Émeutes en France
Les manifestations organisées samedi 17 octobre dans toute la France contre la hausse du coût de la vie ont dégénéré en émeutes : des bâtiments publics ont été attaqués, des commerces et des magasins pillés. Selon les autorités, environ 1 200 personnes ont été interpellées et 150 policiers blessés. Oko.press avance le chiffre de plus de 2 400 personnes interpellées dans le pays, sans que la couverture ne concilie les deux chiffres. Oko.press rapporte aussi que les protestations, au-delà des actes de vandalisme qui les ont accompagnées, portaient sur l'éducation et les questions sociales.
La vidéo de Tusk sur la migration
Lundi soir 19 octobre, Donald Tusk a publié une vidéo sur X dans laquelle il affirme s'être toujours opposé à une politique migratoire de porte ouverte. Dans la première minute, il demande si la Pologne connaît le « phénomène sombre » visible dans les rues de Paris, et relie les troubles à la migration illégale. Des internautes ont répondu en rappelant un message de 2022 dans lequel Tusk, après la victoire électorale d'Emmanuel Macron, promettait « plus d'Europe en Europe » et prédisait le jour où la Pologne aurait « Paris à Varsovie ». Marcin Przydacz, chef du Bureau de la politique internationale du président Karol Nawrocki, a réagi vivement à la vidéo. Tusk a affirmé que, lorsque Przydacz travaillait au ministère des Affaires étrangères, le trafic de visas « prospérait ».
Les chiffres cités par Tusk
Tusk a déclaré que le gouvernement avait réduit la délivrance de visas de 87 % entre 2026 et 2022, diminué de 69 % les permis de travail pour les étrangers et réduit de 65 % les visas étudiants. Il a aussi affirmé que les expulsions étaient en hausse de 200 % cette année par rapport à 2022. Selon lui, plus de 20 000 passages illégaux de la frontière biélorusse ont réussi en 2022, contre zéro cette année. Tusk a ajouté qu'entre 2018 et 2023 la Pologne délivrait environ un million de visas par an, et que sous le gouvernement PiS 3 000 migrants légaux entraient chaque jour dans le pays. Ce sont ses propres chiffres, tels qu'il les présente dans la vidéo.
- Visas délivrés
- -87 %
- Permis de travail pour les étrangers
- -69 %
- Visas étudiants
- -65 %
- Expulsions
- 200 %
Données tirées du texte de l’article
Réactions et affirmations contestées
Tusk a résumé en une phrase son jugement sur le bilan du gouvernement précédent.
« La politique migratoire du PiS, c'était des mensonges, de la corruption et de l'impuissance. Beaucoup de paroles, beaucoup de haine et zéro efficacité. »
Oko.press écrit qu'aucune information ne montre que les migrants, légaux ou illégaux, formaient un groupe plus important parmi les émeutiers, et qu'aucune statistique n'étaye la suggestion, qu'il attribue probablement à Tusk, selon laquelle les personnes interpellées auraient des origines immigrées, même si elles sont de nationalité française. Des internautes ont aussi rappelé la description antérieure des migrants par Tusk comme « des gens pauvres cherchant une place sur terre ».
L'Espagne et le Conseil européen
Tusk a décrit une « confrontation vive » au sommet du Conseil européen à Bruxelles entre l'Espagne et un bloc formé de la Pologne, de l'Italie et du Danemark. Selon oko.press, le différend portait sur les critiques adressées au plan du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez visant à régulariser le séjour d'un demi-million de migrants installés en Espagne depuis des années, dont beaucoup travaillent dans l'informel. TVP rapporte que la Pologne, l'Italie et le Danemark ont proposé une formulation des conclusions du sommet sur la migration, en opposition à la politique de Sánchez. Oko.press indique que le plan espagnol vise à augmenter les recettes fiscales et à atténuer les pénuries de main-d'œuvre liées aux problèmes démographiques. Tusk a également relié le débat à la crise migratoire à Ceuta et estimé qu'un changement de politique migratoire restait possible dans les pays d'Europe de l'Ouest, ajoutant que le problème était à peine visible en Pologne.