Diplomatie · Macao, Lisbonne et Londres
Macao condamne l'ancien député prodémocratie Au Kam San à douze ans et six mois de prison
Un tribunal de Macao a reconnu vendredi 6 novembre Au Kam San, ancien député prodémocratie également titulaire de la nationalité portugaise, coupable de subversion. Ce procès à huis clos est la première poursuite connue publiquement au titre de la loi sur la sécurité nationale de 2009 du territoire.
Texte IA fondé sur les articles de Correio da Manha, Notícias ao Minuto, Le Monde.fr et d’autres médias. Publié . Comment il est fait
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En bref
Le tribunal de Macao a reconnu Au Kam San coupable de subversion, de violation du secret et d'établissement de contacts avec des organisations extérieures, et l'a condamné vendredi 6 novembre à douze ans et six mois de prison.
Le procès s'est tenu à huis clos pendant trois jours, le tribunal invoquant la nécessité de protéger les intérêts de sécurité de l'État. Le verdict a été lu en audience publique en présence de quatre médias, selon une source officielle.
Le Premier ministre Luís Montenegro a déclaré en septembre 2025 qu'il n'avait pas évoqué la détention avec Sam Hou Fai. Michael Polak, de Justice Abroad, demande au Portugal et à l'Union européenne d'exiger qu'Au Kam San soit autorisé à quitter Macao.
- juillet 2025Au Kam San est placé en détention
- septembre 2025Luís Montenegro affirme ne pas avoir évoqué la détention lors d'une visite à Macao
- 6 nov.Le tribunal de Macao condamne Au Kam San à douze ans et six mois de prison
Le verdict
Un tribunal de Macao a condamné vendredi 6 novembre Au Kam San, ancien député prodémocratie également titulaire de la nationalité portugaise, à douze ans et six mois de prison. Agé de 69 ans et ancien enseignant, il a été reconnu coupable de subversion contre le pouvoir politique de l'État, de violation du secret et d'établissement de contacts avec des organisations, groupes ou individus hors de Macao de nature à mettre en danger la sécurité nationale. Les juges ont retenu une accusation de subversion et deux chefs d'établissement de tels contacts. Le verdict a été lu en audience publique à 10 h 00 heure locale, en présence de quatre médias selon une source officielle, tandis que les éléments de preuve fondant la décision n'ont pas été publiés. L'affaire est la première poursuite connue publiquement au titre de la loi sur la sécurité nationale de 2009 du territoire.
Les charges et le procès à huis clos
Selon le tribunal, Au Kam San a coopéré pendant plusieurs années avec des organisations hostiles à l'étranger, contribuant à collecter, préparer et publier des images et des informations portant des revendications politiques jugées subversives. Les juges ont également estimé qu'il cherchait à inciter les habitants de Macao à haïr le gouvernement populaire central et à renverser le système fondamental de l'État. Le tribunal n'a pas nommé les organisations concernées et a indiqué que les agissements s'étaient poursuivis même après la révision de 2023 de la loi sur la sécurité nationale. Le procès n'a duré que trois jours, à huis clos, une mesure que le tribunal a jugée nécessaire pour éviter de porter atteinte aux intérêts de sécurité de l'État ; il s'est achevé en septembre. Au Kam San a été détenu en juillet 2025 et, selon Justice Abroad, il a passé près de douze mois en détention sans pouvoir parler à sa famille.
Le Portugal et l'Union européenne
Le gouvernement portugais s'est montré mesuré dans cette affaire. En septembre 2025, lors d'une visite à Macao, le Premier ministre Luís Montenegro a déclaré qu'il n'avait pas évoqué la détention d'Au Kam San lors d'un entretien avec Sam Hou Fai et que la question exigeait de la discrétion. Luís Montenegro et Sam Hou Fai se sont revus en avril à Lisbonne, mais rien n'a été dit publiquement sur la détention. Ni la Chine ni Macao ne reconnaissent la double nationalité. L'Union européenne a condamné l'arrestation en 2025, estimant qu'elle aggravait les inquiétudes suscitées par l'érosion du pluralisme politique à Macao.
Appels à la libération et critiques
Michael Polak, avocat basé à Londres et directeur de Justice Abroad, a déclaré vendredi dans un communiqué que le Portugal et l'Union européenne devraient faire pression sur Macao pour permettre à Au Kam San de quitter le territoire plutôt que de purger plus d'une décennie de prison. Il a qualifié ce procès à huis clos de farce qui déshonore Macao et estimé qu'elle pèserait sur la perception du territoire dans le monde. Justice Abroad a déposé une plainte le 11 septembre auprès du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire. Des critiques estiment que l'affaire reflète la priorité accordée par Pékin à la sécurité et son intolérance à la dissidence, même si le mouvement prodémocratie de Macao n'a jamais eu l'influence de celui de Hong Kong. Au Kam San a siégé pendant deux décennies dans un Parlement dominé par les loyalistes pro-Pékin avant de quitter ses fonctions en 2021, et il a coorganisé les commémorations à Macao de la répression de la place Tiananmen en 1989. Ancienne colonie portugaise, Macao est une région administrative spéciale de la Chine depuis sa rétrocession en 1999.
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Sources et contexte
- Correio da ManhaLe Portugal devrait exiger la libération de l'activiste de Macao Au Kam San, déclare l'avocat de l'ancien député portugaisPortugal devia exigir libertação do ativista de Macau Au Kam San, diz advogado do ex-deputado português · original en portugais
- Notícias ao MinutoL'activiste pro-démocratie (et portugais) Kam San condamné à 12 ans et demiAtivista pró-democracia (e português) Kam San condenado a 12 anos e meio · original en portugais
- Le Monde.frA Macao, l'ancien parlementaire Au Kam San, première personne condamnée au nom de la loi de sécurité nationale
- Deutsche WelleUn ancien législateur emprisonné lors du premier procès pour sécurité nationale à MacaoEx-lawmaker jailed in Macau's first national security trial · original en anglais
- Au Kam San
- Ancien député prodémocratie et citoyen portugais condamné à douze ans et six mois de prison à Macao
- Michael Polak
- Directeur de Justice Abroad, organisation londonienne de soutien juridique, qui a critiqué le procès
- Luís Montenegro
- Premier ministre portugais qui a évoqué l'affaire lors d'une visite à Macao en septembre 2025
- Sam Hou Fai
- Responsable macanais qui a rencontré Luís Montenegro en 2025 puis à Lisbonne en avril
- Organisations
- Union européenne
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