Diplomatie · Cork et Dublin

Le projet de Fine Gael chiffre le coût de la réunification irlandaise entre 3,2 et 25 milliards d'euros la première année

La modélisation des coûts du parti situe la facture de la première année entre environ 3,2 et 25 milliards d'euros, et propose un ministre Nord-Sud, un fonds souverain et une instance inscrite dans la loi pour gérer la transition.

Texte IA fondé sur les articles de Irish Examiner, Irish Independent, Financial Times News et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Cork, Dublin · Irlande
Comment on en est arrivé là
  1. Quelques jours avant l'ard fheisLe Taoiseach Micheál Martin annonce une Future Studies Initiative sur les scénarios de réunification
  2. 7 nov.Fine Gael publie son Blueprint for a Unified Ireland lors de l'ard fheis à Cork
  3. Samedi soir 7 novembreSimon Harris déclare devant la conférence de Cork que le document ouvre une conversation

Ce que propose le document

Fine Gael a publié son « Blueprint for a Unified Ireland » lors de son ard fheis à Cork, le samedi 7 novembre. La modélisation des coûts a été préparée par l'économiste Stephen Kinsella, qui conseille le Tánaiste Simon Harris, et elle décline quatre architectures pour une île unifiée : « unitaire », « fédérale », « intégration encadrée » et « coût élevé », chacune comparée au statu quo. La modélisation situe le coût de la première année pour les finances publiques entre environ 3,2 et 25 milliards d'euros, le Financial Times arrondissant le bas de la fourchette à 3 milliards.

Estimations du coût de la réunification irlandaisemds €
Première année, estimation basse
3.2 mds €
Première année, estimation haute
25 mds €
25e année, scénario à coût élevé
41.2 mds €

Données tirées du texte de l’article

La fourchette dépend de l'architecture retenue, du maintien ou non par le gouvernement britannique des pensions accumulées et des intérêts de la dette, et de la façon dont sont harmonisés les salaires, les pensions et les services publics. Le scénario le plus défavorable, dit à coût élevé, porte la facture à 41,2 milliards d'euros pour la 25e année après la réunification. Kinsella souligne qu'il n'existe « pas de coût unique et figé de la réunification » et qu'un accord avec Londres est déterminant pour ces estimations.

Le parti propose aussi un ministre délégué aux relations Nord-Sud au sein d'une unité dédiée au Department of An Taoiseach, ainsi qu'un fonds souverain destiné à couvrir les coûts de transition. Il créerait également une instance indépendante, soutenue par le gouvernement et interpartis, inscrite dans la loi, présidée par une personnalité indépendante, pour cinq ans avec une possibilité de prolongation de deux ans.

Croissance et coût de la transition

L'analyse de Kinsella fait de la croissance économique le facteur décisif. La croissance annuelle de l'Irlande du Nord a été en moyenne d'environ 1,3 % depuis le début des années 2000. Dans le scénario d'intégration encadrée, où les salaires du secteur public et la protection sociale sont progressivement alignés, où les dépenses d'infrastructures augmentent et où certains services publics fonctionnent en parallèle pendant que les institutions fusionnent, la région aurait besoin d'une croissance annuelle d'environ 3 % à 4,7 % pour financer l'emprunt de transition sur 25 ans. À 2 % par an, aucune architecture ne rembourse cet emprunt en 25 ans, soutient-il.

« Un plan de réunification doit d'abord être un plan pour une croissance plus rapide en Irlande du Nord. »

Stephen Kinsella, économiste auteur de la modélisation des coûts du document

Il cite les eaux usées, le réseau électrique et les transports, ainsi que les compétences, la productivité des entreprises locales et la recherche-développement. Le gouvernement décentralisé d'Irlande du Nord a des ambitions dans ces domaines mais a manqué de financements ou de volonté politique pour progresser sensiblement. Kinsella se penche aussi sur la réunification allemande, relevant que la convergence a repris après 2011, a été la plus rapide de 2012 à 2019, s'est interrompue avec le Covid et ralentit depuis, en particulier hors de Berlin.

Réactions politiques

Emer Currie, députée (TD) qui a coordonné le document, écarte l'idée que les coûts puissent saper le soutien de l'opinion. Selon elle, la population est prête à financer la réunification.

« Je pense que les gens sont prêts à payer le coût d'une île unifiée. »

Emer Currie, députée

Simon Harris, également vice-Premier ministre et ministre des Finances, a déclaré samedi soir devant la conférence de Cork que le document marquait le début d'une conversation et non sa fin. Quelques jours plus tôt, le Taoiseach Micheál Martin avait annoncé une Future Studies Initiative chargée d'examiner trois scénarios : une Irlande réunifiée gouvernée depuis Dublin, un État fédéral où les institutions nord-irlandaises restent à Belfast, et le statu quo. L'initiative ne retiendra pas d'issue préférée.

La ministre des Affaires étrangères Helen McEntee a indiqué que Fine Gael n'a pas l'intention de présenter des candidats en Irlande du Nord, mais souhaite de vraies discussions sur ce que pourrait être une Irlande unifiée. La cheffe du Sinn Féin, Mary Lou McDonald, a salué le document et appelé Harris à associer les partis d'opposition, les partis du Nord, la société civile et la diaspora.

« L'avenir de l'Irlande est bien trop important pour être enfermé dans des clivages partisans. »

Mary Lou McDonald, cheffe du Sinn Féin

Le test plus large de Fine Gael

L'éditorial de l'Irish Times inscrit le document dans un problème d'identité plus vaste. Le soutien à Fine Gael a été divisé par deux depuis 2011 et la popularité personnelle de Harris est en recul. Le parti cherche un renouveau sous les mots « stabilité et réforme ». Le discours télévisé de Harris a réclamé des sanctions pour ceux qui font de l'allocation chômage un mode de vie. Un sondage publié ce week-end place le Democratic Unionist Party à 14 %, son plus bas niveau en cinq ans, sur fond de sa gestion d'une marche de l'Ordre d'Orange prévue, le parti étant le plus grand groupe pro-britannique d'Irlande du Nord.

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Sources et contexte

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