Affaires · Washington et Bruxelles

Le représentant américain au commerce avertit l'UE au sujet du prêt record de la BEI à Airbus

Jamieson Greer affirme que le prêt record de la Banque européenne d'investissement à Airbus met en péril la trêve commerciale de 2021, et Washington n'a toujours reçu aucun détail du financement accordé en juin.

Texte IA fondé sur les articles de der Standard, Spiegel Online, BFMTV et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Washington, Bruxelles · États-Unis, Belgique
Comment on en est arrivé là
  1. 2021Les États-Unis et l'UE concluent un accord de cinq ans suspendant les droits de douane liés aux subventions à Airbus et Boeing
  2. juin 2026La BEI accorde à Airbus un prêt de 3 milliards d'euros, le plus important de son histoire
  3. juillet 2026Boeing demande à Washington de faire pression pour obtenir davantage de transparence sur le prêt
  4. 26 oct.Jamieson Greer avertit l'UE que ce prêt menace la trêve commerciale

Un avertissement venu de Washington

Lundi 26 octobre, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a averti l'Union européenne qu'un prêt record de la Banque européenne d'investissement (BEI) à Airbus pourrait mettre en péril une trêve commerciale transatlantique fragile. Le prêt s'élève à 3,4 milliards de dollars ; la BEI l'avait annoncé en juin sous la forme d'une facilité de 3 milliards d'euros. Jamieson Greer a indiqué que ses services avaient demandé à plusieurs reprises des détails sur ce financement et n'en avaient toujours obtenu aucun. Il a qualifié la situation de source d'incertitude considérable pour le commerce aéronautique transatlantique et estimé qu'elle devait être réglée au plus vite.

« J'espérais sincèrement que les subventions européennes à Airbus, qui faussent les échanges, appartenaient au passé. »

Jamieson Greer, représentant américain au commerce

Jamieson Greer a déclaré que ce prêt pouvait introduire des distorsions de marché et enfreindre les termes de l'accord aéronautique conclu entre Washington et Bruxelles en 2021. Il a présenté ce risque comme une possible violation de l'accord que les deux parties avaient eu du mal à obtenir.

Ce que couvre le prêt

La BEI a accordé ce prêt en juin, et sa vice-présidente, Ambroise Fayolle, l'a décrit comme une facilité destinée à donner à Airbus à la fois la capacité et la souplesse nécessaires pour investir dans la recherche, le développement et l'innovation à long terme. Ambroise Fayolle a précisé que ces fonds soutiendraient l'aviation commerciale ainsi que la sécurité et la défense. Il s'agit du prêt le plus important de l'histoire de la BEI. Airbus défend ce montage, qu'il présente comme une facilité de financement d'entreprise classique.

« Nous échangeons activement avec les autorités compétentes et nous sommes prêts à partager davantage d'informations sur ce prêt avec les gouvernements. »

Airbus

Airbus a ajouté que ce financement était nécessaire pour gérer la complexité d'un système de production et d'une chaîne d'approvisionnement mondiaux à forte valeur. L'entreprise dit être prête à communiquer davantage d'informations aux gouvernements, tandis que les services de Jamieson Greer affirment n'en avoir reçu aucune.

Le contexte de la trêve

Un accord conclu en 2021 sous l'ancien président américain Joe Biden avait mis fin à un différend de 17 ans sur les aides publiques à Airbus et à son rival américain Boeing. Cet accord de cinq ans avait conduit les deux parties à suspendre les droits de douane sur des milliards de dollars de marchandises de part et d'autre. Aucune des deux parties n'a rétabli ces droits de douane l'été dernier, et l'UE présente la trêve comme prolongée sans limite. Cette prolongation s'inscrivait dans un accord commercial plus large conclu l'an dernier à Turnberry, en Écosse, qui visait à éviter les niveaux les plus élevés des droits de douane dits du « jour de la libération » de Donald Trump. Les responsables américains du commerce se sont également plaints des efforts de l'UE pour taxer et réguler les entreprises technologiques, ainsi que de ses règles en matière de durabilité des entreprises et de chaînes d'approvisionnement.

Boeing et les spéculations

Boeing a demandé en juillet au gouvernement américain de faire pression pour obtenir davantage de transparence sur ce prêt. Cette préoccupation est alimentée par la spéculation selon laquelle Airbus pourrait utiliser ces fonds pour développer un nouveau modèle d'avion, une affirmation que les sources ne confirment pas. Les services de Jamieson Greer affirment n'avoir reçu aucun détail malgré des demandes répétées. Les articles ne précisent pas comment les fonds seraient utilisés.

La suite

La déclaration de Jamieson Greer appelle à clarifier cette affaire au plus vite, afin que la production aéronautique reste orientée vers le marché et que l'accord aéronautique ne soit pas enfreint. Bruxelles cherche à réduire sa dépendance à la Chine et aux États-Unis dans les technologies critiques. Elle veut aussi maintenir la création de valeur industrielle à l'intérieur du marché unique. Bruxelles tient à apaiser les tensions commerciales tout en diversifiant ses chaînes d'approvisionnement, et souhaite également garder les États-Unis engagés sur le dossier ukrainien.

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Sources et contexte

Organisations
Union européenne

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