Le Bundestag doit voter jeudi 15 octobre sur la réforme des urgences en Allemagne
Le texte orienterait les appelants dont les troubles ne sont pas urgents vers le service de garde 116117 et enverrait les patients vers des centres d'urgence intégrés dans les hôpitaux. Médecins et fédérations hospitalières doutent qu'il désengorge les services d'urgence.
Ce que la réforme changerait
Le Bundestag doit débattre et voter sur la réforme des urgences jeudi 15 octobre, le point étant inscrit à 9h00 en tête de l'ordre du jour, selon la Berliner Zeitung. La coalition noir-rouge CDU/CSU-SPD porte le texte, et tagesschau rappelle qu'il s'agit du troisième gouvernement d'affilée à tenter une réforme des urgences. L'objectif est que seuls les patients ayant réellement besoin de soins aboutissent dans les services d'urgence. Toute personne appelant le 112 ou le numéro de garde 116117 recevrait une première évaluation médicale selon des critères uniformes, qui décide entre une ambulance, un cabinet de garde, une consultation vidéo ou une visite à domicile. Les secours n'emmèneraient plus automatiquement chaque patient dans n'importe quelle clinique et soigneraient les personnes sur place lorsque c'est possible, selon la NDR.
Dans les hôpitaux ou à proximité, des centres d'urgence intégrés (INZ) réuniraient le service d'urgence et le service de garde conventionné sous un même toit, avec un accueil central décidant si un patient nécessite une prise en charge hospitalière. Handelsblatt avance un chiffre de plus de 700, tandis que tagesschau cite environ 750, et les articles n'expliquent pas cet écart. Le ministre fédéral de la Santé Carsten Linnemann (CDU) a résumé l'objectif dans des propos publiés par Bild.
Toute personne en situation d'urgence doit être aidée rapidement.
Les doutes des hôpitaux et des médecins
Marc Schreiner, directeur général de la Fédération hospitalière de Berlin (BKG), estime que Berlin aura besoin d'au moins un INZ par arrondissement, et peut-être de deux dans les zones densément peuplées. La BKG table sur 12 à 20 centres dans la ville, selon la Berliner Zeitung. M. Schreiner salue l'approche du triage mais affirme que la réforme restera insuffisante si les médecins de ville ne peuvent garantir suffisamment de soins ambulatoires.
Pour Berlin, nous estimons qu'il doit y avoir au moins un INZ par arrondissement.
L'Association des médecins conventionnés de Berlin (KV Berlin) objecte que les patients pourraient toujours décider seuls de se rendre aux urgences sans évaluation. En Basse-Saxe, Andreas Hammerschmidt, deuxième président du Marburger Bund et chirurgien traumatologue, soutient que les évaluations téléphoniques n'ont aucune force contraignante. La NDR rapporte qu'il craint que la loi ne devienne un « zahnloser Tiger », un tigre édenté, incapable de soulager les services d'urgence. Les grandes organisations d'aide et de secours réclament aussi des améliorations, selon tagesschau.
Soutiens et questions ouvertes
Janosch Dahmen, élu écologiste chargé de la santé et lui-même médecin urgentiste, soutient de nombreux éléments de la réforme et y voit des améliorations considérables par rapport à la situation actuelle. N-tv titre sur son évaluation en avertissant que la réforme pourrait n'aboutir à rien. Le ministre de la Santé de Basse-Saxe, Andreas Philippi (SPD), qualifie le texte d'important et ciblé, mais affirme que le financement des secours reste flou. Il souhaite aussi que les Länder aient voix bien plus prépondérante dans l'attribution des INZ.
Le projet de loi contient à cet égard des approches importantes et pertinentes.
La NDR rapporte que les sites des INZ de Basse-Saxe doivent être fixés dans les six mois, et que les centres devraient couvrir 95 pour cent de la population en 30 minutes.
Coûts et attentes
N-tv rapporte que les appelants dont les cas sont moins aigus seraient redirigés de la ligne d'urgence vers le service de garde, et que les économies espérées, de l'ordre de plusieurs milliards, doivent contribuer à stabiliser les cotisations de l'assurance maladie légale. Les experts estiment qu'environ 30 pour cent des patients n'ont pas leur place dans un service d'urgence, selon tagesschau. M. Linnemann fait porter la responsabilité sur la régulation conçue par les politiques plutôt que sur les patients. Berlin compte déjà six cabinets de garde KV pour adultes et cinq pour enfants et adolescents à côté des services d'urgence, selon la Berliner Zeitung.