Le parquet de Bruxelles renvoie Jean-Claude Fontinoy en justice dans l'enquête pour corruption à la SFPIM
Le parquet de Bruxelles a clos la première phase de l'enquête sur la société d'investissement publique SFPIM et renvoyé devant le tribunal correctionnel l'ancien président du conseil d'administration, Jean-Claude Fontinoy, pour des paiements présumés occultes.
Le dossier de corruption et le renvoi en justice
Le parquet de Bruxelles a annoncé que la première branche d'une information judiciaire portant sur des faits de corruption publique au sein de la société fédérale de participation et d'investissement belge, la SFPIM, était close. Menée par la division économique et financière de la police judiciaire fédérale de Bruxelles depuis le début de 2026, l'enquête a porté sur les activités de la filiale internationale du fonds, SFPIM International. Le parquet portera l'affaire devant le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles en novembre 2026. La procédure vise l'ancien président du conseil d'administration de SFPIM International, Jean-Claude Fontinoy, 81 ans, ainsi que Thierry Denuit, ancien directeur de l'association qui gère le musée ferroviaire Train World. Pour constituer le dossier, les enquêteurs ont procédé à des vérifications bancaires, à des perquisitions à domicile et à de nombreuses auditions, et ont privé de liberté plusieurs personnes durant la phase préliminaire.
- Un dispositif présumé de rémunération occulte est actif au sein de SFPIM International
- Le parquet de Bruxelles ouvre une enquête pour corruption publique visant la SFPIM
- Le parquet annonce la fin de la première phase de l'enquête après perquisitions et privations de liberté
- L'affaire est fixée pour introduction devant le tribunal correctionnel de Bruxelles
Le mode opératoire des paiements présumés
Les faits de corruption présumés se sont déroulés en 2023 et 2024, durant le mandat de Fontinoy à la présidence du conseil d'administration. Les enquêteurs ont établi que la direction avait organisé un circuit de paiement dissimulé pour rémunérer Denuit pour des travaux de conseil sur des dossiers de candidature au fonds. Le parquet de Bruxelles a détaillé la structure du réseau de transactions dans un communiqué officiel.
Ce modus operandi consistait à rémunérer de manière occulte, par des versements à une association sans but lucratif, les services de préparation d'un dossier de demande de financement auprès de la SFPIM rendus par le conseiller du président du conseil d'administration.
Si la communication officielle du parquet a omis les noms conformément à la procédure habituelle, les inculpations visent précisément Fontinoy et son conseiller. Le parquet a rappelé que tous les prévenus bénéficient de la présomption d'innocence jusqu'à un jugement définitif.
Le parcours de Fontinoy et les contrôles antérieurs
Fontinoy a été pendant plus de vingt ans un proche collaborateur de l'ancien ministre fédéral belge Didier Reynders, au sein des ministères des finances et des affaires étrangères. Les deux hommes se sont rencontrés à la fin des années 1980 à la SNCB, où Fontinoy a ensuite présidé le conseil d'administration. Fontinoy a également travaillé sur des dossiers gouvernementaux en Afrique, notamment en République démocratique du Congo. La mise en accusation actuelle fait suite à des contrôles judiciaires antérieurs, dont des inculpations pour association criminelle et faux dans une affaire de blanchiment liée à Reynders, lui-même formellement inculpé l'année précédente. Des enquêtes antérieures du parquet de Namur ont également examiné des dénonciations anonymes de rétrocommissions inférieures à 25 000 euros versées à l'ASBL Les plus beaux villages de Wallonie, où les comptes de sponsoring privé oscillaient entre 16 000 et 73 000 euros. Fontinoy n'a pas répondu aux demandes de commentaire concernant les dernières inculpations dans le dossier SFPIM.
Les enquêtes se poursuivent au sein du fonds fédéral
Le procès de novembre 2026 ne porte que sur le premier volet de l'enquête plus large menée sur la société fédérale d'investissement. Le parquet de Bruxelles a confirmé que les investigations sur d'autres cas présumés de corruption au sein de la SFPIM se poursuivaient sans interruption. Les autorités judiciaires ont indiqué que la corruption dans le secteur public reste une priorité désignée du parquet de Bruxelles. La division de police économique et financière poursuivra ses audits financiers et ses auditions à mesure que le dossier initial approche de sa première audience.

