L’Iran frappe le Koweït et expose la faille hydrique du Golfe
Suite de l’édition d’hier soir.
Des frappes iraniennes ont endommagé vendredi une centrale électrique et de dessalement koweïtienne, déclenchant un incendie et imposant la mise en œuvre de plans d’urgence. Le Koweït a maîtrisé le brasier, mais l’impact a touché une installation de cogénération, si bien que les dégâts infligés aux unités électriques menaçaient aussi la production d’eau. Cela compte dans un pays qui tire environ 90 % de son eau potable du dessalement, et dans une région où des installations similaires jalonnent la côte du Golfe à portée de missiles et de drones.
La frappe a suivi une nouvelle série d’attaques des États-Unis contre des infrastructures iraniennes, notamment des ponts, un aéroport et une gare, selon des informations citées dans les éléments sources. Washington affirme que son blocus et ses frappes visent à rouvrir le détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran dit répondre aux pressions exercées sur sa côte méridionale. Majid Mousavi, commandant de la force aérospatiale du Corps des gardiens de la révolution islamique, a déclaré que les frappes iraniennes se poursuivraient.
« Nos frappes efficaces et ciblées, menées depuis tout le territoire iranien contre l’ennemi, se poursuivront jusqu’à ce que le calme revienne sur la côte méridionale et dans le détroit d’Ormuz. »
Les marchés de l’énergie ont absorbé la dernière escalade avec un Brent autour de 85 dollars le baril, bien en dessous du pic de 118 dollars atteint fin mars, mais assez haut pour maintenir industriels et gouvernements dans la nervosité. Le détroit d’Ormuz acheminait auparavant environ 20 % des approvisionnements énergétiques mondiaux, et le trafic maritime a fortement chuté depuis que l’Iran a fermé la voie d’eau après l’effondrement d’une trêve. La sinistre nouveauté est que l’eau, non le pétrole, pourrait désormais devenir le point de pression le plus immédiat de la région.
D’après : Reuters, The Irish Times, The Independent, Irish Independent, The Economist, The Wall Street Journal