Sécurité · Dublin
Le Dáil irlandais vote par 79 voix contre 71 la suppression de l'approbation de l'ONU pour les déploiements de troupes
Le texte porte aussi de 12 à 50 le nombre de membres des Forces de défense pouvant être déployés sans approbation du Parlement. Les partis d'opposition estiment que ce changement fragilise la neutralité militaire irlandaise.
Texte IA fondé sur les articles de Le Temps, Irish Independent, The Irish Times et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
En bref
Le Dáil a voté par 79 voix contre 71, mercredi 21 octobre, en faveur d'un projet de loi de défense (amendement) qui supprime l'étape de l'approbation de l'ONU dans le triple verrou ; le texte passe en commission.
Sans approbation du Parlement, le nombre de membres des Forces de défense pouvant être déployés passerait de 12 à 50, les étapes gouvernementale et parlementaire étant maintenues.
La cheffe du Sinn Féin, Mary Lou McDonald, a accusé le gouvernement de démanteler des garde-fous essentiels et réclamé un référendum, tandis que le chef du Parti vert, Roderic O'Gorman, affirme que le changement supprime un pilier de la politique de défense.
Le Taoiseach Micheál Martin a déclaré que le Conseil de sécurité de l'ONU ne fonctionne plus, et le gouvernement soutient que le maintien de la paix irlandais au Liban cessera avec la fin de la mission de la FINUL plus tard cette année si le système reste inchangé.
Le vote de mercredi
Le Dáil a voté par 79 voix contre 71, mercredi 21 octobre, en faveur d'un projet de loi de défense (amendement) qui supprime l'étape de l'approbation de l'ONU dans le « triple verrou ». Le texte a ensuite été renvoyé en commission après un débat que l'Irish Independent a évalué à trois heures et demie. L'Irish Times a décrit le débat en deuxième lecture comme écourté à moins de quatre heures, et l'opposition a affirmé que cette limitation avait empêché tout examen.
- Pour
- 79 voix
- Contre
- 71 voix
Données tirées du texte de l’article
Ce que le texte change
Selon les règles actuelles, une décision du gouvernement, l'approbation du Dáil et un mandat de l'ONU sont tous nécessaires pour envoyer plus de 12 membres des Forces de défense en mission à l'étranger. Le texte conserve les étapes gouvernementale et parlementaire mais supprime l'exigence onusienne, et il porterait de 12 à 50 le nombre de militaires déployables sans approbation du Parlement. La ministre de la Défense, Helen McEntee, a fait valoir que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, qu'elle a cités comme étant la Russie, la Chine, la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, pouvaient chacun bloquer des déploiements irlandais. Elle a déclaré au Dáil que ce dispositif était une erreur.
« qu'un autre pays, que cinq pays à travers le monde, puisse avoir voix au chapitre sur l'endroit où nous envoyons nos troupes, c'est absolument insensé, et nous devons changer cela. »
Le gouvernement affirme que le Conseil de sécurité n'a approuvé aucune mission depuis 2014 et que les forces irlandaises ont déjà dû se retirer de l'opération Irini et de la FINUL. La mission de la FINUL au Liban prenant fin plus tard cette année, le gouvernement soutient que le maintien de la paix irlandais dans la région cessera si le système actuel est conservé. L'Irlande n'est pas membre de l'OTAN et ses forces de défense comptent un peu plus de 8 000 personnes.
- Plafond actuel
- 12 personnes
- Plafond proposé
- 50 personnes
Données tirées du texte de l’article
Opposition et neutralité
Le Sinn Féin, le Parti vert, Independent Ireland, People Before Profit et les Sociaux-démocrates se sont tous prononcés contre le changement, et l'essentiel de leurs arguments portait sur la neutralité. La cheffe du Sinn Féin, Mary Lou McDonald, a accusé le gouvernement de démanteler des garde-fous essentiels et d'ouvrir la voie à un rapprochement militaire avec l'OTAN. Le chef du Parti vert, Roderic O'Gorman, a déclaré que le changement n'était pas un simple amendement technique mais qu'il supprimait un pilier central de la politique de défense irlandaise en vigueur depuis des décennies. Paul Murphy, de People Before Profit, a qualifié de faux prétexte les inquiétudes sur le Conseil de sécurité, soulignant que le texte autorise aussi un mandat de l'Assemblée générale de l'ONU. Le député d'Independent Ireland Michael Fitzmaurice a déclaré que l'Irlande dépend d'autres pays pour sa défense et s'est demandé qui décidait réellement.
Mary Lou McDonald a réclamé un référendum et appelé le Taoiseach à laisser les électeurs trancher la question.
« Laissez le peuple voter sur ce point, car toute autre solution serait une trahison profonde de la part de votre gouvernement. »
La réponse du Taoiseach et du gouvernement
Le Taoiseach Micheál Martin a rejeté la lecture de l'opposition et déclaré que la réforme visait à maintenir le maintien de la paix irlandais et à préserver une politique étrangère indépendante. Il a accusé Mary Lou McDonald et Paul Murphy de mauvaise foi et rappelé que la Russie détient un siège permanent au Conseil de sécurité malgré son invasion de l'Ukraine. Mardi 20 octobre, les échanges se sont envenimés après que Micheál Martin a donné au Sinn Féin une leçon d'histoire, et il a ensuite accusé le parti d'avoir soutenu le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, une accusation que Eoin Ó Broin, du Sinn Féin, a qualifiée de diffamation scandaleuse.
« Le Conseil de sécurité de l'ONU ne fonctionne plus ; il est paralysé. »
Micheál Martin et Helen McEntee ont tous deux affirmé qu'aucun référendum n'était nécessaire, le changement ne modifiant pas la Constitution. Helen McEntee a fait valoir qu'inscrire une telle règle dans la Constitution rendrait plus difficile pour l'Irlande de réagir à un monde en mutation et de travailler avec des partenaires au sein de l'UE ou au-delà. Elle a ajouté que les députés auraient leur mot à dire au fil de l'examen du texte par le Dáil.
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Sources et contexte
- Le TempsL'Irlande s'affranchit du feu vert de l'ONU pour l'envoi de ses soldats à l'étranger
- Irish IndependentCónal Thomas : Le Dáil vote pour modifier le projet de loi sur le triple verrou après un affrontement houleux et des allégations d'intimidation lors du débatCónal Thomas: Dáil votes to amend Triple Lock bill after fiery clash and claims of intimidation during debate · original en anglais
- The Irish TimesProjet de loi sur le triple verrou présenté au Dáil dans un contexte de colère de l'opposition face à un débat écourtéTriple lock Bill introduced in Dáil amid Opposition anger over curtailed debate · original en anglais
- Irish ExaminerLe Dáil vote pour abolir le triple verrouDáil votes to abolish Triple Lock · original en anglais
- Helen McEntee
- Ministre irlandaise de la Défense, qui a présenté le projet de loi de défense (amendement)
- Micheál Martin
- Taoiseach (Premier ministre irlandais), qui a défendu le changement au Dáil
- Mary Lou McDonald
- Cheffe du Sinn Féin et critique du texte au sein de l'opposition
- Roderic O'Gorman
- Chef du Parti vert, qui affirme que le texte supprime un pilier de la politique de défense
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