
Le président Nicușor Dan prépare une coalition menée par un conseiller si le gouvernement Tomac tombe au Parlement
Alors que le soutien parlementaire du Premier ministre désigné Eugen Tomac s'effrite, le président roumain Nicușor Dan se prépare à relancer l'alliance PSD-PNL-USR-UDMR, cette fois avec un Premier ministre issu de son propre cercle de conseillers, selon des sources.
La crise gouvernementale s'aggrave
La crise gouvernementale d'un mois en Roumanie, déclenchée par une motion de censure PSD-AUR qui a renversé le cabinet Bolojan, entre dans une nouvelle phase alors que le Premier ministre désigné Eugen Tomac peine à obtenir une majorité parlementaire. Tomac a essuyé un refus de la part du PNL, de l'USR, de l'UDMR et de l'AUR après que son cabinet proposé a attribué trois ministères clés — le Développement, les Transports et l'Agriculture — à des proches du PSD. Sans se décourager, Tomac a annoncé qu'il irait de l'avant jusqu'à un vote final, attendu la semaine prochaine.
Le plan de secours du président
Si Tomac échoue, le président Nicușor Dan entend proposer un nouvel exécutif issu des anciens partis de la coalition mais dirigé par un loyaliste présidentiel. Des sources citent le conseiller économique Radu Burnete et le ministre des Finances Alexandru Nazare comme candidats possibles au poste de Premier ministre. Ce scénario serait discuté avec les chefs de parti au palais de Cotroceni après la défaite de Tomac.
Après la première tentative, nous devons voir comment avancer, mais à ce stade, nous ne pouvons pas spéculer sur ce qui va se passer. … Si le gouvernement Tomac tombe ou s'il démissionne, les partis politiques doivent demander une consultation avec le président et tous les partis devraient présenter des propositions de Premier ministre, car nous en sommes à la deuxième tentative. Le PNL, le PSD, l'USR, l'AUR et les autres devraient dire quelque chose. Il faut offrir quelque chose au président, car c'est le rôle des partis dans notre construction politique, de proposer, si personne n'a de majorité seul, d'essayer de trouver une formule.
Opposition au sein de l'ancienne coalition
Les dirigeants du PNL et de l'USR ont déjà refusé de renouveler une alliance avec le PSD après la motion de censure qui a fait tomber le gouvernement Bolojan. Une tentative interne au PNL de destituer Ilie Bolojan et de reconstruire la coalition a échoué, seuls quatre membres du bureau ayant soutenu l'idée. L'USR subit une forte pression électorale contre tout compromis avec le PSD. Les efforts antérieurs du président pour faire évoluer les positions des deux partis ont été repoussés par leurs directions.
La bataille difficile de Tomac
Le cabinet de Tomac, largement considéré comme contrôlé par le PSD, a peu de chances de réunir les 233 voix nécessaires. Les refus publics des autres grands partis le laissent dépendant du PSD et d'éventuels transfuges. Le vote parlementaire à venir, attendu dans la semaine, devrait déclencher le scénario de secours du président.
Les échéances économiques et européennes se profilent
La Roumanie doit atteindre des jalons critiques du PNRR d'ici le 31 août pour débloquer des fonds européens vitaux. Fitch examinera la note souveraine du pays le 31 juillet, et l'agence a signalé qu'une absence prolongée d'un gouvernement disposant de pleins pouvoirs pourrait affecter négativement sa décision.


