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Gouvernement · Varsovie

Pologne : Tusk et Nawrocki s'affrontent au sujet du Tribunal constitutionnel, le président fixe un délai de six jours

Karol Nawrocki a donné six jours à Donald Tusk pour mettre fin à ce qu'il qualifie de prise de contrôle illégale du Tribunal constitutionnel, un ultimatum sans valeur juridique. La police garde toujours la Cour, où des manifestants se rassemblent jour et nuit.

Texte IA fondé sur les articles de Le Soir, Berliner Zeitung, adevarul.ro et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Photo : W2k2, CC BY 4.0 (Wikimedia Commons, recadrée)
Comment on en est arrivé là
  1. 30 oct.La juge Anna Korwin-Piotrowska suspend le président du tribunal Bogdan Swieczkowski et son adjoint Bartlomiej Sochanski ; des policiers sont déployés
  2. 3 nov.Huit juges soutenus par la coalition au pouvoir se réunissent sur le budget de la Cour et les procédures disciplinaires ; Nawrocki fixe un délai de six jours dans une allocution télévisée

Comment le bras de fer a commencé

Vendredi 30 octobre, la juge Anna Korwin-Piotrowska, l'une des cinq juges dont la coalition au pouvoir soutenait la nomination, a suspendu le président du tribunal Bogdan Swieczkowski et son adjoint Bartlomiej Sochanski, tous deux soutenus par l'opposition. Des policiers antiémeute ont été déployés et le bâtiment reste depuis bouclé. La situation s'est calmée, mais quelques centaines de partisans de l'opposition continuent de se rassembler jour et nuit devant les grilles. El País rapporte que Nawrocki, qui était en vol vers le Sénégal, a fait demi-tour, atterri à Varsovie et forcé l'entrée du tribunal tandis que des policiers antiémeute gardaient le bâtiment. Le conflit remonte aux années de contrôle du parti Droit et justice (PiS) sur la Cour, et Nawrocki appartient à ce parti.

La position du gouvernement et la réponse de Tusk

Le gouvernement de Donald Tusk affirme que la Cour doit être réformée pour rétablir l'État de droit et répondre aux normes de l'UE en matière d'impartialité, et veut revenir sur les changements opérés par le PiS. Les partisans de Nawrocki accusent Tusk de soutenir un coup d'État. Tusk a rejeté ces accusations et proposé une rencontre privée en tête-à-tête pour apaiser les tensions, mais le Berliner Zeitung rapporte qu'aucune rencontre de ce type n'avait été annoncée jeudi 5 novembre. L'Irish Times note que le gouvernement de Tusk s'est heurté à des vetos répétés de deux présidents successifs alliés à l'opposition. Mardi 3 novembre, les huit juges soutenus par la coalition de Tusk se sont réunis pour approuver le budget de la Cour et discuter de l'ouverture de procédures disciplinaires contre Bogdan Swieczkowski et Bartlomiej Sochanski, selon Adevarul.

Six jours, sans valeur juridique

Le même mardi, Karol Nawrocki s'est adressé à la nation à la télévision à l'ouverture d'une session du Conseil de sécurité nationale, dont les débats se sont tenus à huis clos. Il a donné six jours à Donald Tusk pour arrêter ce qu'il a qualifié de prise de contrôle illégale de la plus haute juridiction du pays, sans réclamer la démission du Premier ministre. Il a déclaré qu'il userait de tous ses pouvoirs constitutionnels pour empêcher ce qu'il a décrit comme une tentative de saper l'ordre constitutionnel, sans préciser quels moyens il entendait employer. Ce délai ne lie personne. La Constitution polonaise ne donne au président aucun pouvoir de révoquer un Premier ministre. Seule la Diète peut le faire, par une motion de censure constructive qui requiert au moins 231 des 460 députés. Le Berliner Zeitung estime que cette initiative offre à Nawrocki un point de ralliement politique pour la fête de l'Indépendance, un peu plus d'un an avant des législatives qui doivent se tenir au plus tard en novembre 2027. Des chercheurs interrogés par EUobserver le 2 novembre, avant l'annonce du délai, estimaient que la droite utilisait la crise pour mobiliser les électeurs autour d'un récit de conflit existentiel.

Rassemblements de l'opposition et la course de 2027

Lors de la manifestation devant le tribunal, le cofondateur du PiS Jarosław Kaczyński et Grzegorz Braun étaient présents et ont posé pour un selfie, bien que Kaczyński ait auparavant exclu tout gouvernement commun avec Braun, selon Adevarul. L'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki et le libertarien Sławomir Mentzen étaient également présents. La vice-présidente de la Confédération Anna Bryłka a déclaré à POLITICO que les programmes des partis diffèrent à bien des égards, mais que mettre fin au gouvernement de Tusk est leur objectif principal commun. La Coalition civique de Tusk arrive en tête de l'agrégateur de sondages de POLITICO, mais ses partenaires plus petits pourraient ne pas entrer au prochain Parlement. Cela ouvrirait la voie au PiS et à d'autres partis de droite, à condition que leurs dirigeants coopèrent.

Les enjeux pour l'Europe

La gestion de la Cour sous le PiS a valu à la Pologne des critiques de la Cour de justice de l'UE sur l'indépendance des juges, et des milliards d'euros de fonds européens dus au pays ont été gelés en conséquence, selon The Irish Times. En 2021, le tribunal a contesté la primauté du droit de l'UE, offrant une couverture constitutionnelle aux réformes contestées du PiS. Des critiques favorables à la réforme avertissent que les méthodes autoritaires de Tusk pourraient encourager de futurs gouvernements à se venger de la même manière. L'Irish Times s'attend à ce que Tusk aille de l'avant malgré tout, des législatives étant prévues l'an prochain.

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