En bref
Messina défend l'accord bancaire triennal
Carlo Messina, directeur général d'Intesa Sanpaolo, s'est exprimé au XXIV Forum internazionale dell'Agricoltura e dell'alimentazione organisé par Coldiretti à Rome le 20 octobre 2026. Il a indiqué que les banques avaient accepté l'an dernier une contribution de trois ans au gouvernement et qu'il y avait cru. M. Messina a raconté que Giorgia Meloni l'avait appelé pour conclure l'accord, et que les banques avaient d'abord proposé une contribution d'un an. Il a soutenu que le gouvernement avait demandé trois ans pour apporter de la stabilité aux finances publiques et aux banques, qui ne devraient pas, selon lui, faire face à une campagne annuelle dans la presse.
« Nous avions proposé de le faire sur une base annuelle, mais ils nous ont demandé de le faire sur trois ans pour donner de la stabilité au budget public et aux banques. »
Ce que prévoyait l'accord de 2025
Selon ANSA, l'accord prévoyait des mesures représentant environ 10,5 milliards d'euros de contributions supplémentaires du secteur pour la période 2026-2029. Elles comprenaient un report des actifs d'impôt différé, une réduction de la déductibilité des pertes antérieures, des aides ACE excédentaires et des charges d'intérêts. Les banques pouvaient aussi libérer à taux réduit une réserve constituée en 2023, une option que presque toutes ont retenue, rapportant environ 1,8 milliard d'euros à l'État. Il Messaggero avance un chiffre de 10,7 milliards d'euros pour le même accord, les deux décomptes différant légèrement.
Le gouvernement a par ailleurs relevé de deux points de pourcentage l'IRAP, la taxe régionale, pour 2026, 2027 et 2028. Selon ANSA, le taux applicable aux banques est passé de 4,65 % à 6,65 %, et celui des assureurs a atteint 7,9 %. L'association bancaire ABI a précisé qu'avec les majorations régionales, le taux global pour les banques s'établit à environ 7,40 %.
- Avant la hausse
- 4.65 %
- Après la hausse (2026 à 2028)
- 6.65 %
Données tirées du texte de l’article
Bénéfices, impôts et la nouvelle demande budgétaire
M. Messina a déclaré que sur 50 milliards d'euros de bénéfices bancaires, l'État percevra 25 milliards d'euros d'impôts. Il a souligné que 25 milliards d'euros de dépenses publiques seront financées cette année par les banques, et demandé que le débat sur les bénéfices mentionne aussi ce chiffre.
- Bénéfices bancaires cités
- 50 milliards d'euros
- Impôts que l'État percevra
- 25 milliards d'euros
Données tirées du texte de l’article
Il Messaggero rapporte que le Documento programmatico di bilancio, approuvé par le Conseil des ministres dans les jours précédant le 20 octobre, dessine un budget de 23,5 milliards d'euros. Environ 14,4 milliards d'euros proviendraient de la flexibilité européenne pour la défense et l'énergie, et environ 9 milliards d'autres recettes. Sur ce total, 5 milliards d'euros viendraient de mesures visant le secteur financier, définies en termes généraux, et la forme de cette contribution n'a pas encore été précisée. Les techniciens du Trésor attendent la réponse de Bruxelles, et le vice-président du Conseil, Tajani, a demandé que le secteur financier contribue au sens large.
Constitutionnalité et autres secteurs
M. Messina a averti que taxer uniquement les banques pourrait soulever une question de constitutionnalité, aucun secteur ni aucune catégorie ne devant être ciblé en particulier. Il a suggéré que les entreprises dont les bénéfices dépassent 500 millions d'euros soient évaluées dans le cadre d'un débat transparent. D'autres entreprises, a-t-il dit, affichent des taux de croissance de 70 % à 200 %, tandis que les banques sont à 5 ou 10 % cette année.
M. Messina est aussi revenu sur le rôle d'Intesa dans le rachat de Monte dei Paschi, qu'il a présenté comme une protection de l'épargne nationale. Il a affirmé que la participation de 13,5 % d'Intesa dans Generali, détenue via Mediobanca, garantirait l'indépendance de l'assureur, aucun acheteur ne pouvant en prendre le contrôle tant qu'Intesa détient cette part.
Dette publique et la suite
M. Messina a indiqué que la Banque centrale européenne finance 500 milliards d'euros de dette publique italienne, les banques 400 milliards et les assureurs 300 milliards supplémentaires. Il a ajouté que l'approche prudente du gouvernement sur le budget était la bonne compte tenu du risque de contagion lié à la dette des États-Unis et de la France.
« Les banques et les assureurs sont les principaux soutiens de la dette publique du pays. »
M. Messina a déclaré que les banques continueraient de soutenir le gouvernement mais attendaient un respect mutuel, et qu'elles ne pouvaient accepter la responsabilité de mesures prises de façon non transparente, en rupture avec les accords antérieurs. La loi de finances est encore en cours de rédaction, et la forme finale de la contribution du secteur financier reste ouverte.