
La Haute Cour juge illégaux les mandats de perquisition visant les domiciles d'Andrew Mountbatten-Windsor
La police de la vallée de la Tamise a reconnu que les mandats de perquisition utilisés pour perquisitionner les propriétés d'Andrew à Sandringham et Royal Lodge étaient illégaux. L'enquête pénale se poursuit et une audience à huis clos sur les documents saisis est prévue pour 2027.
La décision
La Haute Cour de Londres a jugé jeudi 8 octobre que les perquisitions policières de deux propriétés liées à Andrew Mountbatten-Windsor étaient illégales. Le juge Nicholas Hilliard a déclaré qu'un accord avait été conclu entre l'ancien duc d'York et la police de la vallée de la Tamise sur le caractère illégal des mandats de perquisition. Le juge a relevé une « erreur significative » dans la demande et la délivrance des mandats, suffisante pour rendre illégaux les mandats, les perquisitions et les documents saisis. Andrew n'a pas assisté à l'audience à la Royal Courts of Justice.
Les mandats avaient été délivrés par un juge de l'Old Bailey le 18 février, la veille de son arrestation, et permettaient aux agents de perquisitionner sa résidence du domaine de Sandringham et Royal Lodge, son ancien domicile à Windsor. Les perquisitions des deux propriétés ont commencé le jour de son arrestation.
L'arrestation et l'enquête
Andrew a été arrêté le 19 février, jour de son 66e anniversaire, pour soupçons de mauvaise conduite dans l'exercice de fonctions publiques. Il a été interrogé sous caution pendant 12 heures au commissariat d'Aylsham avant d'être libéré dans le cadre de l'enquête. La police allègue qu'il a partagé des informations sensibles avec Jeffrey Epstein entre 2001 et 2011, lorsqu'il était envoyé commercial du Royaume-Uni. Publico rapporte que l'enquête a suivi la publication de millions de documents liés à Epstein par le département de la Justice des États-Unis. Andrew nie toute faute en lien avec Epstein mais regrette cette amitié. La police de la vallée de la Tamise a annoncé le 24 février que les opérations de perquisition étaient terminées.
- Un juge de l'Old Bailey délivre des mandats de perquisition pour Sandringham et Royal Lodge
- Andrew arrêté pour soupçons de mauvaise conduite dans l'exercice de fonctions publiques, jour de son 66e anniversaire
- La police de la vallée de la Tamise annonce la fin des opérations de perquisition
- La Haute Cour juge les mandats illégaux après accord avec la police
- Le Crown Estate annonce une indemnisation de 302 000 livres pour la résiliation anticipée du bail de Royal Lodge
- Audience à huis clos sur la conservation des documents saisis
Position de la police et points en suspens
La police de la vallée de la Tamise a accepté la position de la cour lors de l'audience. Son porte-parole a déclaré :
Nous acceptons la position selon laquelle la décision initiale de la cour de délivrer des mandats en vertu de la législation spécifique utilisée était incorrecte et qu'ils doivent donc être légalement annulés.
Le juge a expliqué que les mandats n'auraient pas dû être utilisés pour saisir des documents couverts par le secret professionnel ou par des « documents de procédure spéciale », des documents obtenus confidentiellement dans le cadre d'une mission publique. La police de la vallée de la Tamise a admis qu'une partie des documents saisis dépassait ce seuil. La police a demandé à conserver les documents en vertu d'une autre disposition, et Andrew s'oppose à cette demande. Une audience se tiendra à huis clos en 2027. Hilliard a déclaré :
Le fait que les mandats de perquisition aient été annulés ne met pas fin à une enquête, ni ne signifie que l'ensemble de l'enquête était illégal.
Il a également indiqué qu'il y aurait peu d'intérêt à restituer les documents s'ils pouvaient être légalement saisis à nouveau en vertu d'une autre disposition. Le communiqué de la police indique que son enquête sur des soupçons de mauvaise conduite dans l'exercice de fonctions publiques par un homme d'une soixantaine d'années du Norfolk se poursuit.
Le bail de Royal Lodge
Le Crown Estate a annoncé vendredi 9 octobre qu'Andrew avait mis fin au bail de Royal Lodge plus de 50 ans avant la date prévue, ce qui lui donne droit à « 302 000 livres » d'indemnisation (environ 356 000 euros selon Publico). En vertu du bail, il avait payé 1,8 million de livres (environ 2,1 millions d'euros) pour des réparations nécessaires, et l'indemnisation a réduit cette dépense à 1,5 million de livres (environ 1,8 million d'euros). Il avait déjà dépensé 7,5 millions de livres pour rénover la propriété de 30 pièces lorsqu'il s'y est installé il y a plus de 20 ans. Un porte-parole a déclaré que l'attention portait désormais sur l'usage futur de la propriété et sur la génération de valeur financière supplémentaire pour la nation grâce à son retour anticipé.
- Indemnisation versée à Andrew
- 302000 GBP
- Paiement des réparations avant indemnisation
- 1800000 GBP
- Paiement des réparations après indemnisation
- 1500000 GBP
- Dépensé pour la rénovation de Royal Lodge
- 7500000 GBP
Réactions et finances royales
Un ami de l'ancien duc a déclaré au Telegraph qu'il était « ravi » qu'il ait « enfin décidé de défendre sa position », ajoutant qu'il était sous le feu des critiques depuis 15 longues années sans jamais avoir été inculpé. Une source de Buckingham Palace a indiqué cette semaine que l'ex-prince avait été informé que l'argent de fonds privés accordés par le roi ne devait pas servir à financer la contestation judiciaire contre la police de la vallée de la Tamise. La décision ne signifie pas que l'enquête pénale le concernant est terminée, et la question de savoir qui finance la bataille juridique est devenue partie intégrante de l'examen plus large des finances de la famille royale.
