Brief du soir, vendredi 21 août

Édition du soir, vendredi 21 août, 18:34.

Texte et voix de synthèse générés par l’IA. Comment ce texte est produit

Une édition des archives. Dernière édition

1Santé & Éducation

Ebola dépasse la riposte du Congo

Nouveau

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a fait 2 516 morts parmi 5 290 cas confirmés, et le rythme est devenu effrayant. Le coordinateur des Nations unies Julien Harneis a déclaré que la moitié des décès étaient survenus au cours des 20 derniers jours, tandis que Médecins Sans Frontières a fait état d’un décès toutes les 30 minutes au cours de la semaine écoulée. La souche Bundibugyo, une variante rare sans vaccins homologués ni traitements éprouvés, se propage désormais sur une zone plus vaste que la France.

Bilan de l’épidémie d’Ebola en RD Congopersonnes
  • Cas confirmés5 290
  • Décès2 516
  • Soignants infectés160
  • Soignants décédés43

Trop de chaînes de transmission échappent à la riposte. Les autorités sanitaires estiment que le virus s’est propagé sans être détecté pendant des mois à Mongbwalu après que les premiers cas ont été pris pour le paludisme ou la typhoïde, et les responsables du CDC Afrique estiment que la surveillance n’a détecté que 30 % à 40 % des infections réelles. Moins de 10 % des nouvelles infections proviennent de contacts connus, bien en dessous du niveau de 90 % à 95 % nécessaire pour maîtriser l’épidémie, tandis que plus de 60 % des décès sont survenus en dehors des centres de traitement.

La violence, les rumeurs et le manque de liquidités ralentissent désormais la campagne sanitaire. Plus de 260 attaques contre des agents de santé ont été enregistrées en six mois, huit membres du personnel médical sont morts dans des violences, et 43 agents en première ligne sont décédés après avoir contracté Ebola. Harneis a décrit l’ampleur sans détour.

« L’épidémie se propage dans une zone plus grande que la France, et la flambée progresse plus vite et plus largement que la riposte à Ebola. »

Julien Harneis

Une épidémie qui dépasse le traçage dépasse aussi la politique, et c’est ainsi qu’une urgence locale devient une menace régionale.

D’après : AP NEWS, ANSA.it, Reuters, Ouest France, 7sur7, Irish Independent

2Conflits

Trump serre l’étau sur l’Iran, l’Allemagne découvre une cache soupçonnée d’être russe

Nouveau

Donald Trump a menacé les pays qui maintiennent des liens commerciaux, de transport ou financiers avec Téhéran de sanctions secondaires, faisant du front économique de la guerre contre l’Iran le dernier levier de pression. Washington affirme que les mesures viseraient les bureaux de change, les lignes de swap, les sociétés écrans et les registres maritimes, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié cette décision de terrorisme économique. Le Brent est monté à 94,59 dollars le baril et le West Texas Intermediate a grimpé à 88,81 dollars, les traders intégrant dans les cours un resserrement de l’offre et un détroit d’Ormuz toujours fermé, par lequel transitait environ 20 % du pétrole échangé avant février.

Prix du pétrole après la menace de sanctions contre l’Irandollars par baril
  • Brent94,59
  • West Texas Intermediate88,81

La menace de sanctions met aussi à l’épreuve les partenaires des États-Unis. La Chine achète plus de 80 % des exportations pétrolières iraniennes par voie maritime, tandis que les Émirats arabes unis ont déjà suspendu le commerce bilatéral après avoir fait état de missiles iraniens dans les eaux côtières, une accusation que Téhéran a démentie. Les prix du gaz en Europe ont également augmenté, et les stocks allemands affichent un taux de remplissage d’un peu plus de 50 %, en deçà de la trajectoire nécessaire pour atteindre l’objectif de novembre.

L’Europe a reçu un autre avertissement dans une forêt près de Berlin. Les enquêteurs allemands ont trouvé un conteneur étanche renfermant deux armes de poing et des munitions, ont neutralisé les armes, puis ont surveillé le site pendant des mois avant de conclure que le dépôt avait été abandonné. L’Office fédéral de protection de la Constitution a estimé que les services de renseignement russes étaient à l’origine de cette cache, tandis qu’un suspect a été arrêté en Roumanie et pourrait faire l’objet d’une extradition.

