Gouvernement · Le Caire

Un tribunal égyptien condamne à une amende la rédactrice en chef de Mada Masr, Lina Attalah, et ordonne la fermeture du site d'information indépendant

Un tribunal du Nouveau Caire a condamné Lina Attalah, fondatrice et rédactrice en chef de Mada Masr, à une amende de trois millions de livres égyptiennes pour avoir exploité le site sans licence, et a ordonné sa fermeture. Les forces de sécurité l'ont placée en détention après le verdict.

Texte IA fondé sur les articles de NOS, Spiegel Online, Berliner Zeitung et d’autres médias. Publié . Comment il est fait

Pour les membresLes 30 premières secondes en écoute libre. Voix de synthèse (IA).

En bref

Photo : Jennifer 8. Lee, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons, recadrée). Photo d'archives, 2024
Comment on en est arrivé là
  1. 2022La demande est rejetée sans motif ; l'action en justice contre cette décision échoue
  2. 21 oct.Attalah libérée sous caution après six heures d'interrogatoire, selon RSF
  3. 27 oct.Le tribunal condamne Attalah, prononce une amende et ordonne la fermeture du site

Le verdict et l'amende

Un tribunal du Nouveau Caire a reconnu Lina Attalah, fondatrice et rédactrice en chef du site d'information indépendant Mada Masr, coupable d'avoir exploité un site internet sans licence, une infraction qui, selon les comptes rendus, est passible de la peine maximale. Le verdict a été rendu le mardi 27 octobre 2026. Le juge Mohamed Mubarak a prononcé une amende de trois millions de livres égyptiennes, soit environ 48 000 euros, et ordonné la fermeture du site ainsi que la saisie de ses biens. Le Financial Times a évalué l'amende à 53 000 dollars dans ses propres articles. La décision du tribunal est intervenue après une brève audience que le média et les organisations de défense des droits ont qualifiée de précipitée.

La garde à vue et l'audience

Les forces de sécurité ont placé Attalah en détention après la décision, mais les récits divergent sur le lieu et la durée. Mada Masr a indiqué qu'elle était toujours détenue dans l'enceinte du tribunal. Amnesty International, citée par le Berliner Zeitung, a affirmé qu'elle était en garde à vue jusqu'au paiement de l'amende. Des sources judiciaires ont déclaré à l'EFE que sa défense devait faire appel ou payer l'amende pour obtenir sa libération. Mada Masr a précisé que l'audience avait été suspendue pour délibéré après que la défense eut demandé du temps pour examiner le dossier. Hossam Bahgat, directeur de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels (EIPR), qui assistait à l'audience, a raconté que le juge avait ensuite ordonné à tous de quitter la salle, sauf Attalah et son équipe de défense. À la reprise, le juge a confirmé le rejet de toutes les requêtes de la défense, y compris celles visant à produire des documents ou à citer des témoins. Il a également désigné un avocat extérieur alors que huit avocats choisis par Attalah étaient présents dans la salle, et son objection n'a pas été consignée, selon Mada Masr.

Des années de refus de licence

Attalah a cofondé Mada Masr en 2013. Les autorités ont bloqué le site en 2017, avec des centaines d'autres sites internet. Selon Amnesty International, le média a déposé à plusieurs reprises une demande auprès du Conseil suprême de régulation des médias après la loi de 2018 sur les médias, d'abord en 2018 puis en 2020, sans recevoir de réponse. En 2022, il a appris que sa demande avait été rejetée sans motif, et une action en justice contre cette décision a échoué. Le média a déposé une nouvelle demande cette année avec tous les documents requis et n'a signalé aucune réponse. L'ANSA a compté ce procès comme le sixième contre Attalah et Mada Masr en six ans, et le premier à aboutir à un véritable procès. Selon RSF, Attalah avait été libérée sous caution le 21 octobre après six heures d'interrogatoire, avant que l'affaire ne soit renvoyée devant le tribunal.

Un durcissement plus large

Amnesty International et le CPJ ont qualifié cette affaire d'atteinte à la liberté de la presse. Reporters sans frontières classe l'Égypte 169e sur 180 pays dans son index de la liberté de la presse. L'EIPR recense 26 journalistes actuellement détenus pour leur travail, selon l'ANSA. Le Financial Times rapporte qu'un mois avant cette affaire, les six journalistes travaillant pour la plateforme de vérification Matsadaash ont été arrêtés. Ils ont été accusés d'appartenance à une organisation terroriste, que le parquet a désignée comme le groupe des Frères musulmans, et de publication de fausses nouvelles. Les journalistes nient les charges, et trois d'entre eux ont affirmé avoir été torturés, bien que le procureur ait déclaré qu'un médecin qui les avait examinés n'avait relevé aucun signe de mauvais traitements. Les procureurs avaient également interrogé Attalah au sujet d'un article de Mada Masr sur des protestations en prison contre le report de la réforme de la détention provisoire.

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Sources et contexte

Le Caire · Égypte

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