En bref
L'annonce turque et la réponse grecque
La Turquie a émis un NAVTEX le 20 octobre 2026 pour des levés géophysiques du navire KOBI RUEGG destinés au East to Med Data Corridor (EMC), un câble de données reliant l'Arabie saoudite à l'Europe via la Grèce et Chypre. Les autorités turques ont indiqué que les travaux avaient été coordonnés et autorisés par les instances turques compétentes, et que les levés devaient débuter le 21 octobre 2026 et se poursuivre jusqu'à nouvel ordre. L'annonce utilisait des couloirs de 10 milles nautiques de large, soit 5 milles nautiques de part et d'autre de la ligne, et demandait aux navires de passage de maintenir une distance de 5 milles nautiques du navire de levés.
Le 21 octobre, la station NAVTEX hellénique d'Héraklion a émis un contre-avis, numéroté HA-61 et daté du 202105 UTC OCT 26. Elle y indiquait qu'une station non autorisée avait diffusé le message turc FA41-1032/26 et que la grande majorité des coordonnées, en particulier celles détaillées dans l'annonce, se situent dans le plateau continental grec au regard du droit international et de la loi n° 4001/2011. Le message grec a déclaré l'annonce turque nulle et non active et ordonné son annulation immédiate.
La position juridique grecque
L'annonce grecque précisait que les levés dans la zone du plateau continental grec doivent être réalisés selon les termes de la licence grecque AP. 2461/2.10.2026. Elle indiquait également que les lignes s'étendent dans la zone du service NAVTEX grec, où la station d'Héraklion a la responsabilité exclusive de la diffusion de ces messages. L'avertissement grec reste en vigueur jusqu'à nouvel ordre, selon la relation faite par Naftemporiki de la réponse d'Athènes.
La nouvelle annonce d'Ankara
Un second NAVTEX turc a suivi le 20 octobre, numéroté TURNHOS N/W 1032/26 dans sa version anglaise, qui renvoyait à un avertissement à la navigation connexe MA37-302/26. Ce texte citait les revendications déposées par la Turquie auprès des Nations unies dans une lettre datée du 18 mars 2020 (référence A/74/757). Deux lignes de coordonnées ont été publiées, allant de la mer au sud de Rhodes et à l'est de la Crète jusqu'à un point à l'ouest de Chypre. Les comptes rendus grecs ont relevé que l'annonce elle-même ne constitue pas une reconnaissance internationale des limites revendiquées par Ankara.
Des eaux contestées
Le différend porte sur la question de savoir si les zones de levés relèvent de la juridiction grecque ou turque. La couverture grecque a souligné que les travaux sont couverts par une licence grecque et que les coordonnées se situent dans la zone de responsabilité de la station d'Héraklion. Les annonces turques présentent les levés comme approuvés par ses autorités tout en affirmant des revendications de juridiction sur le plateau continental en Méditerranée orientale. Des médias grecs et chypriotes ont également décrit l'initiative turque comme une contestation de la zone économique exclusive chypriote.