
Un tribunal français reconnaît les radiations cosmiques et le travail de nuit dans le cas du cancer du sein d'une hôtesse de l'air
Le tribunal judiciaire de Bayonne a reconnu le cancer du sein comme maladie professionnelle pour une ancienne hôtesse de l'air d'Air France, en raison de l'exposition aux radiations cosmiques, au travail de nuit et au tabagisme passif au cours de 12 600 heures de vol.
Décision du tribunal de Bayonne
La chambre sociale du tribunal judiciaire de Bayonne, dans le sud-ouest de la France, a jugé que le cancer du sein contracté par Sophie Lainault, ancienne hôtesse de l'air d'Air France, est une maladie professionnelle. Lainault, âgée de 59 ans et en rémission, a passé 30 ans au sein de la compagnie entre 1989 et 2019. Au cours de cette carrière, elle a accumulé plus de 12 600 heures de vol comme hôtesse et chef de cabine sur des liaisons long-courrier, dont plus de 6 500 heures effectuées de nuit. Le tribunal a confirmé que trois risques professionnels distincts ont contribué à son état : le travail de nuit prolongé, l'exposition aux radiations cosmiques et ionisantes à haute altitude, et le tabagisme passif pendant les vols avant l'interdiction de fumer à bord en 2000.
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Risques professionnels et contexte scientifique
Les juges ont estimé qu'aucun facteur génétique ou lié au mode de vie n'expliquait le cancer de Lainault. Sur les routes polaires long-courrier au départ de Paris, les équipages de cabine sont confrontés à des niveaux accrus de rayonnements provenant de particules solaires et de rayons cosmiques, car le bouclier magnétique terrestre s'affaiblit près des pôles. L'exposition aux radiations cosmiques lors des vols commerciaux de routine a longtemps été considérée comme statistiquement négligeable pour les passagers ordinaires, mais l'exposition cumulée pour les membres d'équipage de carrière atteint des seuils plus élevés. Une étude d'août 2026 de la Harvard Medical School portant sur plus de 500 professions a révélé que les personnels navigants commerciaux et les pilotes présentaient la plus forte proportion de décès par cancer lié aux radiations, se plaçant devant les techniciens en radioprotection nucléaire en douzième position.
- Personnels navigants commerciaux
- 6.9 %
- Pilotes
- 6.7 %
Combat judiciaire et jugement final
Lainault a poursuivi la reconnaissance par le système juridique français pendant deux ans et demi avec le soutien du syndicat CFDT. Deux commissions régionales chargées des maladies professionnelles avaient précédemment rejeté ses demandes, concluant qu'aucun lien de causalité n'existait entre ses conditions de travail et le diagnostic. Le cancer du sein ne figure pas sur le tableau officiel des maladies professionnelles en France, ce qui oblige les demandeurs à établir une causalité individuelle par voie judiciaire. La décision du tribunal de Bayonne est devenue définitive après qu'aucun appel n'a été formé, permettant à Lainault de bénéficier d'une retraite anticipée et du remboursement intégral des traitements médicaux en cours par le système de santé français.
Lainault a commenté l'issue après la finalisation du verdict.
C'est vraiment mon vœu le plus cher que cela ouvre la voie à d'autres femmes qui n'auraient peut-être pas osé jusqu'à présent.
Impact sectoriel et demandes existantes
Air France a déclaré qu'elle n'était pas partie à la procédure judiciaire, qu'elle n'avait pas reçu les motifs des juges, et maintient que la santé et la sécurité de ses employés sont une priorité. La reconnaissance juridique du cancer du sein lié au travail de nuit et aux radiations avait déjà eu lieu en France pour d'autres professions, notamment les infirmières hospitalières, les ouvriers de l'industrie manufacturière et le personnel de sécurité. Entre 30 et 40 demandes de reconnaissance similaires émanant de personnels navigants sont actuellement en cours en France.
L'avocate de Lainault, Elisabeth Leroux, a décrit la portée juridique de la décision.
En France, le lien entre le cancer du sein et certains risques a été établi pour un certain nombre de professions, comme les infirmières, les ouvriers d'usine, les agents de sécurité, mais c'est la première fois pour une hôtesse de l'air en France, à ma connaissance.


