Gouvernement · Rome
Le gouvernement Meloni nomme l'ancien parlementaire de la Ligue Nuccio Altieri à la tête de l'ANAC, l'autorité anticorruption
Le conseil des ministres italien a lancé jeudi 5 novembre la procédure visant à nommer Trifone « Nuccio » Altieri, ancien parlementaire de la Ligue, président de l'autorité anticorruption. Les partis d'opposition ont qualifié vendredi 6 novembre ce choix de précédent dangereux pour un organisme qui contrôle les responsables politiques.
Texte IA fondé sur les articles de lastampa.it, ANSA.it, Il Fatto Quotidiano et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
Jeudi 5 novembre, le Conseil des ministres a approuvé la procédure de nomination d'Altieri, qui remplacerait Giuseppe Busia. Le mandat de ce dernier a expiré en septembre et il reste en fonction jusqu'à la publication d'un décret présidentiel.
Irene Tinagli (PD) et Sandro Ruotolo ont mené les critiques vendredi 6 novembre, tandis que les parlementaires du M5S citaient le siège du député de la Ligue Giulio Centemero à la CONSOB comme un cas similaire.
Le décret 150 de 2009 exclut les personnes ayant exercé des fonctions partisanes dans les trois années précédant leur nomination. Selon la presse, Altieri a dirigé le département défense de la Ligue jusqu'à il y a quelques mois.
En 2023, Giuseppe Busia avait signalé des risques de favoritisme dans les attributions directes inférieures à 150 000 euros et, selon Sandro Ruotolo, un responsable de la Ligue avait alors demandé sa démission.
- septembre 2026Le mandat du président de l'ANAC Giuseppe Busia expire
- 5 nov.Le Conseil des ministres lance la procédure de nomination d'Altieri
- 6 nov.Les partis d'opposition condamnent la nomination
Le conseil des ministres lance la nomination
Jeudi 5 novembre, le Conseil des ministres italien a approuvé le lancement de la procédure visant à nommer Trifone « Nuccio » Altieri président de l'Autorité nationale anticorruption (ANAC). Il remplacerait Giuseppe Busia, dont le mandat a expiré en septembre. La proposition, formulée par le ministre de l'Administration publique Paolo Zangrillo et présentée conjointement avec le ministre de la Justice Carlo Nordio et le ministre de l'Intérieur Matteo Piantedosi, désigne aussi quatre membres du collège : Ivano Maccani, Eugenio Rubolino, Carmela Margherita Rodà et Maria Rosaria Maugeri. Giuseppe Busia reste en fonction jusqu'à la formalisation de la nomination. Les commissions parlementaires doivent d'abord rendre un avis obligatoire, après quoi la proposition revient au Conseil des ministres avant qu'un décret présidentiel ne rende la nomination définitive.
L'opposition y voit un précédent dangereux
Les partis d'opposition ont réagi vendredi 6 novembre. Irene Tinagli, eurodéputée du Parti démocrate, a déclaré avoir appris la nouvelle avec consternation et incrédulité, et estimé qu'aucun responsable politique n'avait jamais été placé à la tête d'une autorité qui surveille les responsables politiques.
« C'est une évolution extrêmement grave ; jamais auparavant un responsable politique n'avait été nommé à la tête d'une autorité chargée de contrôler les actes des responsables politiques. »
Elle a ajouté qu'Altieri est un membre de la Ligue proche de Matteo Salvini, vice-président du Conseil, ministre des Transports et chef de la Ligue, dont le ministère figure parmi ceux que l'autorité supervise. Irene Tinagli a également cité Elisabetta Pellegrini, nommée commissaire au troisième pilier du plan de logement Piano Casa, qu'elle a présentée comme la bras droit de Matteo Salvini au ministère des Transports et qui disposerait, selon elle, de larges pouvoirs de dérogation aux règles. Sandro Ruotolo, membre du secrétariat national du Parti démocrate, a qualifié ce choix d'« oxymore politique » et rappelé que la Ligue avait voté la suppression du délit d'abus de pouvoir. Carlo Calenda, chef d'Azione, a écrit sur X que cette décision dépassait largement le clientélisme et était honteuse. Les parlementaires du M5S Federico Cafiero De Raho et Ada Lopreiato ont affirmé qu'il ne s'agissait pas du seul cas, citant le siège du député de la Ligue Giulio Centemero au sein de la commission de l'autorité boursière CONSOB.
