
Rachida Dati s'oppose aux avocats de Renault sur des honoraires annuels de 300 000 euros alors que l'interrogatoire du procès de Paris se termine
L'ancienne ministre française Rachida Dati a conclu quatre jours de témoignage au tribunal correctionnel de Paris après avoir fait face à un interrogatoire serré des avocats de Renault sur ses honoraires de conseil.
Examen des missions juridiques internationales
L'ancienne ministre française de la Justice et de la Culture, Rachida Dati, a été soumise à un interrogatoire serré jeudi 24 septembre, alors que le tribunal correctionnel de Paris examinait ses anciens travaux de conseil pour le constructeur automobile Renault-Nissan. L'avocat de Renault SAS, Philippe Goossens, a demandé à Dati de démontrer la réalité tangible de ses services juridiques dans le cadre d'un contrat d'honoraires avec l'alliance Renault-Nissan BV. Goossens a souligné l'absence de preuves écrites documentant sa production juridique, ce qui a poussé Dati à rejeter les caractérisations qui minimisaient ses contributions professionnelles. Il s'est concentré sur ses missions à l'étranger, notamment un travail de conseil en Turquie pendant les débats parlementaires français sur un projet de loi pénalisant la négation du génocide arménien. Dati a déclaré que l'ancien dirigeant du groupe, Carlos Ghosn, jugé par contumace, craignait des sanctions de fabrication automobile en Turquie, ce qui l'a amenée à expliquer l'indépendance de Renault vis-à-vis de l'État français. Goossens a demandé comment une consultante pouvait expliquer que Renault était séparé du gouvernement français, à quoi Dati a répondu qu'elle avait mis l'accent sur l'alliance d'entreprise avec Nissan. Interrogée sur sa connaissance du droit sud-coréen, Dati a expliqué qu'elle avait été informée par l'ambassadeur de France.
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Escalade des confrontations dans la salle d'audience
L'interrogatoire est devenu de plus en plus conflictuel au cours de la séance du matin, alors que le deuxième avocat de Renault, Kami Haeri, a pressé Dati sur les sanctions des Nations unies contre l'Iran. Haeri a demandé si son travail de conseil comportait des risques juridiques ou des implications pour les otages étrangers détenus à Téhéran. Dati a rejeté cette ligne de questionnement, accusant l'avocat d'adopter un ton paternaliste et de transformer le contre-interrogatoire en une dispute personnelle. Elle a repoussé les suggestions selon lesquelles ses consultations n'étaient que des conversations informelles autour d'un thé, affirmant sa compétence professionnelle en tant que juriste qualifiée. Dati a également affirmé que Haeri avait publié des remarques sexistes à son sujet sur les réseaux sociaux entre 2010 et 2013, proposant de les soumettre au tribunal. La présidente du tribunal, Claire Saas, est intervenue pour demander le calme, a refusé les dépôts de preuves des réseaux sociaux et a ordonné une suspension d'audience de 20 minutes après la persistance des confrontations verbales. Saas a rappelé que les débats devaient rester strictement centrés sur l'acte d'accusation juridique et non sur des griefs personnels.
- Les procureurs financiers contre-interrogent Rachida Dati jusque tard dans la soirée sur les contrats Renault-Nissan
- Les avocats de la partie civile de Renault interrogent Dati sur les missions de conseil en Turquie, en Corée du Sud et en Iran
- La présidente du tribunal Claire Saas ordonne une suspension de 20 minutes de l'audience pour rétablir l'ordre
- Dati conclut quatre jours d'interrogatoire à la barre au tribunal correctionnel de Paris
Conditions financières et accusations de corruption
L'enquête financière menée par le Parquet National Financier français porte sur des allégations de corruption passive et de trafic d'influence passif entre octobre 2009 et février 2013. Les procureurs allèguent que Dati a conclu un accord illicite pour mener des activités de lobbying au sein du Parlement européen alors qu'elle était membre élu de l'assemblée. Selon les termes contractuels avec Renault-Nissan, Dati a reçu des honoraires juridiques totalisant 300 000 euros par an. L'audience de jeudi faisait suite à un contre-interrogatoire intense mercredi 23 septembre, lorsque les procureurs financiers ont interrogé Dati tard dans la soirée. La maire du 7e arrondissement de Paris, âgée de 60 ans, a maintenu que son travail constituait un conseil juridique authentique, pleinement compatible avec son mandat de parlementaire européenne. Son témoignage de jeudi a conclu un interrogatoire de quatre jours à la barre, qui n'était initialement prévu que pour une seule journée.
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