Trump offre des chèques aux électeurs, le pétrole les punit
Suite de l’édition de ce matin.
Donald Trump a lancé à Dallas la campagne républicaine de mi-mandat en promettant 5 000 dollars à chaque citoyen américain adulte si son parti conserve les deux chambres du Congrès en novembre. La promesse coûterait environ 1 200 à 1 300 milliards de dollars hors frais administratifs, à un moment où la dette nationale a dépassé 40 000 milliards de dollars et où le déficit annuel avoisine 1 800 milliards. Il a présenté le projet comme un partage des profits nationaux plutôt qu’une relance, à cette étrange condition que les bénéficiaires dépensent l’argent à l’intérieur des États-Unis.
« Si les républicains remportent la Chambre des représentants et le Sénat des États-Unis, les deux... grâce à notre force et à notre réussite économiques formidables, je verserai un dividende de 5 000 dollars à chaque citoyen adulte des États-Unis d’Amérique. »
Les chiffres se heurtent à la mise en scène. Le vice-président JD Vance a désigné les droits de douane comme source de financement, mais les estimations extérieures évaluent les recettes douanières de l’exercice 2026 à environ 177 milliards de dollars, très loin de la dépense promise. Dans le même discours, il a lié l’élection à la guerre avec l’Iran, dont Donald Trump a dit qu’elle prendrait fin immédiatement après le 3 novembre, alors même que l’Iran faisait état d’attaques contre 10 navires commerciaux près d’Ormuz après que les forces américaines ont coulé cinq pétroliers iraniens. Le Brent s’échangeait au-dessus de 100 dollars, et les flux commerciaux par le détroit d’Ormuz sont passés de 8 à 9 millions de barils par jour avant le 30 août à moins de 2 millions.
Le pari est brutal : transformer une guerre inflationniste en chèque, puis demander aux électeurs de ne pas vérifier le reçu.
D’après : eldiario.es, The New York Times, The Guardian, Bloomberg Business, The Independent, The Atlantic