
L'administration fiscale roumaine ANAF cible les achats de luxe des entreprises et les dépenses de loisirs
L'Agence nationale d'administration fiscale a annoncé des contrôles ciblés visant les entreprises roumaines qui utilisent des fonds sociaux pour des biens de luxe personnels et des équipements de loisirs privés, en s'appuyant sur les données de RO e-Factura et du SAF-T.
Cibler le luxe personnel dans les bilans des entreprises
Le 1er octobre 2026, l'Agence nationale d'administration fiscale de Roumanie (ANAF) a annoncé le lancement de contrôles fiscaux ciblés contre les entreprises ayant acheté des biens de luxe ou financé des équipements de loisirs. L'initiative porte sur des acquisitions dont les coûts ont été intégralement supportés par des personnes morales, sans lien justifié avec leur activité commerciale. Les inspecteurs fiscaux examineront l'usage opérationnel des biens de luxe inscrits à l'actif des entreprises afin de déterminer s'ils génèrent des revenus imposables. L'agence cherche notamment à savoir si ces actifs sont détournés au profit personnel d'actionnaires, d'administrateurs ou de personnes proches d'eux. Un examen particulier portera sur les aménagements de loisirs et les rénovations résidentielles réalisés directement dans les résidences privées de propriétaires et de dirigeants d'entreprise. Lorsque les actifs ne servent pas l'activité économique, la législation sur l'impôt sur les sociétés interdit la déduction des dépenses d'acquisition et le remboursement de la TVA en amont.
Détection numérique via e-Factura et SAF-T
Les mesures de contrôle à venir reposent sur des évaluations automatisées des risques qui croisent les données de plusieurs instruments de déclaration obligatoires. Les vérificateurs examineront les informations issues des déclarations fiscales périodiques, des fichiers D406 SAF-T (Standard Audit File for Tax) et des factures électroniques transmises via le système national RO e-Factura. En combinant ces bases de données numériques centralisées, l'administration fiscale peut suivre les transactions déclarées directement par les entreprises au cours des dernières périodes. Ce recoupement permet de détecter les écarts entre l'activité déclarée et les achats réels. Les inspecteurs peuvent ainsi isoler les écritures portant sur des biens de consommation haut de gamme, des véhicules de luxe et des équipements de loisirs privés qui ne correspondent pas aux besoins courants de l'entreprise déclarante.
Portée des contrôles de dépenses et des déductions
Le cadre de contrôle établit quatre priorités de vérification distinctes. Premièrement, les inspecteurs vérifieront si chaque acquisition de luxe est justifiée par l'objet d'activité statutaire de l'entreprise. Deuxièmement, les équipes examineront la légalité et l'exactitude des déductions de TVA en amont réclamées sur les coûts d'acquisition. Troisièmement, les contrôles porteront sur les déductions d'exploitation appliquées au calcul de l'impôt sur les sociétés, en évaluant notamment les amortissements, l'entretien courant, le carburant et les réparations. Quatrièmement, l'ANAF déterminera la qualification fiscale des avantages personnels accordés à des partenaires, administrateurs ou salariés qui utilisent des biens de luxe de l'entreprise à des fins privées. L'absence de déclaration de ces avantages comme revenus imposables constitue un point central du contrôle.
Exemptions sectorielles et rectification volontaire
L'administration fiscale a souligné que l'achat de biens de luxe ne constitue pas un indicateur automatique d'irrégularités dans l'ensemble du secteur. Les entreprises exerçant une véritable activité commerciale dans des secteurs comme le tourisme, l'hôtellerie, les équipements sportifs, les loisirs, la location immobilière ou la gestion d'investissements restent pleinement fondées à déduire les coûts liés à leurs actifs professionnels en vertu du droit en vigueur. Pour limiter leur exposition, l'ANAF a conseillé aux entreprises ayant déduit à tort de la TVA ou des dépenses de déposer des déclarations rectificatives avant l'ouverture des procédures de contrôle formelles. L'agence a souligné que la conformité volontaire et la correction anticipée des erreurs de déclaration réduisent les coûts globaux par rapport aux pénalités cumulées et aux rappels d'impôt établis après un contrôle.

