Migration · Bad Godesberg, Wiesbaden et Berlin

Destatis : 2,6 millions de personnes d'origine turque vivent en Allemagne, 65 ans après l'accord de recrutement

L'Allemagne comptait environ 2,6 millions de personnes d'origine turque en 2025, alors que l'accord de recrutement de main-d'œuvre de 1961 avec la Turquie fête son 65e anniversaire le 30 octobre.

Texte IA fondé sur les articles de Norddeutscher Rundfunk, Handelsblatt, Der Tagesspiegel et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Bad Godesberg, Wiesbaden, Berlin, Düsseldorf · Allemagne
Comment on en est arrivé là
  1. 30 oct.Signature de l'accord de recrutement à Bad Godesberg
  2. 1973Arrêt du recrutement après la crise pétrolière
  3. 1983Une loi d'aide au retour offre plusieurs milliers de marks aux étrangers qui partent
  4. 29 oct.Destatis recense 2,6 millions de personnes d'origine turque vivant en Allemagne en 2025

Un accord signé à Bad Godesberg

Le 30 octobre 1961, des diplomates allemands et turcs ont signé à Bad Godesberg, près de Bonn, un court accord prévoyant l'envoi de travailleurs turcs en Allemagne de l'Ouest pendant le boom de l'après-guerre. Des accords comparables avaient déjà été conclus avec l'Italie, la Grèce et l'Espagne. Les économistes ne s'accordent pas sur celui qui en a le plus profité. Certains affirment que l'Allemagne répondait à une pénurie de main-d'œuvre qualifiée, d'autres que la Turquie, confrontée à un chômage élevé, a poussé à cet arrangement. Bonn espérait aussi que l'accord lierait davantage la Turquie à l'Europe et à l'Otan.

Arrivée et vie dans les foyers de travailleurs immigrés

Au départ, seuls des hommes célibataires pouvaient venir, pour deux ans au maximum, et les premiers travailleurs sont arrivés en Allemagne de l'Ouest quelques semaines après la signature. Beaucoup étaient des artisans, des agriculteurs, des ouvriers du bâtiment et des manœuvres. Haci-Halil Uslucan, professeur d'études turques à l'université de Duisbourg-Essen, cite des études selon lesquelles 20 à 50 % des arrivants possédaient déjà une qualification, et indique que des enseignants en faisaient partie. Beaucoup de nouveaux venus ont d'abord découvert un ancien abri anti-aérien sous la voie 11 de la gare centrale de Munich, où l'Agence fédérale pour l'emploi tenait un point d'orientation. Les employeurs logeaient les travailleurs dans des baraquements, des halls d'usine ou des bunkers, certains entourés de barbelés, sous des règles strictes sur les repas, la toilette et le repos nocturne.

Des chiffres publiés le 29 octobre 2026

Jeudi 29 octobre 2026, l'Office fédéral de la statistique a indiqué qu'environ 2,6 millions de personnes d'origine turque vivaient en Allemagne en 2025, soit 3,2 % de la population. Environ 1,5 million (56 %) avaient elles-mêmes immigré, et 1,2 million (44 %) étaient nées en Allemagne. Les personnes venues de Turquie vivaient en Allemagne depuis 32,4 ans en moyenne et étaient arrivées à l'âge moyen de 19,6 ans. Un peu moins de la moitié, 48 %, détenaient la nationalité allemande, contre 74 % des descendants nés en Allemagne. Interrogées sur leur principal motif de départ, 944 000 personnes nées en Turquie (64 %) ont cité la famille, 218 000 (15 %) le travail, 146 000 (10 %) la fuite, l'asile ou la protection, et 55 000 (4 %) les études.

Principal motif de départ des personnes nées en Turquiepersonnes
Raisons familiales
944000 personnes
Emploi
218000 personnes
Fuite, asile ou protection
146000 personnes
Études
55000 personnes

Données tirées du texte de l’article

Vagues migratoires et regroupement familial

Les chiffres publiés évaluent les arrivées en provenance de Turquie à 216 000 pour 1961-1973, les années de recrutement. Le nombre est monté à 484 000 pour 1974-1989, une période qui inclut le coup d'État militaire du 12 septembre 1980, et l'office statistique relie cette hausse au regroupement familial et, à partir des années 1980, à un nombre croissant de personnes cherchant une protection pour des raisons politiques. Les arrivées sont ensuite retombées à 409 000 pour 1990-2007 et à 54 000 pour 2008-2013, avant de remonter à 307 000 pour 2014-2025. En 1983, une loi d'aide au retour a versé plusieurs milliers de marks à des étrangers qui partaient, un dispositif que, selon Uslucan, les résidents turcs appelaient la « prime bon débarras ».

Arrivées en provenance de Turquie par période, selon les chiffres publiéspersonnes
1961-1973
216000 personnes
1974-1989
484000 personnes
1990-2007
409000 personnes
2008-2013
54000 personnes
2014-2025
307000 personnes

Données tirées du texte de l’article

Berlin et l'anniversaire

À Berlin, environ 82 000 personnes venues de Turquie se sont installées à Berlin-Ouest dans les douze années suivant l'accord, contre seulement 284 fin 1961. Environ 210 000 personnes ayant un lien avec la Turquie vivent aujourd'hui dans la ville, dont plus de 100 000 ont la nationalité turque. La sénatrice aux Affaires sociales Cansel Kiziltepe, dont le père est arrivé en 1961, soutient un musée qui retracerait l'histoire de la migration dans la capitale. Elle a déclaré à propos de la génération de son père :

« Mon père est venu de Turquie en Allemagne en 1961. Comme beaucoup d'autres, il a travaillé dur, accepté les difficultés et ouvert de nouvelles voies à ses enfants. »

Cansel Kiziltepe, sénatrice aux Affaires sociales de Berlin

Travail, retraites et discriminations

En 2025, 61 % des immigrés d'origine turque en âge de travailler avaient un emploi, contre 77 % de l'ensemble de la population de cette tranche d'âge. Les personnes d'origine turque représentaient 3,5 % de l'ensemble des actifs et étaient surreprésentées dans le nettoyage, le textile et le cuir et la construction métallique. À la mi-septembre, le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Henrik Wüst, a tenu une cérémonie à l'aéroport de Düsseldorf, où beaucoup d'arrivants avaient atterri 65 ans plus tôt, et a déclaré :

« Ils ont rendu notre pays plus divers, plus ouvert et plus fort. »

Henrik Wüst, ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie

Uslucan affirme que les discriminations envers les personnes d'origine turque restent répandues et cite des études qui situent la pauvreté des personnes âgées à 25 à 30 % chez les immigrés, contre 12 à 14 % chez les Allemands. Il souligne aussi les progrès en matière d'éducation et de représentation politique, citant le ministre-président du Bade-Wurtemberg Cem Özdemir :

« Nous avons des réussites dans de nombreux domaines, c'est-à-dire une progression éducative. »

Haci-Halil Uslucan

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Sources et contexte

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