
Trump ordonne à la Marine d'abandonner les catapultes électromagnétiques pour revenir à la vapeur sur les futurs porte-avions
Le président Donald Trump a signé un mémorandum de sécurité nationale le 13 août ordonnant au Pentagone et à la Marine de remplacer les systèmes de lancement d'aéronefs électromagnétiques sur les futurs porte-avions de la classe Gerald R. Ford par une technologie à vapeur et hydraulique plus ancienne, un changement que des experts estiment pouvoir coûter des milliards de dollars.
Le mémorandum
Le 13 août 2026, le président Donald Trump a signé un mémorandum présidentiel de sécurité nationale ordonnant au Pentagone et à la Marine de présenter, dans un délai de 60 jours, un plan visant à remplacer le système de lancement d'aéronefs électromagnétique (EMALS) sur les futurs porte-avions par des catapultes à vapeur et hydrauliques conventionnelles. L'ordre prévoit également le remplacement des élévateurs d'armes électromagnétiques par des systèmes hydrauliques. Trump a qualifié la technologie plus ancienne de « éprouvée » et « fiable », arguant dans le mémorandum qu'une complexité excessive dans les conceptions navales a produit des retards, des dépassements de coûts et une capacité industrielle insuffisante. Le document décrit une « base industrielle navale stagnante » qui rend la construction et la réparation des navires de guerre plus lentes et plus coûteuses, et appelle à privilégier les technologies considérées comme « éprouvées, fiables et abordables ».
Quels navires sont concernés
Le premier porte-avions concerné par la décision serait l'USS Doris Miller (CVN-81), le quatrième navire de la classe Gerald R. Ford, dont la livraison est prévue en 2034. L'EMALS est déjà installé sur le navire de tête de la classe, l'USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde. Deux autres porte-avions de la classe Ford, l'USS Kennedy et l'Enterprise, devraient entrer en service avant le Doris Miller et seraient également équipés de l'EMALS. Le mémorandum cible donc le Doris Miller et tous les porte-avions prévus ultérieurement. Selon le Naval Air Systems Command (Navair) américain, l'EMALS a été conçu pour permettre à la Marine de lancer toutes les plates-formes aériennes embarquées actuelles et futures, des drones légers aux chasseurs d'attaque lourds.
Préoccupations de coût et opérationnelles
Bryan Clark, chercheur à l'Hudson Institute, a déclaré au Wall Street Journal que le changement pourrait coûter des milliards de dollars. Les catapultes à vapeur nécessitent plus d'équipage pour fonctionner et entretenir que l'EMALS. Selon Clark, le Gerald R. Ford nécessite 500 marins de moins et coûte environ 100 millions de dollars de moins par an à exploiter qu'un navire de classe Nimitz (environ 86 millions d'euros). L'infrastructure à vapeur sur les porte-avions plus récents a été modifiée ou n'existe plus, car la vapeur sur les navires plus anciens alimentait également la production d'eau douce et les équipements de cuisine. La Marine a développé l'EMALS spécifiquement pour remplacer les anciennes catapultes à vapeur C-13, visant à réduire le personnel et la maintenance, à accroître la fiabilité et à permettre un contrôle plus précis de la vitesse de lancement.
Critiques des législateurs et de l'industrie
Le sénateur Mark Kelly, démocrate, ancien pilote de chasse de la Marine et astronaute, a accusé Trump d'ingérence dans les affaires militaires dans un message sur X.
J'ai été catapulté depuis des porte-avions des centaines de fois, j'ai une maîtrise en génie aéronautique, je suis pilote d'essai, et même moi je ne présumerais pas dire à la Marine comment concevoir certains systèmes sur leurs navires.
General Atomics, l'entreprise qui construit les catapultes électromagnétiques pour l'USS Doris Miller, a appelé à une « réévaluation prudente » et a averti que le changement pourrait nuire à la préparation, à la sécurité nationale et à l'avance technologique des États-Unis.
L'opposition de longue date de Trump et le contexte international
Trump critique l'EMALS depuis 2017, lorsqu'il a déclaré au magazine Time que le système était « nul » et manquait de la puissance des catapultes à vapeur, affirmant que la Marine devrait revenir à « la vapeur, bon Dieu ». Lors d'une conférence en Pennsylvanie en juillet 2026, il a déclaré que les catapultes électromagnétiques étaient « nettement moins bonnes, trop complexes ». Le mémorandum intervient alors que les forces armées recherchent un financement du Congrès et que la Marine a du mal à recruter suffisamment de marins. Les conflits récents, y compris la guerre en Iran, ont mis en lumière les difficultés liées aux navires vieillissants et aux longs délais de livraison, avec des rapports faisant état de conditions inacceptables à bord de l'USS Abraham Lincoln. La Chine a installé des catapultes électromagnétiques sur son porte-avions le plus récent, et la France prévoit d'équiper son prochain porte-avions, le France Libre (succédant au Charles de Gaulle en 2038), de systèmes électromagnétiques fournis par General Atomics.
- Trump déclare au magazine Time que l'EMALS est « nul » et que la Marine devrait revenir à « la vapeur, bon Dieu »
- Trump déclare lors d'une conférence en Pennsylvanie que les catapultes électromagnétiques sont « nettement moins bonnes, trop complexes »
- Trump signe un mémorandum de sécurité nationale ordonnant le remplacement de l'EMALS par des catapultes à vapeur
- Le Pentagone et la Marine doivent présenter un plan pour remplacer l'EMALS sur l'USS Doris Miller
- L'USS Doris Miller, premier porte-avions concerné par l'ordre, dont la livraison est prévue

