
Pour la commissaire européenne Marta Kos, la répression des droits LGBT et de la presse en Turquie éloigne Ankara de l'UE
Marta Kos s'est exprimée vendredi 9 octobre à Edirne, lors d'une visite officielle près de la frontière bulgare. Elle a indiqué que le rapport d'élargissement de la Commission, attendu le 28 octobre, reflétera ses sérieuses inquiétudes.
Un avertissement de Bruxelles
Marta Kos, commissaire européenne à l'élargissement, a déclaré vendredi 9 octobre à Edirne, dans le nord-ouest de la Turquie, près de la frontière bulgare, que la répression de l'opposition politique, de la presse et de la communauté LGBT éloigne Ankara de l'adhésion à l'UE. S'exprimant lors d'une visite officielle, elle a affirmé que les événements récents touchant la liberté des médias, les droits LGBT et la démocratie creusent l'écart entre la Turquie et son objectif d'adhérer au bloc. Kos a précisé que le prochain rapport d'élargissement, attendu le 28 octobre, refléterait les sérieuses inquiétudes de la Commission dans ces domaines. Le gouvernement turc n'avait pas réagi dans l'immédiat à ses propos.
Les événements récents touchant la liberté des médias, les droits LGBT et la démocratie creusent encore l'écart avec l'objectif de la Turquie d'adhérer à l'UE.
Kos a ajouté que le rapport serait publié le 28 octobre et qu'elle n'éviterait pas d'annoncer les faits publiquement et clairement.
Notre prochain rapport d'élargissement, qui sera publié le 28 octobre, reflétera nos sérieuses inquiétudes dans ces domaines. Et je ne me soustrairai pas à mon obligation d'annoncer les faits publiquement et clairement.
La campagne « Ma famille est en sécurité »
Selon les sources, une répression contre la communauté LGBT a commencé à la mi-septembre dans le cadre d'une campagne intitulée « Ma famille est en sécurité ». Elle s'est accompagnée de nombreuses arrestations et de la fermeture de comptes de réseaux sociaux appartenant à des militants. Des journalistes ont également été arrêtés, ainsi que des maires d'opposition dans diverses affaires. Le gouvernement a promis de poursuivre la campagne malgré les protestations de l'UE et d'ONG internationales.
La semaine dernière, un tribunal turc a ordonné le blocage de l'accès au site internet et aux comptes de réseaux sociaux du portail indépendant T24. Les autorités ont affirmé que ce média avait publié 118 contenus au cours de l'année écoulée constituant de la « propagande LGBTQ ». La décision a été prise dans le cadre de la même enquête. Les autorités turques justifient ces mesures par la protection des enfants et des valeurs familiales, tandis que les organisations de défense des droits humains les ont critiquées.
- Début de la répression contre la communauté LGBT dans le cadre de la campagne « Ma famille est en sécurité »
- Un tribunal turc ordonne le blocage de l'accès au site internet et aux comptes de réseaux sociaux de T24
- Marta Kos déclare que les événements récents creusent l'écart avec l'objectif d'adhésion de la Turquie à l'UE
- Publication attendue du rapport d'élargissement de l'UE
Des négociations d'adhésion au point mort
La Turquie est candidate depuis 1999, et les négociations d'adhésion, ouvertes en 2005, sont gelées depuis des années. Les principaux obstacles incluent l'État de droit, les droits humains, les droits des minorités et la liberté de la presse. Erdogan a déclaré en août que l'adhésion à l'UE n'était plus une priorité pour Ankara, bien que la Turquie n'ait pas formellement retiré sa candidature. Bruxelles souhaite qu'Ankara autorise de nouvelles négociations sous l'égide de l'ONU, une proposition qu'Erdogan a rejetée en 2024 tout en appelant à une reconnaissance internationale d'une solution à deux États.
Chypre et coopération concrète
L'UE condamne également la position de la Turquie sur Chypre divisée, où en 1983 la partie contrôlée par la Turquie s'est déclarée République turque de Chypre du Nord, reconnue uniquement par Ankara. Kos a déclaré que la coopération avec la Turquie gagne en importance dans un contexte géopolitique changeant et a souligné que de bonnes relations avec les États membres voisins de l'UE comptaient. Ankara a demandé une mise à jour de l'union douanière avec l'UE et souhaite rejoindre l'instrument d'investissement de défense SAFE et la zone de paiement en euros SEPA. Kos s'exprimait lors de l'inauguration d'un projet ferroviaire financé par l'UE à Edirne au cours de la même visite.


