
L'Islande se prépare au référendum de samedi sur la reprise des négociations d'adhésion à l'UE
Les électeurs islandais décideront samedi s'ils relancent les négociations formelles d'adhésion à l'Union européenne, les sondages indiquant un écart serré, alimenté par le coût de la vie et les préoccupations de sécurité en Arctique.
Le vote à venir
Les Islandais voteront samedi sur la réouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne, onze ans après leur suspension. Le pays compte moins de 300 000 électeurs inscrits, et les sondages d'opinion indiquent un électorat divisé à parts égales. Dans le dernier sondage réalisé par l'institut de recherche Maskina, 51,3 % des personnes interrogées soutenaient la reprise des négociations, tandis que 48,7 % s'y opposaient. La Première ministre Kristrún Frostadóttir a souligné l'incertitude du résultat lors d'un discours devant des agriculteurs dans une salle communale rurale.
Je n'en ai aucune idée. C'est très serré.
- Favorables à la reprise des négociations
- 51.3 %
- Opposés à la reprise des négociations
- 48.7 %
Pressions économiques et volatilité monétaire
La situation financière intérieure constitue un pilier central du débat sur l'adhésion. L'Islande continue de faire face à un coût de la vie élevé, les prix des produits d'épicerie ayant augmenté de 5 % au cours de l'année écoulée, parallèlement à de fortes hausses des loyers et des remboursements de prêts. Les figures pro-européennes, dont Magnús Árni, leader du mouvement pro-UE, plaident pour que l'adoption de l'euro élimine l'instabilité du taux de change, décrivant la couronne nationale comme un générateur d'inflation. La Banque centrale d'Islande maintient actuellement un taux directeur de 8,25 %, contre 2,4 % dans la zone euro, afin de contenir la hausse des prix et des salaires. Le membre du conseil d'administration de la banque centrale, Thórarinn Pétursson, a évoqué la dynamique intérieure dominante.
Les gens y sont désormais habitués. Les syndicats l'incluent dans leurs revendications salariales.
- Islande
- 8.25 %
- Zone euro
- 2.4 %
Évolutions géopolitiques en Arctique
L'évolution des conditions de sécurité internationales a également incité le gouvernement à avancer la date du référendum. L'Islande est le seul État membre de l'OTAN sans force militaire permanente, ancrant sa sécurité territoriale dans l'Alliance et un traité de défense bilatéral de 1951 avec les États-Unis. Après les déclarations de Donald Trump concernant le Groenland, la ministre des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a présenté la proposition de référendum au parlement en mars 2026. La coalition de centre-gauche élue fin 2024 avait initialement convenu d'organiser un vote d'ici 2027, mais a avancé le calendrier en raison de différends tarifaires et de défis frontaliers. L'importance stratégique de l'Islande a grandi parallèlement à la concurrence pour les couloirs de navigation arctiques et les ressources minérales.
Celui qui contrôle l'Islande tient un pistolet pointé vers la Grande-Bretagne, l'Amérique et le Canada.
Négociations passées et intégration européenne
L'Islande avait auparavant demandé son adhésion à l'UE en 2009, après l'effondrement de son système bancaire lors de la crise financière mondiale. Les négociations formelles d'adhésion ont débuté en 2010. Au cours de ces pourparlers, les négociateurs ont ouvert 27 des 35 chapitres politiques et en ont provisoirement clos 11 avant que les discussions ne soient suspendues. L'Islande participe déjà au marché unique de l'UE par le biais de l'accord sur l'Espace économique européen et appartient à l'espace Schengen exempt de contrôles aux frontières. Le scrutin de samedi détermine uniquement si le gouvernement rouvrira les négociations, tout accord d'adhésion éventuel nécessitant un référendum séparé avant d'entrer en vigueur.
- Les forces britanniques occupent l'Islande pour empêcher le contrôle allemand en temps de guerre
- L'Islande et les États-Unis signent un accord de défense bilatéral
- L'Islande demande son adhésion à l'UE après l'effondrement de son système bancaire
- Les négociations d'adhésion s'ouvrent officiellement entre l'Islande et l'UE
- Une coalition de centre-gauche prend ses fonctions en s'engageant à organiser un référendum d'ici 2027
- Le ministre des Affaires étrangères soumet un projet de loi parlementaire avançant le référendum à 2026

