
La Finlande et l'Autriche reprennent les transferts de migrants vers l'Italie dans le cadre des nouvelles règles d'asile de l'UE
La Finlande s'est jointe à l'Autriche, à l'Allemagne et à la Suisse dans la préparation des retours de migrants vers l'Italie en vertu du règlement européen sur la gestion de l'asile et de la migration, suscitant un différend diplomatique avec Rome concernant les arriérés de transferts antérieurs à juin.
Quatre pays européens préparent des transferts de migrants
La Finlande a annoncé le 20 août 2026 qu'elle se préparait à reprendre les transferts de demandeurs d'asile vers l'Italie dans le cadre du règlement européen sur la gestion de l'asile et de la migration (AMMR). Cette décision fait de la Finlande le quatrième pays européen à initier ou préparer des retours vers l'Italie, rejoignant l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse. Les autorités autrichiennes ont confirmé que quatre demandeurs d'asile ont déjà été envoyés en Italie avec des billets de bus et de train fournis par le gouvernement. En Suisse, les autorités ont annoncé leur intention de transférer 652 personnes vers l'Italie après la fin août 2026. Le ministère finlandais de l'Intérieur a déclaré que le règlement européen actif établit la base juridique pour la reprise des transferts.
Il est crucial pour la Finlande que les règles de responsabilité concernant l'examen des demandes d'asile soient appliquées comme prévu et que tous les États membres de l'UE remplissent leurs obligations au titre du Pacte.
- Matteo Piantedosi interrompt les transferts de migrants entrants vers l'Italie par circulaire ministérielle
- Le règlement européen sur la gestion de l'asile et de la migration entre en vigueur
- Les traversées de migrants à Ceuta conduisent l'Italie et l'Espagne à suspendre les règles Schengen mutuelles
- L'Autriche transfère quatre demandeurs d'asile et Rome rejette les demandes de transfert allemandes
- La Finlande annonce la préparation de transferts de migrants vers l'Italie dans le cadre du nouveau pacte
Litige sur la date butoir de mise en œuvre du 12 juin
Un point central de discorde entre Rome et ses homologues d'Europe du Nord est la date butoir pour les retours Dublin. Le nouveau Pacte européen sur la migration et l'asile est entré en vigueur le 12 juin 2026, remplaçant l'ancien cadre Dublin. Le gouvernement italien, dirigé par la Première ministre Giorgia Meloni, maintient que l'Italie n'acceptera que les demandeurs d'asile arrivés après le 12 juin 2026. Rome fait valoir que les cas antérieurs étaient clos dans le cadre d'accords antérieurs, tandis que les pays partenaires cherchent à traiter les retours en attente dans le nouveau cadre. Un différend bilatéral entre Rome et Berlin s'est développé après que l'Italie a rejeté les demandes de transfert pour trois personnes, dont Faduma Abdirisaq Warsame, une ressortissante somalienne de 22 ans arrivée en Allemagne en mars 2026 pour échapper à un mariage arrangé et retrouver sa mère.
Arriérés croissants et contrôles aux frontières Schengen
Entre le 5 décembre 2022 et le 31 décembre 2025, environ 80 000 demandes de prise en charge se sont accumulées pour l'Italie après que le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi a publié une circulaire suspendant les retours Dublin. Au cours des cinq années précédant cette directive, l'Italie avait accepté plus de 17 000 demandeurs d'asile renvoyés. Selon les données d'Eurostat, plus de 24 000 personnes à travers l'Europe pourraient faire l'objet d'un transfert vers l'Italie, mais seulement 85 sont revenues jusqu'à présent. Ces tensions font suite à des tensions frontalières fin juillet 2026, lorsque des milliers de migrants marocains ont traversé l'enclave espagnole de Ceuta. L'Italie a répondu en suspendant temporairement les dispositions Schengen et en rétablissant les contrôles aux frontières avec l'Espagne, ce qui a conduit Madrid à introduire des mesures réciproques.
- Transférés depuis l'Autriche
- 4 personnes
- Total des retours en août 2026
- 85 personnes
- Transferts suisses prévus
- 652 personnes
Négociations diplomatiques et réactions politiques
Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a discuté des contrôles aux frontières et de la protection européenne avec le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul à la suite des différends. Dans le cadre du nouveau pacte, les États membres peuvent remplacer les relocalisations obligatoires par des contributions financières de 20 000 € par personne, une disposition que Rome cherche à utiliser parallèlement aux demandes concernant les migrants secourus par des navires d'ONG étrangères. À Rome, le député centriste Riccardo Magi a critiqué le gouvernement pour s'appuyer sur des mesures agressives plutôt que sur la solidarité européenne. Christopher Hein, professeur de droit de l'immigration à l'Université Luiss de Rome, a observé que l'Italie a soutenu le pacte pour obtenir des dispositions plus larges pour le retour des migrants vers des pays tiers sûrs. Les négociations bilatérales entre Rome, Berlin et d'autres capitales européennes se poursuivent concernant la mise en œuvre des nouvelles règles.


