
« Ragebait » élu Jugendwort des Jahres 2026 après un vote en ligne serré
Langenscheidt a désigné samedi, à la Foire du livre de Francfort, cet emprunt à l'anglais vainqueur avec 36,5 % des voix en ligne, devant « Peak » (33,8 %) et « Crashout » (29,7 %).
Le vainqueur et le vote
Langenscheidt a annoncé samedi, à la Foire du livre de Francfort, que « Ragebait » était le Jugendwort des Jahres 2026. Le mot désigne les contenus en ligne conçus pour provoquer la polémique, les disputes et l'indignation, souvent par de fausses informations ou des avis absurdes destinés à générer de l'audience. Lors du vote en ligne, il s'est imposé de justesse devant ses deux finalistes, avec 36,5 % des voix contre 33,8 % pour « Peak » et 29,7 % pour « Crashout ». L'éditeur n'a pas précisé combien de personnes ont participé au tour final, mais indique qu'environ un million de jeunes ont rejoint l'opération depuis son lancement. Le vote est ouvert aux jeunes de 11 à 20 ans.
- Ragebait
- 36.5 %
- Peak
- 33.8 %
- Crashout
- 29.7 %
Ce que signifient les finalistes
« Peak » se traduit par « Gipfel » (sommet) et désigne ce qui se fait de mieux, tandis que « Crashout » signifie « Absturz » (chute) et décrit une personne qui perd complètement contenance. Deutsche Welle note que les trois finalistes sont des emprunts à l'anglais, une configuration qui, selon la chaîne, ne s'était pas produite depuis 2023. Le vainqueur de l'an dernier était « das crazy », que Langenscheidt avait décrit comme une « arme universelle du mutisme » employée quand aucune réponse adéquate ne vient à l'esprit. Le concours existe depuis 2008, année où « Gammelfleischparty », terme péjoratif désignant les soirées pour les plus de 30 ans, l'avait emporté pour la première édition. Artur Raiser, responsable marketing chez PONS Langenscheidt GmbH, a souligné l'écart réduit du résultat.
Le résultat serré montre que les trois termes ont une place bien établie dans le vocabulaire de la génération Z et de la génération Alpha.
La vidéo de Daubner
Vendredi, une vidéo de la présentatrice Susanne Daubner, 65 ans, a été publiée sur le compte Instagram de Tagesschau. On l'y voit sembler annoncer le vainqueur, puis consulter son agenda numérique et déclarer s'être trompée de date. Elle énumère d'autres rendez-vous supposés, comme un « Gundula-Gause-Cosplay » et une « GTA-IV-Überraschungs-Release », avant de conclure. Ses derniers mots étaient :
Désolée les amis, je reviendrai demain, mais peut-être le savez-vous déjà maintenant.
ARD et ZDF s'étaient livrés à un concours sur les réseaux sociaux pour savoir qui produirait la meilleure introduction avant l'annonce de samedi, et de nombreux internautes se sont demandé si la chaîne n'avait pas divulgué le vainqueur. Des commentateurs ont qualifié Daubner de « reine du Ragebait », et RP Online rapporte que les fans ont salué le clip. RP Online décrit aussi Daubner comme une présentatrice culte de l'annonce du mot jeunesse depuis plusieurs années, et indique que les fans avaient protesté lorsqu'elle avait un jour envisagé de cesser d'expliquer le mot sur les réseaux sociaux.
Un linguiste sur la portée du mot
Jannis Androutsopoulos, linguiste à l'université de Hambourg, estime que le terme a dépassé ses origines dans la langue des jeunes sur les réseaux sociaux. RP Online donne l'exemple d'une personne qui, chez elle, agace délibérément ses parents pour les faire sortir de leurs gonds. Selon lui, de tels mots ne peuvent prétendre au titre de mot jeunesse qu'une fois qu'ils quittent leurs domaines d'usage d'origine.
De tels mots ne peuvent prétendre être des mots jeunesse qu'une fois qu'ils quittent leurs domaines thématiques d'origine.
Comment la présélection a été constituée
Les jeunes de 11 à 20 ans peuvent proposer des termes depuis la fin mai, et un jury sélectionne un top 10 parmi les propositions. Les dix initiaux comprenaient « Digga », « Schere » et le mème « 67 », qui n'a pas de signification unique claire. La sortie du mème de la course a surpris les organisateurs, qui affirmaient avoir été pratiquement certains qu'il figurerait dans le top trois. Les trois finalistes ont ensuite été départagés par le vote en ligne, et l'éditeur n'a pas communiqué le nombre de voix exprimées lors de ce tour.


