Gouvernement · Dar es Salaam

Tanzanie : Tundu Lissu condamné pour incitation, acquitté de trahison

La Haute Cour de Dar es Salaam a écarté vendredi 6 novembre 2026 l'accusation de trahison visant le leader de Chadema Tundu Lissu, mais l'a reconnu coupable d'incitation et condamné à quatre ans de prison.

Texte IA fondé sur les articles de Al Jazeera Online, The Independent, Notícias ao Minuto et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Photo : Likumbage, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons, recadrée). Photo d'archives, 2015
Comment on en est arrivé là
  1. 9 avr.Lissu arrêté après un discours lors d'un meeting
  2. 10 avr.Chef de trahison déposé le lendemain
  3. 29 oct.Élection générale tenue, Chadema écarté du scrutin
  4. 6 nov.La Haute Cour condamne Lissu pour incitation et l'acquitte de trahison

Condamnation pour un chef d'accusation moins grave

La Haute Cour de Dar es Salaam a reconnu vendredi 6 novembre 2026 le leader de Chadema Tundu Lissu coupable d'incitation et l'a condamné à quatre ans de prison. La formation de trois juges l'a acquitté de la trahison, un chef d'accusation passible de la peine de mort. Al Jazeera rapporte que le juge a laissé ouverte la possibilité d'un appel, et la BBC note que M. Lissu est autorisé à faire appel devant la Cour d'appel, la plus haute juridiction du pays. Notícias ao Minuto indique que le délit d'incitation est puni de cinq ans de prison au maximum, d'une amende, ou des deux.

« Nous sommes convaincus que, par ses déclarations, l'accusé entendait perturber les élections et inciter à la violence. »

Dunstan Ndunguru

Le juge président, Dunstan Ndunguru, a lu la conclusion selon laquelle l'accusé avait commis l'infraction moins grave, et le raisonnement de la cour s'est concentré sur le contenu des discours de M. Lissu.

Les charges et l'arrestation

Lissu a été arrêté en avril 2025 alors qu'il terminait un discours lors d'un meeting, et les procureurs ont déposé un chef de trahison le lendemain, 10 avril 2025. Les procureurs ont soutenu que ses propos, également diffusés en ligne, constituaient une trahison et visaient à inciter la population à perturber le scrutin et à menacer le gouvernement. Les juges n'ont pas retenu l'accusation de trahison, estimant que le ministère public n'avait présenté aucune preuve à l'appui de ces allégations. La condamnation pour incitation repose sur son appel à perturber l'élection générale du 29 octobre 2025, qu'il disait vouée à être entachée de fraude.

La défense et la détention de Lissu

Lissu, avocat, a assuré sa propre défense lors du procès et a maintenu que ses discours s'inscrivaient dans une campagne pour une réforme constitutionnelle et électorale. Il a soutenu que les procureurs avaient sorti ses propos de leur contexte. La campagne se déroulait sous le slogan « No Reforms, No Election », selon la BBC. Il a déclaré à la cour que le dossier avait été monté pour le faire taire.

« Des excuses ont été inventées pour m'emprisonner. »

Tundu Lissu, leader de l'opposition Chadema

Détenu à la prison d'Ukonga, à Dar es Salaam, il a mené deux brèves grèves de la faim, affirmant qu'on lui refusait l'accès à ses avocats ou à ses proches, et il s'est plaint que des gardiens écoutaient ses consultations privées avec ses avocats. Il a mis fin à une brève grève de la faim le 27 octobre, selon son avocat principal. Les récits de sa détention divergent : Al Jazeera évoque 19 mois, un autre rapport plus de 18 mois.

L'élection et le bilan humain

Chadema a été écarté de l'élection d'octobre 2025 après avoir refusé de signer un nouveau code de conduite électoral, que le parti jugeait dépourvu des réformes qu'il réclamait. La présidente Samia Suluhu Hassan l'a emporté avec 98 % des voix, et l'opposition a qualifié le résultat de « moquerie » de la démocratie. L'élection a déclenché des manifestations et des violences meurtrières. Une enquête a rapporté en avril qu'au moins 518 personnes étaient mortes. Mohamed Chande Othman, qui dirige cette enquête, estime que le chiffre réel pourrait être plus élevé, certains proches ayant été enterrés sans que les corps n'arrivent à la morgue.

Estimations des morts des violences électoralesmorts
Rapport d'enquête (avril)
518 morts
Estimation de Chadema
2000 morts

Données tirées du texte de l’article

L'opposition avance un bilan d'environ 2 000 morts, une affirmation que les Nations unies ont dit ne pas pouvoir vérifier en raison de l'insécurité et d'une coupure d'internet. L'ONU a également demandé une enquête sur les meurtres et sur les informations selon lesquelles des policiers auraient déplacé des corps depuis des morgues vers des lieux non divulgués.

Réactions et suites

Un important dispositif de sécurité entourait le tribunal de Dar es Salaam avant le verdict, alors que les partisans de M. Lissu se rassemblaient pour l'audience. Des parlementaires britanniques et européens ont qualifié l'affaire de motivée politiquement et réclamé sa libération immédiate. M. Lissu a été nommé cette année pour le prix Sakharov pour la liberté de pensée du Parlement européen, selon Notícias ao Minuto. Il peut porter sa condamnation devant la Cour d'appel.

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Sources et contexte

Dar es Salaam · Tanzanie

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