Sandro Ruotolo a mis l'accent sur l'indépendance :
« Celui qui contrôle les marchés publics doit pouvoir dire au gouvernement, sans conditionnement, que ses choix sont mauvais. »
Interrogée sur la polémique vendredi, Giorgia Meloni a déclaré que le gouvernement avait pris cette décision parce qu'« il était de notre compétence de le faire ».
Le parcours d'Altieri et les questions d'éligibilité
Altieri est né à Conversano, dans la province de Bari, le 27 septembre 1975. Il a été élu à la Chambre des députés en 2014 sur les listes du Peuple de la liberté, est passé par plusieurs groupes parlementaires, a rejoint la Ligue en novembre 2017 et a quitté le Parlement en mars 2018. Il a ensuite présidé Invimit Sgr, société dans laquelle le ministère de l'Économie détient une participation, et siège au conseil d'administration de Leonardo depuis mai 2023. Un curriculum de 2026 déposé pour un nouveau conseil d'administration de Leonardo le présente aussi comme président de Fincantieri Infrastructure, un poste indiqué comme toujours en cours. Le décret 150 de 2009 interdit de diriger l'autorité à toute personne ayant exercé un mandat électif ou des fonctions partisanes dans les trois années précédant sa nomination. Selon la presse, Altieri a dirigé le département défense de la Ligue jusqu'à il y a quelques mois, ce qui place la compatibilité au cœur des critiques.
Un conflit de longue date avec la Ligue
La Ligue et l'ANAC s'opposent depuis des années. En 2023, Giuseppe Busia avait averti que les attributions directes de marchés de travaux inférieurs à 150 000 euros comportaient un risque de favoritisme, en particulier dans les petites communes. Selon Sandro Ruotolo, un responsable de la Ligue avait alors demandé la démission de Giuseppe Busia, et le porte-parole du parti, Stefano Locatelli, avait jugé ces déclarations graves, inacceptables et mal informées. Sandro Ruotolo a aussi affirmé que le code des marchés publics soutenu par Matteo Salvini avait fait basculer les attributions directes sous 150 000 euros pour les travaux et sous 140 000 euros pour les services et fournitures dans le droit commun. L'ANAC avait auparavant soulevé des objections de procédure sur le pont sur le détroit de Messine, projet phare de Matteo Salvini. La nomination d'Altieri est le dernier épisode de ce différend.
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Sources et contexte
- lastampa.itAltieri à l'ANAC, risques d'incompatibilitéAltieri all'Anac, rischi di incompatibilità · original en italien
- ANSA.itColère de l'opposition face à la nomination d'un ancien député de la Ligue à l'agence anti-corruptionOpposition anger at former League MP's appointment at anti-graft agency - TopNews · original en anglais
- Il Fatto QuotidianoCritiques du code des marchés publics et du pont sur le détroit de Messine : la vengeance de la Ligue qui prend le contrôle de l'ANACCritiche al codice appalti e Ponte sullo Stretto: la vendetta della Lega che mette le mani sull'Anac · original en italien
- ANSA.itTinagli (PD), 'la nomination d'Altieri à l'ANAC est une affaire très grave'Tinagli (Pd), 'nomina di Altieri all'Anac è un fatto gravissimo' - Altre news · original en italien
- Giorgia Meloni
- Présidente du Conseil italien, dont le gouvernement a procédé à la nomination
- Matteo Salvini
- Vice-président du Conseil, ministre des Transports et chef de la Ligue
- Irene Tinagli
- Eurodéputée du Parti démocrate qui a critiqué la nomination
- Sandro Ruotolo
- Membre du secrétariat national du Parti démocrate et eurodéputé qui a critiqué la nomination
- Carlo Calenda
- Chef d'Azione qui a critiqué la nomination
- Lieux
- Italie
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