Migration · Bad Godesberg, Wiesbaden et Berlin
Destatis : 2,6 millions de personnes d'origine turque vivent en Allemagne, 65 ans après l'accord de recrutement
L'Allemagne comptait environ 2,6 millions de personnes d'origine turque en 2025, alors que l'accord de recrutement de main-d'œuvre de 1961 avec la Turquie fête son 65e anniversaire le 30 octobre.
Texte IA fondé sur les articles de Norddeutscher Rundfunk, Handelsblatt, Der Tagesspiegel et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
Destatis a indiqué jeudi 29 octobre 2026 qu'environ 2,6 millions de personnes d'origine turque vivaient en Allemagne en 2025, soit 3,2 % de la population.
48 % des personnes d'origine turque détenaient la nationalité allemande en 2025, contre 74 % des descendants nés en Allemagne.
61 % des immigrés d'origine turque en âge de travailler avaient un emploi en 2025, contre 77 % de l'ensemble de la population de cette tranche d'âge.
Uslucan cite des études situant la pauvreté des personnes âgées à 25 à 30 % chez les immigrés, contre 12 à 14 % chez les Allemands.
Des diplomates allemands et turcs ont signé l'accord de recrutement à Bad Godesberg le 30 octobre 1961, et environ 216 000 arrivées en provenance de Turquie ont suivi jusqu'en 1973.
- 30 oct.Signature de l'accord de recrutement à Bad Godesberg
- 1973Arrêt du recrutement après la crise pétrolière
- 1983Une loi d'aide au retour offre plusieurs milliers de marks aux étrangers qui partent
- 29 oct.Destatis recense 2,6 millions de personnes d'origine turque vivant en Allemagne en 2025
Un accord signé à Bad Godesberg
Le 30 octobre 1961, des diplomates allemands et turcs ont signé à Bad Godesberg, près de Bonn, un court accord prévoyant l'envoi de travailleurs turcs en Allemagne de l'Ouest pendant le boom de l'après-guerre. Des accords comparables avaient déjà été conclus avec l'Italie, la Grèce et l'Espagne. Les économistes ne s'accordent pas sur celui qui en a le plus profité. Certains affirment que l'Allemagne répondait à une pénurie de main-d'œuvre qualifiée, d'autres que la Turquie, confrontée à un chômage élevé, a poussé à cet arrangement. Bonn espérait aussi que l'accord lierait davantage la Turquie à l'Europe et à l'Otan.
Arrivée et vie dans les foyers de travailleurs immigrés
Au départ, seuls des hommes célibataires pouvaient venir, pour deux ans au maximum, et les premiers travailleurs sont arrivés en Allemagne de l'Ouest quelques semaines après la signature. Beaucoup étaient des artisans, des agriculteurs, des ouvriers du bâtiment et des manœuvres. Haci-Halil Uslucan, professeur d'études turques à l'université de Duisbourg-Essen, cite des études selon lesquelles 20 à 50 % des arrivants possédaient déjà une qualification, et indique que des enseignants en faisaient partie. Beaucoup de nouveaux venus ont d'abord découvert un ancien abri anti-aérien sous la voie 11 de la gare centrale de Munich, où l'Agence fédérale pour l'emploi tenait un point d'orientation. Les employeurs logeaient les travailleurs dans des baraquements, des halls d'usine ou des bunkers, certains entourés de barbelés, sous des règles strictes sur les repas, la toilette et le repos nocturne.
Des chiffres publiés le 29 octobre 2026
Jeudi 29 octobre 2026, l'Office fédéral de la statistique a indiqué qu'environ 2,6 millions de personnes d'origine turque vivaient en Allemagne en 2025, soit 3,2 % de la population. Environ 1,5 million (56 %) avaient elles-mêmes immigré, et 1,2 million (44 %) étaient nées en Allemagne. Les personnes venues de Turquie vivaient en Allemagne depuis 32,4 ans en moyenne et étaient arrivées à l'âge moyen de 19,6 ans. Un peu moins de la moitié, 48 %, détenaient la nationalité allemande, contre 74 % des descendants nés en Allemagne. Interrogées sur leur principal motif de départ, 944 000 personnes nées en Turquie (64 %) ont cité la famille, 218 000 (15 %) le travail, 146 000 (10 %) la fuite, l'asile ou la protection, et 55 000 (4 %) les études.
