Élections · Madrid
Les consulats espagnols se hâtent de dresser la liste des électeurs naturalisés avant l'échéance du 28 octobre fixée par la Cour suprême
Le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, attend des consulats qu'ils remettent à la Cour suprême, d'ici mercredi 28 octobre, une liste de 163 020 Espagnols naturalisés. Lundi 26 octobre, Hazte Oír a demandé à la Cour d'étendre la suspension du vote à leurs enfants majeurs.
Texte IA fondé sur les articles de EL MUNDO, El Confidencial, europa press et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
La Cour suprême a demandé le 23 octobre au gouvernement de remettre la liste des 163 020 Espagnols naturalisés dont le vote est suspendu pour les élections du 29 novembre, les consulats devant envoyer leurs données avant 15 heures le 27 octobre.
Le 26 octobre, l'association a demandé à la Cour d'identifier les enfants majeurs des bénéficiaires naturalisés et d'étendre la suspension à leur encontre, en s'appuyant sur un article d'El Mundo du 25 octobre.
Deux décisions rendues vendredi 23 octobre par la section quatrième de la chambre du contentieux administratif imposent aux consulats et aux commissions électorales provinciales de mettre de côté les enveloppes des électeurs radiés du CERA sans les ouvrir.
La Mesa de la Diputación Permanente du Sénat, à majorité PP, a rejeté lundi 26 octobre la demande de Vox, sur la base d'un rapport juridique de douze pages.
- 26 oct.Hazte Oír demande à la Cour d'étendre la suspension ; le Sénat rejette la demande de Vox sur la Commission de Venise
- 27 oct.Échéance pour que les consulats envoient leurs données par valise diplomatique à Madrid
- 28 oct.Échéance pour que le gouvernement remette la liste à la Cour suprême
Une échéance serrée pour les consulats
La Cour suprême a demandé vendredi 23 octobre au gouvernement de lui remettre avant le 28 octobre la liste des 163 020 Espagnols naturalisés dont le vote aux élections générales du 29 novembre est actuellement suspendu. Selon El Mundo, un consul a indiqué que le calendrier interne est plus strict : les données doivent parvenir au Palacio de Santa Cruz par valise diplomatique avant 15 heures, heure espagnole, le mardi 27 octobre, pour pouvoir être transmises à la Cour le mercredi. Ce même consul a affirmé que les consulats disposaient en réalité de 24 heures de moins que ce que la Cour avait accordé, Mexico étant décalé de sept heures et Buenos Aires de quatre par rapport à l'Espagne.
Travailler à partir de chiffres, pas de noms
Le gouvernement dispose de données statistiques sur les naturalisés, mais pas des noms qui y correspondent, et certains dossiers n'existent que dans des registres papier que le personnel doit vérifier à la main. El Mundo rapporte qu'un outil numérique promis aux consulats à la mi-septembre n'a jamais été pleinement mis en œuvre, si bien que les agents ont constitué la liste dans un tableur Excel après de nombreuses heures supplémentaires. Des sources citées par le journal critiquent ce qu'elles décrivent comme une attitude trop conciliante du ministre. Albares a qualifié le travail de laborieux et complexe, affirmant que la documentation est très rare et que certaines archives comptent des milliers de dossiers.
Lundi matin, Albares a déclaré sur Radio Nacional de España :
« Littéralement, l'ensemble du service extérieur espagnol est mobilisé pour se conformer aux injonctions de la Cour suprême. »
Il a également nié que la Cour suprême cherche à s'immiscer dans le scrutin, jugeant absurde l'idée que le gouvernement veuille un nouvel affrontement avec la justice. Albares et Félix Bolaños pourraient écoper d'une amende si l'injonction n'est pas respectée, un risque que le ministre a évoqué dans un entretien à ABC :
« Le seul intérêt est de se conformer aux injonctions de la Cour suprême. »
Les bulletins des électeurs exclus restent sous scellés
El Confidencial rapporte que deux décisions rendues vendredi 23 octobre par la section quatrième de la chambre du contentieux administratif précisent pour la première fois ce qu'il advient des bulletins des électeurs ensuite radiés du CERA. Les consulats ne peuvent pas rejeter ces votes, mais doivent conserver les enveloppes à part et le consigner dans les procès-verbaux consulaires. En Espagne, les commissions électorales provinciales ne peuvent déposer dans l'urne que les enveloppes des électeurs encore inscrits après l'épuration, les autres n'étant jamais ouvertes ni comptées. Le Bureau du recensement électoral doit d'abord envoyer les documents de vote à toutes les personnes inscrites au CERA clos au 1er août, y compris les personnes concernées, et l'épuration intervient une fois que le gouvernement a remis sa liste.