Ces deux affaires témoignent d’un climat stratégique plus sale : la pression circule désormais par les factures de pétrole, les registres maritimes, les boîtes aux lettres mortes et les intermédiaires que l’on peut désavouer.

D’après : ANSA.it, Franceinfo, Courrier international, Ouest France, DIE WELT, Al Jazeera Online

3Diplomatie

L’Europe et la Turquie accentuent la pression sur Netanyahu

Nouveau

La Turquie a demandé à Interpol d’émettre une notice rouge visant Benjamin Netanyahu et le ressortissant israélien Afek Moskovitch, donnant une nouvelle dimension à une procédure nationale qui accuse les deux hommes de génocide et d’autres crimes liés à l’interception de la Global Sumud Flotilla. Les procureurs turcs affirment que les forces israéliennes ont arraisonné environ 50 navires transportant quelque 430 membres d’équipage et militants à l’ouest de Chypre, puis transféré les détenus en Israël avant de les expulser. Le bureau de Netanyahu a rejeté cette initiative et accusé Recep Tayyip Erdogan d’antisémitisme et de soutien au Hamas.

L’Europe a ouvert un second front. L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie ont exigé qu’Israël retire les appels d’offres portant sur plus de 1 200 logements dans le corridor E1, à l’est de Jérusalem, mettant en garde les entreprises contre toute candidature en raison des risques juridiques et réputationnels. Les responsables palestiniens affirment qu’E1 couperait la Cisjordanie en deux, entre le nord et le sud, tandis que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a défendu le projet comme relevant du droit du peuple juif à vivre sur cette terre.

La Pologne a protesté à son tour après que les procureurs militaires israéliens ont clos les poursuites pénales concernant la frappe de 2024 contre un convoi de World Central Kitchen, qui avait tué sept travailleurs humanitaires, dont le ressortissant polonais Damian Soból. Varsovie a convoqué l’ambassadeur d’Israël, exigé des éléments de preuve pour les procureurs polonais et réclamé une indemnisation pour les familles des victimes.

La pression diplomatique reste fragmentée, mais elle est passée des déclarations d’inquiétude aux mandats, aux appels d’offres, aux convocations et à l’argent.

D’après : ANSA.it, Reuters, La Repubblica.it, Il Messaggero, lastampa.it, RFI

4Migration

L’Espagne vide le camp de Ceuta, puis le voit se remplir

Suite de l’édition de ce matin.

La police espagnole a tenté de démanteler un camp de migrants improvisé sur la plage d’El Trampolín, à Ceuta, à 7 h 30 du matin, en dirigeant entre 1 200 et 1 700 personnes vers des hébergements temporaires. En milieu de matinée, l’opération s’était enlisée après le retour d’environ 500 migrants sur la plage, certains rapportant des couvertures au même campement informel. Cette évacuation ratée faisait suite à l’afflux du 30 juillet à la frontière, lorsque 72 000 personnes sont entrées dans l’exclave espagnole et qu’environ 70 000 sont rapidement retournées au Maroc.

Afflux migratoire à Ceuta et suitespersonnes
  • Passés le 30 juillet72 000
  • Renvoyés au Maroc70 000
  • Restants selon le ministère de l’Intérieur5 000
  • Restants selon Ceuta10 000
  • Mineurs estimés2 000

Les chiffres restent contestés, ce qui en dit long. Le gouvernement local de Ceuta affirme que 9 000 à 10 000 migrants demeurent dans une ville de 84 000 habitants, dont environ 2 000 mineurs, tandis que le ministère espagnol de l’Intérieur situe ce nombre autour de 5 000. Madrid prévoit de transférer 500 mineures non accompagnées vers des régions de la péninsule, et la ministre de la Santé Mónica García a défendu cette mesure au nom de la sécurité.

À l’échelle de l’UE, les pays du Nord mettent à l’épreuve, à rebours, le nouveau pacte migratoire de l’Union. La Finlande et la Suède ont rejoint l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse pour préparer ou effectuer des renvois au titre de Dublin vers l’Italie, tandis que la France et l’Espagne ont refusé d’en faire autant et préfèrent les mécanismes de solidarité. L’Italie affirme que de nombreux dossiers plus anciens sont devenus caducs, et les critiques de Giorgia Meloni soutiennent que son affrontement avec l’Espagne au sujet de Ceuta s’est retourné contre elle.

