
Royal Mail prévoit de supprimer jusqu'à 2 500 emplois au siège d'ici fin 2027
L'opérateur postal britannique va réduire ses effectifs de siège et de fonctions support de moins de 2 % sur un total de 131 000 salariés, par des départs volontaires et l'attrition naturelle.
Périmètre des suppressions de postes envisagées
L'opérateur postal britannique Royal Mail a annoncé mercredi des propositions visant à supprimer jusqu'à 2 500 postes au sein de son siège et de ses fonctions support d'ici fin 2027. Ces réductions représentent moins de 2 % de l'effectif total de l'entreprise, qui dépasse 131 000 salariés au Royaume-Uni. La direction a confirmé que la restructuration n'affecterait pas le personnel de terrain, épargnant les facteurs et les chauffeurs de transport. L'entreprise entend réaliser cette réduction uniquement par l'attrition naturelle et des dispositifs de départ volontaire, sans licenciements contraints. Des consultations formelles ont été ouvertes avec les organisations syndicales représentatives, dont le Communication Workers Union et Unite CMA, afin d'établir le cadre des départs.
Réforme opérationnelle et pressions du marché du colis
Le plan de restructuration fait suite à des difficultés opérationnelles liées à l'évolution des habitudes de consommation et aux normes de conformité réglementaire du secteur postal. Les volumes de courrier distribué par Royal Mail ont chuté de plus de 70 % par rapport à leur niveau record, tandis que la demande des clients pour une livraison de colis plus rapide continue de croître sur un marché logistique concurrentiel. Le groupe remanie sa structure administrative pour accélérer les processus de décision et mettre en œuvre des réformes de ses obligations de service universel, après un examen réglementaire portant sur des objectifs de livraison non atteints. Le directeur général Alistair Cochrane a exposé les raisons de cette simplification des fonctions support.
Nous travaillons dur pour réduire les coûts et simplifier les processus dans tous les domaines de l'entreprise, alors que nous nous transformons pour gagner sur un marché très concurrentiel.
- Royal Mail est privatisée par le gouvernement britannique
- Daniel Kretinsky accepte de racheter IDS, maison mère de Royal Mail, pour 3,6 milliards de livres
- Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky finalise le rachat d'International Distribution Services
- Royal Mail annonce vouloir supprimer jusqu'à 2 500 postes au siège et dans les fonctions support
- Échéance visée pour la suppression de jusqu'à 2 500 postes de soutien administratif
Actionnariat privé et conditions imposées par le gouvernement
Royal Mail, institution forte de plus de 500 ans d'histoire, fait partie d'International Distribution Services. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a finalisé le rachat de l'entreprise en 2025, après avoir accepté en mai 2024 une acquisition de 3,6 milliards de livres (4,2 milliards d'euros). La vente du réseau postal, privatisé en 2013, a suscité l'attention des parlementaires et des responsables politiques britanniques sur la propriété étrangère d'infrastructures nationales. Pour obtenir l'autorisation réglementaire, le gouvernement britannique a exigé de l'actionnaire des engagements contraignants, dont l'obligation que toute modification du siège social ou du centre opérationnel de Royal Mail reste soumise à son accord. L'entreprise a également dû faire face par le passé à des grèves sur les salaires et à des problèmes persistants de qualité de livraison.
Réactions syndicales et appels à l'action du gouvernement
Les représentants des salariés ont exprimé de vives inquiétudes face au plan de réorganisation, alertant sur ses conséquences plus larges pour le personnel administratif et la qualité du service. Martin Walsh, secrétaire général adjoint du Communication Workers Union, a indiqué que cette réduction d'effectifs supprimera environ 200 postes syndiqués au sein des services administratifs et de protection des recettes. Les responsables syndicaux prévoient de rencontrer les dirigeants de l'entreprise pour contester cette stratégie et réclament une implication formelle des ministres.
Nous rencontrerons la direction pour discuter de cette annonce, qui témoigne une nouvelle fois d'une entreprise qui démoralise son personnel et ne remplit pas ses engagements envers ses clients et la communauté au sens large.