Hazte Oír demande une suspension plus large
Hazte Oír a demandé lundi 26 octobre à la Cour suprême d'identifier les enfants majeurs des bénéficiaires naturalisés et d'étendre la suspension à leur encontre. L'association s'appuie sur l'arrêt de septembre, qui a constaté un risque fondé et sérieux pour l'objectivité du processus électoral, et soutient que ce risque persiste pour ces enfants majeurs :
« Ce danger persiste s'agissant des enfants des personnes concernées qui, majeurs, remplissent les conditions pour voter et figurent sur le recensement applicable aux élections du 29 novembre. »
L'association affirme que le gouvernement doit remettre cette semaine la liste nominative des bénéficiaires et demande à la Junta Electoral Central et au Bureau du recensement une ventilation des inscriptions au CERA. Elle indique qu'il n'existe aucune estimation pour les enfants, mais cite comme précédent les 195 872 personnes naturalisées par l'intermédiaire de leurs parents au titre de la précédente loi sur la mémoire historique. Elle renvoie aussi à un article d'El Mundo du 25 octobre, selon lequel les enfants de personnes dont le vote est suspendu pourraient encore voter même s'ils ont été naturalisés enfants.
Le Sénat rejette la demande de Vox et l'origine de la loi
Lundi, la Mesa de la Diputación Permanente du Sénat, où le PP est majoritaire, a rejeté une demande de Vox visant à obtenir un rapport urgent de la Commission de Venise. Un rapport de douze pages des services juridiques du Sénat conclut que la Diputación Permanente n'a pas compétence pour une telle initiative une fois les Cortes Generales dissoutes, même si le Sénat lui-même peut solliciter des avis, comme il l'a fait en décembre 2023 sur la loi d'amnistie. Le litige remonte à une disposition de la loi sur la mémoire démocratique qui permettait aux descendants des exilés franquistes d'obtenir la nationalité espagnole. Une instruction gouvernementale a considéré comme exilés tous ceux qui avaient quitté l'Espagne entre le 18 juillet 1936 et le 31 décembre 1955, dispensant les descendants d'en apporter la preuve ; Vox et Iusticia Europa ont contesté cette instruction en nullité.
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Sources et contexte
- EL MUNDOAlbares accélère maintenant en raison de la menace de la Cour suprême sur la loi sur les petits-enfants : exige les données avant 15h00 aujourd'huiAlbares acelera ahora por la amenaza del Supremo en la ley de nietos: exige los datos antes de las 15.00 horas de hoy · original en espagnol
- EL MUNDOHazte Oír demande à la Cour suprême d'étendre la suspension du droit de vote aux enfants des bénéficiaires de la « loi sur les petits-enfants »Hazte Oír pide al Supremo que extienda la suspensión del voto a los hijos de los beneficiados por la 'ley de nietos' · original en espagnol
- El ConfidencialLoi sur les petits-enfants : le vote des exclus arrivera en Espagne et sera tenu à l'écart de l'urne, conservé et non ouvertLey de nietos: el voto de los excluidos llegará a España y quedará apartado de la urna, guardado y sin abrir · original en espagnol
- europa pressHazte Oír demande à la Cour suprême d'étendre la suspension du droit de vote des...Hazte Oír pide al Supremo que extienda la suspensión del voto de la... · original en espagnol
- José Manuel Albares
- Ministre espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, qui supervise les consulats chargés de la liste
- Félix Bolaños
- Ministre espagnol de la Présidence, qui pourrait écoper d'une amende si l'injonction de la Cour suprême n'est pas respectée
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