Sécurité · Berne

À Berne, le procès du patron d'une entreprise de transport s'ouvre sur des remblais contaminés à la carrière de Mitholz

Le tribunal de Berne a ouvert le 4 novembre 2026 le procès du dirigeant d'une entreprise de transport, accusé d'avoir déversé illégalement des matériaux contaminés dans la carrière de Mitholz. Le ministère public a requis deux ans de prison avec sursis et le verdict est attendu le 10 novembre.

Texte IA fondé sur les articles de watson.ch/, rts.ch, SRF News et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Berne · Suisse
Comment on en est arrivé là
  1. 2025La procédure contre la BLS est classée
  2. 4 nov.Ouverture du procès du dirigeant de l'entreprise de transport à Berne
  3. 10 nov.Verdict attendu

L'ouverture du procès

Le 4 novembre 2026, le dirigeant d'une entreprise de transport bernoise a comparu devant le tribunal pénal économique de Berne, qui a examiné le premier procès portant sur la question centrale de l'affaire du Blausee. Le dossier est une branche annexe de la « Causa Blausee », un long litige judiciaire dans lequel les propriétaires de la pisciculture sont impliqués. L'homme est poursuivi pour escroquerie, dommages à la propriété qualifiés et infractions à la loi sur la protection des eaux. Le chef de dommages à la propriété porte sur des biens d'une valeur de 835 000 francs, la RTS évoquant pour sa part un dommage supérieur à 800 000 francs. Le verdict est attendu le 10 novembre et la présomption d'innocence s'applique.

Le mécanisme présumé

Selon le ministère public, l'entreprise a accepté des déchets inertes et des boues de presse provenant de deux entreprises de construction du canton de Zurich et leur a facturé le prix supérieur de l'élimination légale. Au lieu d'éliminer les matériaux correctement, les chauffeurs auraient reçu pour consigne de réétiqueter les chargements comme propres et de les transporter jusqu'à la carrière de Mitholz. Sur place, la taxe de décharge était de 8 francs la tonne au lieu de 20. À l'audience, le prévenu a déclaré à la cour que la proximité rendait la carrière attractive, ses camions pouvant être chargés à l'aller comme au retour. Il a admis savoir que les matériaux pouvaient contenir une légère contamination, notamment des résidus de béton, mais a affirmé ne pas pouvoir imaginer qu'ils aient causé un dommage grave. Selon la RTS, le mécanisme lui a rapporté 90 000 francs.

Taxe de décharge par tonne : filière illégale contre décharge légaleCHF par tonne
Filière illégale (carrière de Mitholz)
8 CHF par tonne
Décharge légale
20 CHF par tonne

Données tirées du texte de l’article

Treize chauffeurs de camion ont déjà été condamnés par ordonnance pénale, selon la RTS. Le prévenu est également poursuivi pour avoir falsifié à plusieurs reprises des documents de livraison.

La mortalité des truites et la localisation de la carrière

La carrière de Mitholz se situe dans une zone de protection des eaux souterraines, où seuls des matériaux d'excavation non pollués peuvent être utilisés pour le remblaiement. Elle se trouve à environ 1,5 kilomètre en amont de la pisciculture du Blausee. Des dizaines de milliers de truites y sont mortes, et la SRF rapporte que des milliers ont péri depuis 2018. Les propriétaires sont convaincus que ces morts sont liées aux matériaux déposés, mais la SRF note que ce lien n'a pas été démontré à ce jour. L'exploitant de la carrière, Vigier, conteste tout lien entre la carrière et la mortalité des poissons. Selon la RTS, un autre volet de l'affaire devra encore établir l'impact environnemental sur les eaux du Blausee.

Les précédents et l'enquête

La carrière avait déjà fait l'objet d'un examen en 2020, lorsqu'il est apparu qu'elle avait été utilisée illégalement comme décharge pour des matériaux contaminés provenant du chantier BLS du tunnel du Lötschberg. Cette procédure n'a eu aucune conséquence pénale et a été classée en 2025, le Ministère public de Berne estimant que les responsables ne pouvaient pas savoir que des matériaux contaminés y étaient interdits. Le mécanisme actuel a été révélé par les enquêtes de l'émission Rundschau de la SRF et des journaux du groupe Tamedia en 2021. Les autorités bernoises avaient alors confirmé que des matériaux avaient été déposés en violation des exigences légales.

La suite

Le procès se poursuit jeudi 5 novembre, le verdict étant attendu mardi 10 novembre. Le ministère public a requis deux ans de prison avec sursis. Les chefs de prévention retenus contre l'homme incluent l'escroquerie, la falsification répétée de documents, les dommages à la propriété qualifiés et les infractions à la loi sur la protection des eaux.

Poser une question sur ce texte

Sources et contexte

Lieux
Berne

Pollar est gratuit et sans publicité dans le texte. Ses membres le font vivre.

Soutenir Pollar