Gouvernement · Varsovie

Le Sénat polonais adopte deux projets de loi sur l'avortement et les transmet au président Nawrocki

Le Sénat a approuvé un projet rétablissant le motif d'interruption de grossesse en cas de grave malformation fœtale et un projet dépénalisant l'aide à l'avortement. Les deux textes sont désormais transmis au président Karol Nawrocki, qui doit décider de les signer.

Texte IA fondé sur les articles de Rzeczpospolita, Nasz Dziennik, TVP Info et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Varsovie · Pologne
Comment on en est arrivé là
  1. 22 oct.L'arrêt du Tribunal constitutionnel supprime le motif de la malformation fœtale
  2. juillet 2024Le projet de dépénalisation de Lewica et de la KO n'obtient pas de majorité à la Diète
  3. 20 oct.La Diète adopte les deux projets de loi sur l'avortement
  4. 6 nov.Le Sénat approuve les deux textes sans amendement

Le Sénat approuve les deux textes

Le Sénat polonais a approuvé vendredi 6 novembre 2026 deux projets de loi relatifs à l'avortement, désormais transmis au président Karol Nawrocki. La Diète les avait adoptés le 20 octobre 2026 et les sénateurs ont voté sans amendement. Le projet rétablissant le troisième motif d'avortement a été adopté par 58 voix pour, 33 contre et 3 abstentions. Sur la modification du code pénal dépénalisant l'aide à l'avortement, Rzeczpospolita rapporte 56 voix pour et 34 contre, tandis qu'oko.press rapporte 54 pour et 34 contre. Oko.press indique que la coalition a majoritairement voté pour la modification du code pénal, Kazimierz Michał Ujazdowski et Jan Libicki, de Trzecia Droga, s'étant écartés de la ligne du groupe.

Vote du Sénat sur le rétablissement du motif de la malformation fœtale
Pour
58
Contre
33
Abstentions
3

Données tirées du texte de l’article

Le rétablissement du motif de la malformation fœtale

Le second projet modifie la loi de 1993 sur la planification familiale afin de rétablir la possibilité d'interrompre une grossesse lorsque des examens ou d'autres constatations médicales montrent une forte probabilité d'une malformation fœtale grave et irréversible, ou d'une maladie incurable menaçant la vie du fœtus. Ce motif n'est plus applicable depuis janvier 2021, après l'arrêt du Tribunal constitutionnel du 22 octobre 2020 qui l'a déclaré inconstitutionnel. Cette décision avait déclenché des manifestations dans de nombreuses villes polonaises. Selon le projet, une femme aurait droit à une interruption gratuite dans un établissement conventionné par le Fonds national de la santé, ou hors hôpital en cas d'usage d'un médicament, sous réserve que son état de santé ne l'exclue pas. Après une interruption, elle pourrait également bénéficier d'un soutien psychologique hors file d'attente pendant six mois. Oko.press note que Trzecia Droga, composée du PSL et de Polska 2050, a déposé ce projet en 2024 et qu'il n'avait jamais été examiné avant ce vote.

La dépénalisation de l'aide à l'avortement

Le premier projet abroge l'article 152 §2 du code pénal, qui punit le fait d'aider une femme à interrompre sa grossesse en violation de la loi ou de l'inciter à le faire. Oko.press explique que cela concerne notamment les partenaires, les membres de la famille et les organisations sociales. L'article 152 §1, qui s'applique au personnel médical pratiquant l'intervention, reste en vigueur et prévoit jusqu'à trois ans d'emprisonnement. Un paragraphe ajouté lors des travaux à la Diète, le §4, exempterait médecins, infirmiers et sages-femmes de responsabilité pénale dans des situations déterminées liées à des actes médicaux protégeant la vie ou la santé d'une femme enceinte, ou lorsqu'une malformation fœtale grave ou une maladie incurable est hautement probable.

Contexte et suites

Le projet de dépénalisation avait été déposé une première fois en juillet 2024 par Lewica et la Koalicja Obywatelska, mais il n'avait pas obtenu de majorité à la Diète et avait échoué. Oko.press rapporte qu'il a été redéposé quelques jours plus tard, initialement pour supprimer les deux paragraphes de l'article 152, avant que la suppression du §1 ne soit abandonnée au cours des travaux sur le texte. Après cet échec de 2024, Donald Tusk avait déclaré que la loi sur l'avortement ne pourrait pas être modifiée pendant la législature en cours. Une année électorale a désormais commencé, et l'avortement figurait parmi les promesses clés de la coalition, ce qui a ramené le sujet devant le Parlement et conduit à ces votes. Oko.press doute que le président Karol Nawrocki signe les textes.

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Sources et contexte

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