- Raisons familiales
- 944000 personnes
- Emploi
- 218000 personnes
- Fuite, asile ou protection
- 146000 personnes
- Études
- 55000 personnes
Données tirées du texte de l’article
Vagues migratoires et regroupement familial
Les chiffres publiés évaluent les arrivées en provenance de Turquie à 216 000 pour 1961-1973, les années de recrutement. Le nombre est monté à 484 000 pour 1974-1989, une période qui inclut le coup d'État militaire du 12 septembre 1980, et l'office statistique relie cette hausse au regroupement familial et, à partir des années 1980, à un nombre croissant de personnes cherchant une protection pour des raisons politiques. Les arrivées sont ensuite retombées à 409 000 pour 1990-2007 et à 54 000 pour 2008-2013, avant de remonter à 307 000 pour 2014-2025. En 1983, une loi d'aide au retour a versé plusieurs milliers de marks à des étrangers qui partaient, un dispositif que, selon Uslucan, les résidents turcs appelaient la « prime bon débarras ».
- 1961-1973
- 216000 personnes
- 1974-1989
- 484000 personnes
- 1990-2007
- 409000 personnes
- 2008-2013
- 54000 personnes
- 2014-2025
- 307000 personnes
Données tirées du texte de l’article
Berlin et l'anniversaire
À Berlin, environ 82 000 personnes venues de Turquie se sont installées à Berlin-Ouest dans les douze années suivant l'accord, contre seulement 284 fin 1961. Environ 210 000 personnes ayant un lien avec la Turquie vivent aujourd'hui dans la ville, dont plus de 100 000 ont la nationalité turque. La sénatrice aux Affaires sociales Cansel Kiziltepe, dont le père est arrivé en 1961, soutient un musée qui retracerait l'histoire de la migration dans la capitale. Elle a déclaré à propos de la génération de son père :
« Mon père est venu de Turquie en Allemagne en 1961. Comme beaucoup d'autres, il a travaillé dur, accepté les difficultés et ouvert de nouvelles voies à ses enfants. »
Travail, retraites et discriminations
En 2025, 61 % des immigrés d'origine turque en âge de travailler avaient un emploi, contre 77 % de l'ensemble de la population de cette tranche d'âge. Les personnes d'origine turque représentaient 3,5 % de l'ensemble des actifs et étaient surreprésentées dans le nettoyage, le textile et le cuir et la construction métallique. À la mi-septembre, le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Henrik Wüst, a tenu une cérémonie à l'aéroport de Düsseldorf, où beaucoup d'arrivants avaient atterri 65 ans plus tôt, et a déclaré :
« Ils ont rendu notre pays plus divers, plus ouvert et plus fort. »
Uslucan affirme que les discriminations envers les personnes d'origine turque restent répandues et cite des études qui situent la pauvreté des personnes âgées à 25 à 30 % chez les immigrés, contre 12 à 14 % chez les Allemands. Il souligne aussi les progrès en matière d'éducation et de représentation politique, citant le ministre-président du Bade-Wurtemberg Cem Özdemir :
« Nous avons des réussites dans de nombreux domaines, c'est-à-dire une progression éducative. »
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Sources et contexte
- Norddeutscher RundfunkAlmanci : Quand les travailleurs turcs sont arrivés en Allemagne à partir de 1961Almanci: Als türkische Arbeitskräfte ab 1961 nach Deutschland kamen · original en allemand
- Handelsblatt65 ans d'accord de recrutement : Aventure Almanya - Quand les premiers Turcs sont arrivés65 Jahre Anwerbeabkommen: Abenteuer Almanya - Als die ersten Türken kamen · original en allemand
- Der TagesspiegelSociété : Comment les travailleurs turcs sont arrivés à BerlinGesellschaft: Wie türkische Arbeitskräfte nach Berlin gekommen sind · original en allemand
- Deutsche Welle65e année de migration : Voici les Turcs en AllemagneGöçün 65. yılı: İşte Almanya'daki Türkler · original en turc
- Cansel Kiziltepe
- Sénatrice aux Affaires sociales de Berlin, dont le père est arrivé de Turquie en 1961
- Henrik Wüst
- Ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui a tenu une cérémonie du 65e anniversaire à l'aéroport de Düsseldorf
- Cem Özdemir
- Ministre-président du Bade-Wurtemberg, cité comme exemple de progression politique
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