
Les États-Unis saisissent 90 cargaisons de biodiesel destinées à Cuba, La Havane dénonce une piraterie
Les autorités américaines ont saisi mercredi 90 cargaisons de biodiesel destinées à Cuba, dont la plupart à Port Everglades, en Floride, et La Havane a répondu que ces importations de carburant sont légales au regard du droit international.
La saisie
Les autorités américaines ont annoncé mercredi 7 octobre avoir saisi 90 cargaisons de biodiesel destinées à Cuba, 71 à Port Everglades, à Fort Lauderdale, en Floride, et 19 au port de Houston, au Texas. Le carburant était destiné à Enetec SA, un importateur cubain lié au gouvernement, sanctionné par Washington en juillet. Les sources divergent sur la valeur : le New York Times, citant le département de la sécurité intérieure, l'évalue à plus de 2,8 millions de dollars, tandis que l'ANSA et d'autres médias avancent environ 3 millions de dollars. Les volumes varient aussi selon les sources. L'ANSA fait état de 71 citernes d'environ 500 000 gallons et de 19 autres cargaisons d'environ 120 000 gallons, tandis que le New York Times donne 1,87 million de litres à Port Everglades et 450 464 litres à Houston, soit plus de 2,27 millions de litres au total. Selon le New York Times, il s'agit de la première saisie d'une telle ampleur depuis que l'administration Trump a imposé un blocus des carburants à Cuba plus tôt cette année.
- Port Everglades, Floride
- 71 cargaisons
- Houston, Texas
- 19 cargaisons
Le récit des enquêteurs
Jose R. Figueroa, agent spécial en charge des enquêtes du département de la sécurité intérieure à Miami, a annoncé les saisies lors d'une conférence de presse et déclaré que les cargaisons reflétaient un effort coordonné pour approvisionner l'entreprise sanctionnée. Il a indiqué que les cargaisons étaient destinées à parvenir au gouvernement cubain par l'intermédiaire d'une entité sanctionnée.
Il s'agit d'une tentative délibérée de contourner les sanctions américaines et tout est, à ce stade, sous enquête.
Figueroa a refusé de nommer les entreprises américaines impliquées, invoquant une enquête en cours. Aucune poursuite pénale n'a été annoncée et les responsables n'ont pas identifié le pays d'origine du carburant.
La réponse de La Havane
Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères, Carlos Fernández de Cossío, a répondu mercredi dans un message publié sur les réseaux sociaux. Il soutient que les importations de carburant à Cuba sont licites quelle que soit leur origine, et que l'acte illégal est celui que le gouvernement cubain attribue à Washington.
Les importations de carburant par des entités publiques et privées à Cuba, en provenance de n'importe quel pays, sont légales au regard de la législation nationale et du droit international.
Il a accusé le gouvernement américain d'intimider des États et des entreprises souverains par des menaces de représailles s'ils exportent du carburant vers Cuba ou le transportent jusque-là.
Ce qui est illégal, c'est d'intimider des États souverains par des menaces de représailles du gouvernement américain s'ils exportent du carburant vers Cuba.
Fernández de Cossío a également qualifié d'illégale la poursuite et l'interception en eaux internationales de navires transportant du carburant vers Cuba, la comparant à de la « piraterie et du pillage ». Il a contesté une interception en septembre d'un navire transportant du carburant vers Cuba en eaux internationales et affirmé que le stockage, la distribution et la vente de carburant à Cuba sont légaux.
Blocus et coupures d'électricité
Selon le New York Times, le gouvernement Trump a commencé à réduire les livraisons de carburant à Cuba en janvier, après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, afin d'imposer un changement politique et économique sur l'île. Le Venezuela fournissait la majeure partie du carburant de Cuba, et d'autres pays ont cessé d'exporter vers l'île après que Trump a menacé de droits de douane leurs gouvernements. Europa Press a rapporté que Washington a imposé le blocus pétrolier en janvier tout en menaçant de sanctions et de droits de douane tout pays livrant de l'énergie à Cuba. Les coupures d'électricité qui en résultent privent les Cubains de réfrigérateurs et de lumière, et les hôpitaux et les écoles ne peuvent pas fonctionner pleinement. Les discussions diplomatiques entre Washington et La Havane sont au point mort, selon le New York Times.
- Début du blocus américain des carburants contre Cuba après la capture de Maduro
- Les États-Unis sanctionnent Enetec SA
- Un navire transportant du carburant vers Cuba intercepté en eaux internationales
- Les États-Unis annoncent la saisie de 90 cargaisons de biodiesel
- Le vice-ministre cubain des Affaires étrangères qualifie les saisies d'illégales
La suite
L'enquête sur les cargaisons saisies reste ouverte et aucune charge n'a été annoncée. Le gouvernement cubain maintient que l'importation et le transport du carburant restent légaux au regard de sa loi nationale et du droit international.

