Gouvernement · Paris et Trappes

La pétition demandant la fermeture de CNews dépasse les 500 000 signatures, ouvrant la voie à un débat à l'Assemblée

Une pétition déposée sur le site de l'Assemblée nationale demandant le retrait de CNews de la diffusion en France a dépassé les 500 000 signatures lundi 2 novembre 2026. La progression fait suite à une attaque raciste à Trappes le 23 octobre, et un éventuel débat parlementaire n'est pas automatique.

Texte IA fondé sur les articles de Le Monde.fr, 20minutes, rts.ch et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Paris, Trappes · France
Comment on en est arrivé là
  1. juin 2026Lancement par un particulier d'une pétition demandant la fermeture de CNews
  2. 23 oct.Une attaque raciste à Trappes tue un homme et blesse plusieurs personnes
  3. Fin octobre 2026Les signatures de la pétition augmentent fortement, au-delà des moins de 100 000 initiales
  4. 2 nov.La pétition dépasse les 500 000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale

Une pétition au-delà du seuil

Une pétition déposée sur le site de l'Assemblée nationale demandant le retrait de CNews de la diffusion en France a dépassé les 500 000 signatures lundi 2 novembre 2026. Plus tard dans la journée, 20minutes a porté le décompte au-delà de 550 000. La pétition a été lancée en juin par un particulier et comptait moins de 100 000 signatures numériques avant la progression de la fin octobre. Son exposé introductif qualifie CNews de machine de propagande, tandis que la chaîne, rattachée au groupe Canal+ dans l'orbite du milliardaire Vincent Bolloré, affirme défendre la liberté d'expression. Contactée par l'AFP, la chaîne a indiqué qu'elle ne commenterait pas la pétition.

« Nous ne commenterons pas cette pétition politique. »

CNews

Ce que le seuil des 500 000 signatures permet, et ne permet pas

Selon le règlement de l'Assemblée, un débat en séance peut être organisé sur un rapport relatif à une pétition signée par plus de 500 000 personnes. Une commission parlementaire doit d'abord décider de classer ou d'examiner la pétition, et cette décision donne lieu au rapport. Franchir le seuil ne garantit donc pas un débat. Une précédente pétition contre la loi sur l'usage légitime présumé des armes par les forces de l'ordre avait également dépassé les 500 000 signatures, mais les membres de la commission des Lois l'ont classée en juillet. Selon 20minutes, tout débat sur CNews se tiendrait sans vote et sans décision.

L'attaque de Trappes et les accusations

La progression fait suite à une attaque raciste à Trappes le 23 octobre, qui a tué un homme et blessé plusieurs personnes, selon 20minutes. Un Français de 39 ans, identifié comme Kévin T., est soupçonné d'avoir délibérément tiré sur des personnes que le procureur national antiterroriste Olivier Christen a décrites comme étant de type musulman, africain ou maghrébin. Des responsables politiques de gauche, dont le maire de Trappes Ali Rabeh, ont accusé les médias, et CNews en particulier, de porter une part de responsabilité dans l'attaque. M. Rabeh estime que la chaîne a accordé trop d'antenne à des discours stigmatisant les immigrés et les personnes d'origine immigrée. Les principales dates de la progression de la pétition et de l'attaque sont présentées ci-dessous.

Le bilan réglementaire et les réactions

Le régulateur des médias Arcom a adressé à CNews une mise en demeure en juin 2026, lui ordonnant de corriger un déséquilibre durable dans l'expression des courants de pensée et d'opinion, notamment sur la menace que l'immigration et l'islam feraient peser sur la société française. Depuis 2019, l'Arcom a adressé 27 rappels à l'ordre à la chaîne, pour un cumul d'amendes de 630 000 euros, selon 20minutes. Reporters sans frontières a qualifié la chaîne de machine à opinions. L'émission Complément d'enquête a compté 69 353 occurrences du mot immigration sur la chaîne en moins de quatre ans. Selon la RTBF, les équipes de CNews ont été prises à partie par des manifestants hostiles lors des mobilisations sociales et étudiantes des jours précédant le 2 novembre. La chaîne n'a pas réagi officiellement au succès de la pétition, et la question d'un débat reste ouverte dans l'attente de la décision d'une commission.

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