
L'investissement net étranger en Espagne baisse de 40% au premier semestre 2026, les désinvestissements américains en hausse
L'investissement étranger brut en Espagne a augmenté de 31,2% pour atteindre 12,45 milliards d'euros au premier semestre 2026, mais une hausse de 171% des désinvestissements a ramené les entrées nettes à 3,41 milliards d'euros.
Entrées brutes et retraits de capitaux
Les chiffres officiels publiés le 21 septembre 2026 par le ministère de l'Économie, du Commerce et des Entreprises ont montré des tendances divergentes dans les flux de capitaux étrangers en Espagne pour le premier semestre 2026. L'investissement étranger brut a augmenté de 31,2% sur un an pour atteindre 12 446 millions d'euros entre janvier et juin. Cependant, les désinvestissements en capitaux via des ventes d'entreprises, des fermetures d'usines et des retraits de fonds ont augmenté de 171% pour atteindre 9 038 millions d'euros sur la même période. Cette combinaison a réduit l'investissement net étranger à 3 407 millions d'euros, soit une baisse de 40% par rapport au premier semestre 2025. Les responsables ministériels ont attribué cette baisse nette à des opérations financières ponctuelles plutôt qu'à un départ structurel de l'industrie. Si ce rythme se poursuit au second semestre 2026, le solde net annuel des capitaux atteindra son plus bas niveau depuis la crise de la zone euro en 2012.
- Investissement brut
- 12446 M EUR
- Désinvestissements
- 9038 M EUR
- Investissement net
- 3407 M EUR
Les capitaux américains passent à un flux net négatif
Les États-Unis ont conservé leur position de première source de capitaux bruts entrants en Espagne, représentant 23% du total des investissements étrangers bruts. L'investissement américain brut a atteint 2 857 millions d'euros au premier semestre 2026, soit une augmentation de 84% par rapport aux 1 322 millions d'euros enregistrés au premier semestre 2025. Cependant, les désinvestissements en capitaux américains ont augmenté de 383% pour totaliser 3 851 millions d'euros, entraînant un solde net négatif de 993 millions d'euros. Ce solde net représentait une baisse de 230% par rapport à l'année précédente, plaçant les États-Unis au rang 253 parmi les contributeurs nets de capitaux. Le flux sortant s'est produit pendant une période de tensions politiques avec l'administration de Donald Trump, contrastant avec la présidence de Joe Biden lorsque l'investissement net américain en Espagne dépassait 6 000 millions d'euros par an. Les fonds bruts américains se sont principalement concentrés sur les sports, le transport terrestre et l'industrie chimique.
Répartition régionale entre Madrid et la Catalogne
L'investissement brut est resté concentré dans certaines communautés autonomes, mené par Madrid. La Communauté de Madrid a capté 5 635 millions d'euros au premier semestre 2026, représentant près de la moitié de tout le capital brut entrant en Espagne. La Catalogne a obtenu 2 358 millions d'euros, soit 19% du total national, tandis que la Communauté valencienne suivait en troisième position avec 15%. Les origines des capitaux différaient également nettement selon la destination : Madrid a reçu 2 058 millions d'euros des États-Unis et un peu moins de 1 000 millions d'euros de France. En revanche, la Catalogne a reçu 155 millions d'euros d'investisseurs américains et environ 500 millions d'euros d'entreprises sud-coréennes.
- Madrid
- 5635 M EUR
- Catalogne
- 2358 M EUR
Actifs productifs et contrôle réglementaire
Malgré la contraction nette, les responsables gouvernementaux ont souligné la stabilité de l'investissement productif direct par rapport aux réallocations financières. L'investissement greenfield, qui finance des installations nouvellement construites telles que des usines de fabrication ou des centres logistiques, a augmenté de plus de 52% au cours des six premiers mois. Les initiatives greenfield et brownfield combinées représentaient 30,5% de l'investissement direct étranger total, ce qui signifie que près d'un euro sur trois visait la création ou l'expansion d'actifs productifs. Carlos Cuerpo a défendu la performance de l'investissement étranger dans une déclaration officielle.
L'Espagne conserve un fort attrait en tant que destination pour l'investissement étranger productif.
Selon la base de données fDi Markets citée par le ministère, l'Espagne s'est classée quatrième au monde pour les projets d'investissement étranger reçus au cours des sept premiers mois de 2026, derrière seulement les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Inde. Le ministère a également lancé une consultation publique pour mettre à jour le cadre de contrôle des investissements étrangers introduit en 2020.