L’équation européenne est cruellement simple : les États frontaliers veulent de l’aide, les États non frontaliers veulent des retours, et les migrants dorment là où ce débat s’effondre.

D’après : El Confidencial, 20 minutos, EL MUNDO, LaSexta, RTVE.es, europa press

5Macroéconomie

Le Trésor double ses rachats alors que la dette américaine dépasse 40 billions de dollars

Suite de l’édition de ce matin.

Le Trésor américain a doublé son programme de rachats d’obligations à 4 milliards de dollars par opération, dans le but d’absorber des titres de dette de 10 à 30 ans moins échangés et de soutenir la formation des prix sur le marché. L’annonce a brièvement fait monter les bons du Trésor, mais le rebond s’est vite dissipé : le rendement à 10 ans est remonté à 4,69 % et celui à 30 ans a atteint 5,23 %. Scott Bessent a déclaré que les rachats pourraient encore augmenter si les conditions le justifient.

Jalons de la dette fédérale américaine en 2026billions de dollars
  • Avril39
  • Août40

Le calendrier était délicat. La dette fédérale a franchi mercredi les 40 000 milliards de dollars, après avoir dépassé les 39 000 milliards en avril, et le Bureau du budget du Congrès s’attend à ce que le déficit annuel dépasse 2 000 milliards de dollars cette année. Bessent a imputé une partie de l’écart à des remboursements temporaires de droits de douane et a indiqué que l’administration pourrait présenter une mesure concernant le déficit dès lundi.

L’intervention fait écho à l’opération Twist, mais l’histoire n’offre qu’un réconfort modeste. Les recherches sur les précédents efforts de gestion des échéances suggèrent que faire baisser les rendements longs exige des achats très importants par rapport au produit intérieur brut, et l’économiste de Jefferies Thomas Simons a déclaré que la démarche paraissait inhabituellement improvisée, car elle intervenait en dehors des annonces habituelles de refinancement. Les coûts d’emprunt à long terme pèsent déjà sur l’immobilier et la dette des entreprises, surtout alors que les investissements dans l’IA et le risque d’inflation lié à l’Iran mettent les marchés de capitaux sous tension.

Le Trésor peut lisser un recoin du marché, mais il ne peut pas racheter la politique d’un bilan de 40 000 milliards de dollars.

D’après : Reuters, Bloomberg Business, The Wall Street Journal, Axios

6Sécurité

La police suédoise déjoue une attaque au sabre dans une école de Fagersta

Nouveau

Un assaillant armé est entré vendredi après-midi dans l’école Brinell, à Fagersta, et a blessé trois personnes avant que la police ne le blesse à la jambe par balle et ne l’interpelle. Le lycée accueille environ 450 élèves âgés de 16 à 20 ans, et les services d’urgence ont reçu la première alerte à 14 h 06 signalant des violences meurtrières en cours. Des ambulances, des voitures de police et un hélicoptère ont été dépêchés, puis les autorités ont déclaré qu’il ne subsistait aucun danger pour le public.

Les responsables médicaux régionaux ont indiqué que deux victimes souffraient de blessures graves et qu’une troisième avait été transportée à l’hôpital, l’état de cette troisième personne n’ayant pas été immédiatement établi. La police n’a pas révélé l’identité des victimes ni évoqué de mobile, et les enquêteurs continuaient de sécuriser l’enceinte de l’école. Jonas Cederberg, directeur régional de la santé et des soins, a livré le premier bilan médical.

« Deux personnes sont grièvement blessées (...) et une troisième est en cours de transport vers l’hôpital. »

Jonas Cederberg

Les autorités de Fagersta ont fermé l’école Brinell pour la journée et placé les établissements voisins en confinement par précaution, tandis que le ministre de la Justice, Gunnar Strömmer, a déclaré que le gouvernement était en lien étroit avec la direction de la police. L’attaque survient un an après une fusillade dans une école à Örebro qui avait tué dix personnes, si bien que le choc ressenti en Suède s’accompagne désormais d’un sinistre écho plutôt que d’une surprise totale.

L’intervention rapide de la police a limité les dégâts, mais chaque attaque contre une école oblige la Suède à se demander si une violence rare est encore assez rare pour qu’elle se sente en sécurité.

D’après : ZEIT ONLINE, 20minutes, Frankfurter Allgemeine, Le Figaro.fr, 20 Minuten, watson.ch/

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