Sécurité · Munich et Chemnitz

Beate Zschäpe, condamnée dans l'affaire NSU, doit rester en prison au moins jusqu'en 2035

La cour d'appel régionale de Munich (Oberlandesgericht München) a fixé à 24 ans la peine minimale de Beate Zschäpe, condamnée pour la série de meurtres du NSU. Ni elle ni le parquet fédéral n'ont fait appel, la décision est donc désormais définitive.

Texte IA fondé sur les articles de Süddeutsche Zeitung, der Standard, N-tv et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Munich, Chemnitz · Allemagne
Comment on en est arrivé là
  1. juillet 2018La cour de Munich condamne Zschäpe comme complice des meurtres du NSU à la réclusion à perpétuité
  2. 27 oct.La cour annonce une peine minimale de 24 ans et refuse la libération avec sursis probatoire
  3. 6 nov.La cour confirme qu'aucun appel n'a été déposé et que la décision est définitive

La cour fixe une peine minimale

La cour d'appel régionale de Munich (Oberlandesgericht München) a fixé à 24 ans la peine minimale que Beate Zschäpe doit purger : elle restera donc en prison au moins jusqu'en 2035. La cour a également refusé de suspendre le reste de sa peine avec sursis probatoire. Zschäpe, 51 ans, est incarcérée depuis novembre 2011 à la prison de Chemnitz, en Saxe. Ni elle ni le parquet fédéral (Bundesanwaltschaft) n'ont contesté cette décision, et la cour a indiqué vendredi 6 novembre que celle-ci était désormais définitive. La décision avait été annoncée le 27 octobre.

Peines minimales en annéesans
Peine minimale légale
15 ans
Demande de la défense (au plus)
20 ans
Peine minimale fixée par la cour
24 ans
Réquisition du parquet fédéral
25 ans

Données tirées du texte de l’article

La condamnation de 2018

Zschäpe a été condamnée en 2018 comme complice des meurtres du NSU à la réclusion à perpétuité. La cour avait également retenu une gravité particulière de la faute, ce qui rendait quasi impossible une libération anticipée après 15 ans. À l'approche de ce seuil, elle a demandé sa libération anticipée et a été transférée de Chemnitz à Munich fin août pour une audience. Son avocat, Mathias Grasel, a demandé une peine totale n'excédant pas 20 ans. La cour a conclu que l'évolution de son comportement en détention ne pesait pas assez lourd pour compenser ce qu'elle a qualifié de degré de culpabilité exceptionnellement élevé.

Circonstances atténuantes et remords

La cour a retenu en sa faveur que Zschäpe a admis savoir, après le premier meurtre à Nuremberg en septembre 2000, que d'autres assassinats étaient prévus. Selon Stern, elle a désormais reconnu être au courant dans neuf des dix meurtres, ce que la cour a porté à son crédit. Pour cette raison, la cour est restée un an en dessous des 25 ans requis par le parquet fédéral. La cour a aussi indiqué que Zschäpe avait exprimé de la honte d'avoir détruit ou gravement brisé la vie de personnes innocentes choisies au hasard. Elle s'est distanciée de l'idéologie national-socialiste qui sous-tendait ces crimes, a noté la cour.

Le NSU et ses victimes

Le Nationalsozialistischer Untergrund (NSU) était une cellule terroriste d'extrême droite formée par Zschäpe, Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt. À partir de 2000, elle a tué dix personnes en Allemagne, dont cinq en Bavière. Neuf des victimes étaient des artisans et commerçants d'origine turque et grecque, la dixième était une policière allemande. Mundlos et Böhnhardt ont aussi commis deux attentats à la bombe à Cologne, qui ont fait des dizaines de blessés. Les deux hommes sont morts en 2011 pour échapper à leur arrestation ; c'est alors que le groupe a été découvert et que Zschäpe s'est rendue à la police. Elle est la seule survivante du trio et a été condamnée comme complice, bien qu'aucune preuve n'établisse encore sa présence sur l'un des lieux des crimes.

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Sources et contexte

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