flamand.
Schauvliege a exigé que Weyts assume la responsabilité politique plutôt que de balayer le canular comme une erreur de jeunesse. Weyts a déclaré qu'il aurait un entretien privé avec le collaborateur pour aborder la faute.

