Sécurité · Florence, Prato et Campi Bisenzio

Patrizia Pepe et Dixie placées sous administration judiciaire pour exploitation de la main-d'œuvre chez leurs sous-traitants

Le tribunal de Florence a placé pour un an sous administration judiciaire les sociétés qui détiennent Patrizia Pepe et Dixie, leur reprochant de ne pas avoir contrôlé des sous-traitants qui exploitaient des travailleurs dans la région de Prato.

Texte IA fondé sur les articles de Rai news, Fanpage, Il Sole 24 ORE et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Florence, Prato, Campi Bisenzio, Signa · Italie
Comment on en est arrivé là
  1. septembre 2025Des travailleurs de l'entreprise de repassage Alba à Montemurlo sont attaqués devant l'usine alors qu'ils manifestaient
  2. 6 nov.Des médias confirment la mesure du tribunal de Florence plaçant Tessilform et Dixie sous administration judiciaire

Administration judiciaire pour deux marques

Le tribunal de prévention de Florence, saisi par le parquet de Prato, a placé Tessilform spa et Dixie srl sous administration judiciaire pour un an. Tessilform détient la marque Patrizia Pepe et a son siège à Campi Bisenzio, tandis que Dixie est immatriculée à Signa, toutes deux dans la région florentine. Selon le tribunal, les deux sociétés ont facilité par leur faute l'exploitation du travail, en omettant de contrôler ou de vérifier si leurs sous-traitants disposaient d'une réelle capacité d'entreprise. Certains de ces sous-traitants employaient des travailleurs non déclarés et des salariés dépourvus de titre de séjour valide. La mesure n'est pas une condamnation et aucune des deux marques n'est mise en cause.

Comment fonctionnaient les ateliers

L'enquête a été menée par la Guardia di Finanza avec l'agence sanitaire ASL Toscana Centro. Les enquêteurs ont reconstitué un réseau d'entreprises liées à deux entrepreneurs albanais, mis en cause pour intermédiation illégale et exploitation du travail. Parmi les sociétés examinées figurent Re-Stiro, spécialisée dans le repassage, et Alba srl, aujourd'hui en liquidation. Les procureurs décrivent des salaires insuffisants, des horaires épuisants, des congés et des repos refusés, des conventions collectives inadaptées et des bulletins de paie falsifiés, le tout accompagné de violences et d'un contrôle physique permanents sur les travailleurs. Selon l'accusation, les travailleurs étaient majoritairement albanais et bengalis, des Pakistanais étant également employés. Dix-huit travailleurs exploités ont coopéré à l'enquête et le parquet a demandé pour eux des titres de séjour pour motifs de justice.

L'argent et la réponse des entreprises

Les procureurs soutiennent que ce dispositif procurait aux marques de larges marges en réduisant les coûts de la main-d'œuvre et en comprimant les dépenses. La formulation du parquet sur ce système est la suivante.

« un système de production fondé sur la maximisation du profit, qui permettait de larges marges bénéficiaires, en réduisant les coûts de la main-d'œuvre, en comprimant les dépenses et en maintenant un haut niveau de compétitivité. »

parquet de Prato

Les enquêteurs ont calculé que le dispositif avait rapporté environ 500 000 euros à l'organisation exploitante, et que les deux marques obtenaient des prix plus bas et des délais de production plus courts. Tessilform a déclaré dans un communiqué que la mesure est préventive et non sanctionnatrice et qu'elle n'entraîne aucune accusation pénale contre la société. L'entreprise ajoute qu'elle n'a plus de relation avec les sociétés visées par l'enquête depuis plus d'un an et que la mesure vise à renforcer le contrôle de sa chaîne d'approvisionnement.

Un schéma plus large et des violences antérieures

L'affaire de Prato suit un schéma similaire à Milan, où le procureur Paolo Storari a évoqué devant le Sustainable Fashion Forum de Venise ses demandes d'administration judiciaire visant des marques dont Armani, Dior, Valentino et Loro Piana. Ces marques sont accusées de profiter de l'exploitation dans des ateliers chinois qui produisaient pour elles. Le parquet de Prato avait déjà appliqué la même mesure à Piazza Italia. Le réseau a aussi un passé violent : en septembre 2025, des travailleurs de l'entreprise de repassage Alba à Montemurlo ont été attaqués devant l'usine alors qu'ils manifestaient avec le syndicat Sudd Cobas pour leurs conditions de travail.

Ce que la mesure implique désormais

L'administration de Tessilform et de Dixie court sur un an, pendant lequel le tribunal a ordonné aux sociétés de renforcer les contrôles sur leurs fournisseurs. Les marques ne sont pas poursuivies pénalement et le tribunal les considère comme étrangères aux faits enquêtés. Le dossier de l'accusation repose sur les deux entrepreneurs albanais et le réseau de sociétés qu'ils dirigeaient.

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